Le terme de terrorisme que faute de mieux, l’on utilise à tout va, ne permet pas de définir véritablement ni de comprendre la lutte radicale engagée par les combattants d’Allah au sein même du monde musulman et contre l’occident. Cette lutte ou plus exactement ces deux combats, externes et internes à l’islam, leurs méthodes et leurs buts sont absolument neufs.
La méthode ? Là est l’innovation totale , aux conséquences incalculables. Les mouvements dits terroristes ont créé une arme nouvelle, le combattant martyr, formé, produit pourrait-on dire, en série. À la différence de l’anarchiste russe du dix-neuvième siècle , un individu prêt à mourir pour sa cause , de quelques rares tamouls qui se jettent sur une cible désignée et des kamikaze japonais , contraints par leurs officiers à s’écraser sur des navires américains , les nouveaux combattants islamistes sont innombrables, volontaires ,mus par leur foi et s’attaquent par priorité à des victimes innocentes et indiscriminées : volontaire ou manipulée ( mais ceci est un jugement extérieur et laïc ) , en nombre illimité, du Maroc à Java , cette armée invisible de combattants- martyrs rompt avec toutes les stratégies militaires antérieures à la manière dont l’arme nucléaire en 1945 , bouscula tous les calculs d’état-major anciens.Aucune arme classique, aucune armée traditionnelle ne semblent en mesure de vaincre sur le terrain , ce terrorisme nouveau.
Les buts du terrorisme ? Là , le vocabulaire est trompeur. Ce qui en Occident est perçu comme terroriste, violence gratuite et absence d’objectif , du point de vue de bien des musulmans (pour nous concentrer ici sur le terrorisme islamique, laissant de côté arbitrairement, la Colombie ou le Sri Lanka), c’est un combat de libération. Un combat que les foules , arabes en particulier (à ne pas confondre avec les musulmans car seulement 20% des musulmans sont arabes) soutiennent ; eh oui , c’est embarrassant mais c’est un fait. Voyez la popularité de Ben Laden chez les jeunes et de Nasrallah maintenant , le leader du Hezbollah.!
Rappelons donc que pendant la deuxième guerre mondiale, dans toute l’Europe, les résistants au nazisme furent qualifiés de terroristes par le gouvernement allemand ; et que les combattants Tchétchènes sont appelés terroristes par le gouvernement de Moscou. Du point de vue des terroristes islamistes, leur combat est aussi une guerre de libération contre une occupation . Bush les traite de fasciste mais ces islamistes estiment que le fasciste c’est Bush.
En vrai , qui occupe qui et de quelle occupation s’agit-il ? En Tchétchénie, on voit bien. Et Israël ? L’Etat d’Israël est perçu par la plupart des Arabes comme une colonie d’occupation : peu leur importe que cet Etat soit reconnu par l’ONU et par la plupart des gouvernements arabes et musulmans.De toute manière, l’ONU et ces gouvernements sont aussi dénoncés par les combattants terroristes comme des occupants, réels ou symboliques, toujours illégitimes puisque non-islamiques. De même l’Irak et l’Afghanistan sont perçus comme occupés par les armées occidentales bien que ces armées aient libéré ces deux pays de leurs despotes. Mais l’Algérie et l’Egypte sont aussi occupés dés l’instant où leurs gouvernements sont laïcs et collaborent avec l’occident . Pareil pour l’Indonésie, le Pakistan, les Etats du Golfe, l’Arabie saoudite. L’Inde , récemment attaquée ? Les quelque cent vingt millions de musulmans qui y vivent sont décrétés prisonniers par les mouvements islamistes locaux parce que l’Etat indien est laïc et non musulman.
Bref, où que l’on regarde, il n’existe pas dans le regard des islamistes radicaux un seul Etat légitime ; à l’exception peut-être du Soudan qui se réclame de la charia et qui combat les infidèles sur son territoire. L’Iran ? À majorité chiite, il n’est pas légitime pour les Sunnites qui considèrent le chiisme comme une hérésie.
Au total , le seul Etat tolérable pour les islamistes , serait celui qu’ils dirigeraient comme l’Afghanistan au temps des talibans ; mais cela même serait provisoire puisque le but ultime des islamistes est le dépassement de tout Etat pour constituer une communauté sans frontières des croyants , la Umma , dirigé par un calife , successeur de Mahomet.Les guerres et attentats en Palestine , au Liban , à Bali, à Londres , à New York, à Madrid ne sont que des étapes vers le projet final de califat universel.
Si les Etats occidentaux sont coupables dans le regard islamiste , c’est tout de même à un moindre degré que les Etats musulmans ; leur culpabilité est moins fondamentale . Il leur est seulement reproché d’oppresser les minorités musulmanes ( interdiction du foulard dans les écoles françaises par exemple )et de s’allier avec des gouvernements impies dans les mondes musulmans ; l’alliance avec les Saoudiens est particulièrement abominable parce qu’elle empêche les islamistes de reprendre le contrôle des deux villes saintes. Un Ben Laden n’envisage pas de prendre le pouvoir aux Etats-Unis ; il ne s’attaque aux Etats Unis que dans la mesure où ceux-ci font obstacle à sa volonté de régner sur La Mecque.
La guerre de libération des islamistes est nécessairement mondiale : nul n’est à l’abri puisqu’il se trouve partout des musulmans opprimés et des Etats collaborateurs de cette oppression . Jusqu’en Chine ( les Ouighours ) ou au Brésil ( les immigrés libanais ). Au total, les ennemis des islamistes sont partout et tout le monde est susceptible, y compris par inadvertance, de devenir un ennemi ; voyez le Danemark , pour ses caricatures .
Mais quelle est donc la nature de l’oppression subie par les islamistes ?
Selon ceux-ci, elle n’est pas seulement de nature politique ni économique ; le terrorisme vise à détruire les Etats non-islamiques mais plus encore les civilisations non-islamiques . Des civilisations haïssables parce qu’elles polluent les esprits avec des valeurs impies : au coeur de ce combat est le statut de la femme.
Dans les écrits fondateurs du terrorisme islamique, en particulier chez l’Egyptien Sayd Qtub, dans les années 1950, il est clair que l’émancipation des femmes par les occidentaux et leurs alliés musulmans, est le péché capital du monde moderne : les terroristes meurent pour ré islamiser les femmes , les libérer de l’ asservissement immorale aux valeurs occidentales.
Voici des faits : chacun est libre de les interpréter à sa guise, par la psychologie, l’idéologie et la théologie. Mais pour un combattant islamique , il n’est pas de contradiction entre le combat politique et le combat psychologique : dans le Coran , le terme de Djihad apparaît deux fois , une première comme guerre sainte contre les infidèles , une seconde comme lutte intime contre le Mal en nous-même . Le terroriste peut donc considérer à bon droit , qu’il mène une guerre sainte , celle du territoire à libérer en même temps que celle des valeurs.
Voilà pourquoi les terroristes islamistes attaquent les musulmans autant que les non musulmans, les victimes musulmanes étant au total les plus nombreux. Voyez l’Irak ! Ce paradoxe a une explication théologique : selon certains exégètes du Coran, en particulier Ibn Tamiya au treizième siècle, un musulman qui ne pratique pas un islam véritable devient un renégat et doit donc être exterminé. Mais qui définit l’islam véritable ? En dehors du chiisme qui est organisé sur un mode hiérarchique et clérical, il n’existe pas d’autorité religieuse en islam : tout interprète n’a d’autre légitimité que celle qu’il s’arroge et que des disciples voudront bien lui reconnaître. Le Coran ne dit rien d’autre que ce que les exégètes du moment lui font dire .Les mouvements terroristes sont donc nécessairement émiettés, à l’image de l’islam lui-même ou, à la rigueur fédérés à la manière souple d’Al Qaida. Seul , le Hezbollah ressemble à une armée structurée parce que qu’il est chiite et donc hiérarchisé. C’est en vain que l’occident cherchera à décapiter le terrorisme islamique, puisque comme l’islam, il ne saurait avoir une seule tête.
Ce terrorisme islamique cessera-t-il , comment pourrait-il cesser ?
L’ambition des islamistes étant métaphysique autant que politique, rien ne pourra jamais les satisfaire. Si la Palestine devenait un Etat, il resterait Israël. Si Israël disparaissait, il resterait les Etats-Unis. Si les Etats-Unis se repliaient sur eux-mêmes, il resterait des gouvernements non-islamiques. Si la famille Saoud s’évanouissait, il y aurait encore l’Inde et sa démocratie. Et il resterait toujours des femmes musulmanes non voilées. On doutera donc que des concessions accordées aux islamistes les feraient disparaître ; ce serait ignorer la nature profonde de leur mouvement .De même , c’est une illusion de croire que la solution de conflits locaux mettrait un terme à l’islamisme mondial .
Il reste à vivre avec le terrorisme, le contenir, adapter notre mode de vie à sa menace réelle , constante et de plus en plus universelle ; cette politique de « containment » est le choix majoritaire en Europe, avec l’espoir secret d’échapper au pire et de reporter la violence vers le voisin.
Une autre stratégie serait de réduire les conditions objectives qui ont favorisé la naissance du terrorisme islamique moderne : tel est le choix américain.
À suivre l’analyse, maintenant bien connue, des stratèges américains qui inspirent le gouvernement de George W Bush (mais tout autant Hillary Clinton et John MacCain, les deux candidats probables à la succession) , le terrorisme islamique serait né de la frustration politique et économique du monde arabe. C’est parce que les élites éduquées et semi éduquées de l’Egypte ou de l’Arabie saoudite n’auraient aucun moyen de s’exprimer dans le champs politique ou économique ou culturel , que l’islamisme serait devenu l’alternative séduisante . L’absence de perspective dans la plupart des pays musulmans et le contraste avec la prospérité de l’occident aurait précipité la jeunesse- par ailleurs fort nombreuse- vers des aventures immatérielles, religieuses et romantiques. Toutes ces frustrations auraient été récupérées par des prédicateurs religieux , eux-mêmes en quête d’autorité politique et spirituelle. La solution américaine consiste donc à favoriser la démocratie et le libéralisme dans les mondes musulmans avec l’espoir de canaliser les énergies vers les réalités concrètes, ici-bas plutôt que vers le paradis.
Cette analyse américaine est historiquement fondée ; elle est partagée par des libéraux musulmans du type de ceux qui dirigent aujourd’hui la Turquie, la Malaisie et l’Irak. Mais, trop matérialiste, cette analyse butte tout de même sur des caractéristiques propres au monde arabe : celui-ci, pour beaucoup, vit dans la nostalgie d’un âge d’or passé. L’opinion publique arabe est plutôt en quête d’un nouveau Saladin salvateur (hier c’était Nasser) que d’institutions démocratiques. De plus, l’établissement de la démocratie requiert une homogénéité ethnique et sociale qui se rencontre rarement dans le monde arabe où chacun s’identifie plus volontiers à sa communauté qu’à une nation aux contours artificiels, dessinés dans les années 1920 par des Européens. Ajoutons que la démocratie et le libéralisme sont des processus très lents qui répondent mal aux désirs immédiats des foules adolescentes. Enfin et surtout, n’est-il pas étrange que les Américains, nation très religieuse, sous-estiment à ce point la séduction irrésistible de l’islam sur les Arabes ?Il n’est pas démontré que le mysticisme soit soluble dans la démocratie libérale.
Et cependant, malgré les limites de l’analyse américaine, qui propose autre chose ? Pourrait-on feindre de ne pas voir le terrorisme, croire que l’on y échappera ? Le mouvement islamiste est bel et bien en voie de mondialisation : arabe au départ, il a gagné tous les mondes musulmans et les musulmans de nationalité occidentale. Bush ou pas Bush, hier Sharon ou pas Sharon, les islamistes poursuivront leurs actions parce qu’eux les estiment justes.
Et nous en Europe, devrions-nous continuer à soutenir les tyrannies dans le monde arabe parce que celles-ci prétendent aussi lutter contre le terrorisme ? C’est en gros, la position cynique de la France. Est-ce plus réaliste que le choix américain ? Mais là où l’on soutient les tyrannies , on accroît en même temps , la clientèle future des islamistes. Tel est bien le dilemme dans lequel les islamistes ont choisi de nous enfermer.
À choisir entre ces deux maux, il me semble plus cohérent, plus porteur de solutions à terme de parier sur la démocratie en terre d’Islam ; la difficulté tient à la transition, on le constate en Irak.Des élections libres en Palestine, dans les Etats du Golfe, au Maroc, en Jordanie, permettent aux islamistes de s’approcher du pouvoir , voire de s’en emparer. Est-ce redoutable ? Mais , un parti islamiste n’est pas nécessairement terroriste ; il peut, au contraire, être le mieux équipé pour lutter contre le terrorisme. L’exemple de la Turquie, certes singulier, montre que la fin de la violence passe peut-être par le pouvoir des partis musulmans, les démo-musulmans. Qui est mieux placé qu’un musulman pour comprendre un autre musulman et pour l’empêcher de verser dans le terrorisme ? La fin de la terreur ne viendra pas de l’extérieur de l’islam ; elle ne peut venir que des musulmans eux-mêmes . À nous d’aider les bons .
Guy Sorman, Paris 12 août 2006

















C'est de l'homeopathie politique.Monsieur est le docteur et les musulmans des malades.Pensez un instant que peut etre c'est le toubib qui
est dépassé et le malade est ecoeuré par ca démocratie hypocryte.La Turquie un modele on croit rever ,dites le aux kurdes.
Ca me rapelle l'idiot Giscard au lendemain des attentat du 11 septembre qui croyait défendre les arabes en donnant comme exemple de democratie le Maroc et l'Egypte.On sait ce que ca veut dire pour vous democratie c'est un etat ou les dirigents se laissent guider par des juifs.
Rédigé par : emir | 12 août 2006 à 22:53
Après le communisme au 20eme siècle nous voici avec une nouvelle idéologie politique : l'islamisme.
Seulement, le premier était un concurrent directe des américains. Et ces deux concurrents se sont battus jusqu'a la conquête spatiale. Leur lutte a permis de developper des tas de projets informatiques et finalement les américains ont envoyé des gars sur la Lun pour impressionner leur adversaire.
Les Russes etaient de grands adversaires brillants et intelligents.
Maintenant excusez-moi de manifester mon mépris pour les islamistes mais ce ne sont pour moi que des foules d'adolescents boutonneux, rêveurs, décus du monde occidentale et rancunier... Alors oui c'est facile de profiter de la liberté de cirulation des pays occidentaux, c'est facile de se faire passer pour un citoyen modèle, un bon petit ingenieur, un bon petit étudiant, un bon petit voisin bien poli. Mais enfin, n'importe quel crétin analphabète peut faire cela...
En fait, entre les racailles qui sévissent à l'echelle de la banlieue et les terroristes qui sèment le désordre dans le monde quelle difference y a t-il ? Tout ceci est du meme accabit. C'est comme si les Talibans en Afgahnistan et les jeunes racailles dans nos banlieues étaient possédés par les mêmes démons...
Que peuvent-ils espérer dans leurs actes barbares ? Etre plus riche ? Etre plus forts ? Etre craints par tout le monde ? Exiger des rancons pour qu'ils laissent le monde tranquille un peu à la manière des soldats Ottoman au 19eme sicèle qui rackettaient tous les bateaux qui circulaient sur la mer mediterranée ?
Qui fabriquent les armes qu'ils utilisent ?
Qui fabriquent les telephones portables qu'ils utilisent ?
Qui fabriquent les ordinateurs portables qu'ils utilisent ?
Qui concoit les logiciels, les systèmes d'exploitation, les iPod, les ITunes, les chaines satellites qu'ils utilisent ?
Qui fabriquent les avions long courriers qu'ils utilisent ?
Et ils veulent détruire le monde occidental et les occidentaux...
Non mais franchement, on les a amputé du cerveau ces gens là ? Ils souffrent d'une atrophie cérérabble congenitale ?
Les arabes Islamistes sont nostalgique de l'age d'or des Arabes... Très bien mais savent-ils pourquoi il y a eu un age d'or des Arabes.
Les Arabes etaient au carrefour de plusieurs civilisations exceptionnelles : les Grec, les Romains, les Perses, les Egyptiens, les Indiens, etc.
Ils ont donc été enrichis au contact de ces grandes civilisations et ont servi de messagers transmettant les innovations des uns vers les autres et rapportant les innovations des autres vers les uns....
Mais, cédant à la facilité, ils se sont lancé dans des campagnes de razzias, de pillages, de terrorisme afin de détruire les civilisations a leur alentours pour imposer leur religion et piquer les richesses de leurs voisin. Résultat, des siècles d'opulence, puis une fois qe tout était pillé, tous les artistes tués, tous les penserus décapités, le monde Arabe est rentré dans un sommeil et une médiocrité d'ou il n'est pas sorti depuis.
Alors maintenant qu'on connait la recette, on peut être sur qu'une fois qu'ils auront réussi à detruire le monde occidental et imposé leur pseudo-religion au monde entier alors il n'y aura plus de poétes, plus de chanteurs, plus de création artistiques, plus de création culturelles, plus d'entreprises, plus de recherche et developpement, plus de découverte, plus de telephone portable, plus de centrale nucléaire, plus d'avions, plus d'écran plasma, plus de lecteur DVD, plus de disque dur, plus rien.....
Ils retourneront dans le désert garder des chameaux et des chèvres...
Rédigé par : Quimboiseur | 13 août 2006 à 00:19
A titre indicatif, à propos du premier paragraphe de M. Sorman, je voudrais rappeler que ce qui définit un terroriste, c'est sa méthode: la terreur. Pratiquer des actes destinés à terroriser une population de façon à ce qu'elle oblige les dirigeants à céder (on peut remarquer que cela ne fonctionne justement que contre une démocratie: c'est une sorte de chantage). On peut (certainement) désapprouver cette méthode, mais le mot en soi ne doit pas avoir de connotation politique (bien que les objectifs soient le plus souvent politiques), sans quoi, et c'est justement ce que l'on voit souvent, chacun accuse son adversaire de terrorisme: les russes les tchétchènes, etc.
Merci à vous M. Sorman pour votre analyse que vous essayez de faire la plus neutre, la plus impartiale et pragmatique possible, sur un sujet tellement passioné où il est si difficile de rester indifférent! Réponse à Amir: l'Occident, inévitablement concerné par le terrorisme, particulièrement lorsqu'il vient jusqu'à son propre territoire, a tout de même le droit d'y refléchir et de le juger; et, puisque ces terroristes se revendiquent de l'Islam, on doit bien se poser la question de l'interaction entre les deux. Et l'on a tout aussi bien le droit de refuser tout débat théologique et de n'aborder la question "que" sur le plan historique, économique et politique. Les états occidentaux ont le devoir de prendre en compte leur intéret national et stratégique dans cette réflexion; il me semble au contraire que le blog de Guy Sorman nous propose une réflexion et un débat complètement affranchi des intérets particuliers de chacun, et ses questions, ses propositions vont dans le sens de l'intéret de tous.
Rédigé par : Ksorp | 13 août 2006 à 00:35
Première arme des terroristes ? La désinformation. Que s'est-il passé à Cana le 30 juillet 2006 ? Pas du tout ce que vous pensez.
Plus d'infos
http://drzz.over-blog.org
Rédigé par : drzz | 13 août 2006 à 02:18
La principale cause de l'islamisme, c'est l'islam.
Guy propose du Coran une lecture typiquement obscurantiste : au prétexte que l'on trouve dans le Coran deux définitions du Jihad, les musulmans auraient le CHOIX. Vaste blague, lisez la Sunnah. Ces deux défnitions (la guerre sainte et la lutte contre ses propopres passions) ne sont nullement exclusives et le Prophète appelle explicitement les fidèles revenant de la guerre sainte à pratiquer AUSSI (pas à la place de) l'autre jihad, celui contre ses propres passions.
Il semble vous avoir échappé, cher Guy, qu'en fin de compte la seule chose que les musulmans du monde entier ont en commun (non, ils ne sont pas tous arabes, merci, on est au courant), ce sont leurs textes sacrés, parole divine ?
La seule solution, c'est la réforme théologique.
Votre très dévoué,
Drieu
Rédigé par : Drieu | 13 août 2006 à 09:10
Drzzz, je pense que vous vous trompez. L'objectif des terroristes est la terreur et cela n'a rien à voir avec la désinformation. Si l'on massacre une population et qu'on est un terroriste, on le clame haut et fort au contraire. Un état aussi peut être terroriste lorsque sciemment il commet des atrocités sur la population dans le but d'inhiber toute révolte, en disant "voici ce qui vous attend comme représailles si vous vous rebellez". Je ne veux pas ici prendre parti sur Cana que vous citez, ce que je veux simplement dire, car c'est le thème du débat ("qui sont les terroristes"), c'est qu'il ne faut pas se servir de ce mot comme d'un synonyme de boucher, d'oppresseur, etc. Lorsque le sens des mots est dévoyé, les idées le deviennent aussi.
Rédigé par : Ksorp | 13 août 2006 à 10:24
Dans "désinformation, j'entendais dénoncer la propagande des médias européens qui font l'apologie des Palestiniens et des Libanais, sans se souvenir qui dirigent ces gens et dans quel système ils vivent.
Rédigé par : drzz | 13 août 2006 à 17:23
Il est tout aussi navrant et frustrant, de constater que les propos de la plupart des occidentaux laissent entrevoir une logique de guerre à un " autre " pour mettre en relief le " moi " occidental !!
Sommes-nous condamnés à rester prisonniers de cette logique de guerre qui ne peut concevoir d’autres rapports avec les autres que moyennant les termes qui font appel à l’hostilité, tels que: péril, choc, conflit, menace etc..
Que signifie cette dichotomie pour le moins néfaste ?
Comment définir l’" Islam " dans l’expression, " L’Europe et l’Islam ", qui renvoie à deux réalités de nature tout à fait différentes, l’une relève de la géographie (l’Europe) l’autre de la religion (l’Islam)?
Depuis les Grecs, la raison occidentale ne pouvait procéder à l’affirmation qu’à travers la négation. Dans cette pensée, l’affirmation passe toujours par la négation et le « moi » européen ne se reconnaît qu’au miroir de l’« autre ». Sartre, l’a bien exprimé : "Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, dit-il, il faut que je passe par l’autre. L’autre est indispensable à mon existence, aussi bien d’ailleurs qu’à la connaissance que j’ai de moi ", ou encore: " j’ai besoin de la médiation d’autrui pour être ce que je suis ".
Au lendemain de la fin de la guerre froide, ou l’autre était personnalisé par tout le bloc de l’Est (la menace rouge), et après l’établissement du nouvel ordre mondial, l’occident se trouvait dans l’obligation de définir un "autre" pour la continuité de l’identification du "moi". Ne cherchant pas trop, il trouva en l’Islam cet " autre " et qui sera dénommé (toujours dans la même logique de couleurs) : la menace verte !!
Il convient de rappeler, que les relations entre civilisations, hier et aujourd’hui, ne sont pas des rapports d’affrontement mais surtout d’interpénétration, comme le souligne le penseur marocain Al-Jabri. Les affrontements et les luttes qui se sont déroulés au sein d’une civilisation, comme celle de l’Europe, sont plus nombreux et plus destructifs que ceux qui ont opposé des pays appartenant à des civilisations différentes. Est –il nécessaire de rappeler que les deux Guerres mondiales qu’a connues l’humanité se sont déroulées au sein de la civilisation occidentale et ce à cause de divergences d’intérêts !! Ceci montre que la théorie de choc de civilisations ne tient pas debout et qu’on devrait peut-être lui trouver un autre nom : conflit d’intérêts
Dans toute religion, il existe des extrémismes. Il est donc impératif de faire la distinction entre la religion, islamique ou autre, et l’utilisation qu’en font certains à des fins politiques. Les systèmes autoritaires qui sévissent encore dans le monde arabo-musulman font cristalliser les haines et engendrent une grande injustice sociale. Ces systèmes, qui ne laissent aucune place aux discours politique, poussent par leur nature même à l’extrémisme, à l’emploi systématique d’un capital symbolique accessible à tout le monde, celui de la religion. Si les mouvements "islamistes "extrémistes s’en prennent à l’Occident c’est parce qu’il voient en lui le protecteur, sinon le promoteur, de ces systèmes, ce qui n’est d’ailleurs pas faut totalement. Les pays occidentaux donnent généralement priorité à leurs intérêts matériels, économiques et stratégiques, sur les valeurs qu’ils prônent. L’islamisme d’aujourd’hui est, du moins dans une certaine mesure, l’une des conséquences d’un ordre international de nature néocolonialiste.
Maintenant, il est tout à fait légitime de se demander est ce que l’Islam comme religion génère l’extrémisme et le fanatisme dans les relations avec les adeptes des autres religions et entre les musulmans eux-mêmes ?
On trouve dans le Coran des versets qui annihilent toute forme d’extrémisme et qui montrent que cette religion qu’est l’Islam est la religion du juste milieu, de la mesure et de la tolérance:
" Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux d’entre vous. Dieu est celui qui sait et qui est instruit de tout".(coran, XLIX, 10-13).
Aussi, Dieu donne au prophète Mohammed les recommandations suivantes pour l’exercice de la prédication :
" Appelle les hommes dans le chemin de ton Seigneur, par la sagesse et une bonne exhortation ; discute avec eux de la meilleure manière. " (coran, XVI, 125).
Nous n’avons pas le temps ici de disserter sur l’Islam ni de voir tous les aspects des extrémismes des autres religions (du livre ou autres), néanmoins, il est intéressant, pour notre débat d’écarter de la zone d’ombre un fait très récent.
Il s’agit de ce que les médias israéliens ont reporté ces derniers jours, sur leurs premières pages, et relatif à la nécessité de la liquidation ou de l’assassinat du leader Nasrallah. Ce qui étonne dans cette affaire c’est essentiellement le caractère " publique " avec lequel les dirigeants israéliens et leur presse parlent de l’acte d’assassiner quelqu’un !! Oui, il est des habitudes de certains pays de penser et de préméditer la liquidation d’un tel ou tel leader, opposant ou autre....mais ca se passe à huis clos ! C’est uniquement en l’état d’Israël que de tels actes d’assassinats de personnes dans un pays ou dans un autre se discutent et se décident publiquement via les médias !!
a-t-on jamais vu pareil cynisme ? a-t-on jamais vu pareil mépris aux Nations unies, au conseil de sécurité , à l’opinion internationale ?
Le comble, est que le conseil des rabbins dans les territoires occupés s’est réuni pour écrire un rapport (d’après la chaîne 7 israélienne) stipulant que la Thora autorise le massacre des enfants, des femmes et des vieillards en période de guerre.
Ils ont aussi demandé aux autorités israéliennes de tuer les civils palestiniens et libanais parce qu’ils sont du côté de l’ennemi.
Encore une fois, on va se demander de quelle Thora s’agit t’il ? est ce que c’est la parole de Dieu lu par Moïse ou bien celle écrite par la suite par différents Rabbins !! Mais ceci est un autre débat.
Si l’extrémisme trouve ses sources dans son milieu socio-économique natif, il n’est pas oiseux de souligner qu’il puise aussi de l’extérieur. Les partis pris occidentaux vis-à-vis des mouvements et partis islamiques élus démocratiquement et qui sont tolérants, modérés, (résistants et non terroristes) prêts à coopérer tels que le Hizbollah, le Hamas et autres, ne va qu’amplifier le mécontentement de ces partis et de leur sympathisants et favorisera par la même occasion l’émergence d’un extrémisme radical tel qu’Al-Qaïda !
Rédigé par : Nabil | 13 août 2006 à 18:18
Un grand merci , très sincère , aux commentateurs de ce blog . Tous ou presque apportent des éléments de réflexion et les développent ; ceci enrichit le débat, un exercice démocratique qui oblige à prendre l'autre en considération. C'est parfois difficile mais c'est l'effort d'écoute qui est instructif. Voici pourquoi , je ne réponds pas en détail à chacun car chacun exprime sa part de vérité.
Ainsi , je ne pense pas que la notion de Réforme en Islam fasse sens ; ou encore , je trouve absurde l'antisionisme obssesionel de certains ; et je supporte mal la haine ou je me défie des analyses définitives . Mais , toutes ces attitudes existent et la vertu de la blogosphére est d'en permettre la libre expression.
Rédigé par : guy Sorman | 13 août 2006 à 19:27
Nabil, à vous lire on dirait que les pays occidentaux fabulent la haine profonde des islamistes à leur égard.
Ah bon?
Dites, Nabil, où avez-vous passé les cinq dernières années? Dans le coma?
Votre thèse ne manque pas de piquant alors qu'on vient d'apprendre que les services de sécurité britanniques ont déjoué un complot islamiste de très grande envergure.
Les meurtres de masse, les attentats, les décapitations filmées, les cohortes de prédicateurs, glabres ou barbus, qui crachent chaque jour leur venin sur les ondes hertziennes et sur internet, tous ces musulmans qui ont applaudi à la destruction des twin towers, les tonitruantes vociférations entendues lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, le recrutement d'apprentis terroristes dans les mosquées, les écoles, les prisons, ce n'est pas assez comme pièces à conviction?
Malheureusement Nabil, une grande partie si pas la plupart des actes de terrorisme sont de nos jours le fait de musulmans qui prétendent les commettre pour se conformer à leur devoir religieux de jihad. Car eux n'ont pas à l'esprit les sourates pacifiques du Coran que vous citez, mais d'autres qui en sont le contraire.
De ce terrorisme hideux sont victimes les occidentaux, les indiens, les juifs,... mais aussi d'autres musulmans.
Et que dites-vous du Hezbollah et du Hamas? Des mouvements et partis modérés, prêts à coopérer (d'abord avec Israël puis avec l'occident je suppose)? Comme c'est coopératif d'appeler à la destruction d'Israël dans sa charte et d'organiser des attentats-suicides destinés à décimer le plus de civils (cf.le Hamas)! Savourons également l'aspect coopératif prononcé d'une opération qui aura vu l'enlèvement de deux militaires israéliens après avoir tué huit des leurs et violé une frontière internationalement reconnue (cf. le Hezb)! Et je vous épargne le reste.
Tiens, dans le style "de-la-coopération-en-veux-tu-en-v'là", voici ce qu'a déclaré Khaled Mash'al, le leader du Hamas, lors de l'affaires des caricatures (traduction anglaise)*:
""Hurry up and apologize to our nation, because if you do not, you will regret it ...This is because our nation is progressing and is victorious. . . .By Allah,
you will be defeated. . . . Tomorrow, our nation will sit on the throne of the world. This is not a figment of the imagination but a fact. Tomorrow we will lead the world, Allah willing. Apologize today, before remorse will do you no good."
Un émule du Dalaï-Lama, si si.
Et vous parliez de l'impérialisme occidental?
Do you take us pour des cons Nabil? Non parce que, if you do, il faut le dire hein!
* cité par Efraim KARSH, "Islam's imperial dreams", 4 avril 2006, www.opinionjournal.com et www.commentarymagazine.com
Rédigé par : Ostrogods | 13 août 2006 à 21:46
Tuer des civils innocents de manière délibérée et sans discernemment, terroriser des populations entière, voilà ce qu'est le terrorisme. Désolé Monsieur sorman mais cette dfinition ne s'applique pas uniquement au Djihadistes mais aussi aussi à l'armée isrélienne. A quand un article sur le terrorisme d'état et en particulier sur celui de l'état d'Israél et sur les Rabbins justifiant à partir de la Thora le massacre de femmes et d'enfants.
Rédigé par : walou | 13 août 2006 à 22:31
Halte aux grafitis !
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de rabbins justifiant le massacre de femmes et d'enfants ? Un remake des crimes rituels sans doute . Pourriez-vous nous épargner cela et contribuer utilement au débat?
Rédigé par : guy Sorman | 13 août 2006 à 23:29
George W. Bush, avec la finesse qu'on lui connaît, vient de reprendre à son compte, dans une déclaration fracassante, un concept en vogue chez les islamophobes de tous poils : le "fascislamisme". Mais qu'est-ce encore que cette aberration conceptuelle?
L'auteur de ce blog, historien de formation (et de métier à ses heures) a l'habitude de débusquer les parallèles historiques hasardeux, qu'il rencontre avec la même fréquence que la petite vérole dans un lupanar du Bas-Empire. Abhorrer l'islamisme et lutter avec acharnement contre son essor, est un combat légitime et honorable. Mais l'assimiler au fascisme est un anachronisme et une ineptie digne d'un Lilian Thuram (pour comprendre, voir plus bas).
En effet, quel rapport y a-t-il entre une idéologie étatiste, nationaliste, profane, pour ne pas dire athée, raciste et avide de modernité; et une (interprétation d'une) religion aux ambitions universelles, théocratiques et passéistes (fondamentalement réactionnaire)? Le rapport à l'Etat, à la Nation et à l'au-delà distinguent radicalement fascisme et islamisme. Excusez du peu!
Est-ce à dire pour autant qu'ils n'ont aucun point commun? Certes pas. L'histoire, sans se répéter, pétrit la même "pâte humaine" et l'on retrouvera toujours, fût-ce à vingt siècles de distances, des analogies.
Il est par exemple facile de démontrer que le fascisme et l'islamisme ont en commun les mêmes détestations : la liberté individuelle, la démocratie, le respect de la vie humaine. En cela, islamisme et fascisme sont des avatars d'un concept plus large : le totalitarisme. Ils ne sont pas frères jumeaux. Ils sont cousins germains. Et dans la famille, on trouve un autre rejeton, fameux : le communisme.
Et s'il faut absolument brosser le tableau de cette lignée, il faut bien reconnaître qu'à tout prendre le communisme partage avec l'islamisme d'autres points communs : la prétention à l'universalisme, un pseudo-égalitarisme, la haine des valeurs de l'occident bourgeois et libéral (c'est aussi le cas du fascisme), le rejet de la société consumériste et matérialiste.
Et si nous devions faire un parallèle moins hasardeux que les précédents, nous rapprocherions le terrorisme islamiste du terrorisme d'extrême gauche, type Bande à Baader, Fraction Armée Rouge, Action Directe etc. On retrouve dans ces mouvements la même dérive fanatique, le même aveugement idéologique, le même culte morbide de la violence, la même haine primaire de l'univers démocratique et libéral, la même haine de soi, souvent, et la même croyance dérisoire en une hypothétique rédemption destinée à justifier une existence jugée ratée.
S'il fallait absolument faire une assimilation avec un phénomène passé (mais est-ce si nécessaire?), c'est celle-ci qui me semble la moins aléatoire.
Il y aurait d'ailleurs d'autres points communs à souligner, comme par exemple le recrutement des "combattants". Chacun le sait, les terroristes du 11 septembre n'étaient pas des crève-la-faim ou des exclus. Ils étaient pour la plupart diplômés de l'université, avaient un métier et une vie sociale. De la même façon, l'immense majorité des terroristes d'extrême gauche dans les années soixante dix, n'étaient pas issus du prolétariat ou de milieux pauvres. C'étaient pour la plupart des fils de bonne famille ayant des comptes à régler avec papa ou grand papa, que ceux-ci aient été collabos, nazis, résistants (voir en particulier Pierre Goldman, "Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France"), ou simples bons pères de familles.
Mais trêve de comparaisons! A quoi bon vouloir rapprocher à tout prix des phénomènes, des époques, des idées, des hommes ayant chacun leurs particularités. Le monde d'aujourd'hui est suffisamment complexe et difficile à décrypter, pour ne pas perdre notre temps et obscurcir notre réflexion par des amalgames douteux. Laissons ces arguties à des penseurs de la trempe de G. W. Bush ou Lilian Thuram (certains vont encore dire que je m'acharne sur ce pauvre bleu! Je m'en fous, j'espère seulement que Thierry Henry ne lira pas ces pages et ne saura pas que je dis du mal de son pote...)
N. B. Pour la suite, je me permets de renvoyer à mon blog : http://legauchisterepenti.oldiblog.com
Rédigé par : le gauchiste repenti | 14 août 2006 à 09:54
Identifier l'islamisme et le fascisme interdit effectivement de penser le sujet , ou remplace la pensée sur le sujet.Il est vrai que l'injure et l'idéologie en conserve sont populaires, précisèment parce qu'elles simulent la réflexion. Cette tentation n'accroche pas que les politiciens et les sportifs : bien des "intellectuels "en absuent
Rédigé par : guy Sorman | 14 août 2006 à 10:48
@gauchiste repenti:
Tant qu'à dénoncer les amalgames douteux, n'oublions pas que "fasciste" occupe une place de choix dans le vocabulaire guerrier des gauchistes. Pourquoi s'engager dans un débat loyal avec son contradicteur quand on peut lui jeter l'opprobre à bon compte?
Rédigé par : Ostrogods | 14 août 2006 à 11:19
Guy Sorman a dit
"Ainsi , je ne pense pas que la notion de Réforme en Islam fasse sens "
Je ne comprends pas bien cette réflexion. Je pense au contraire que la réforme, ce que les néocons appellent "la bataille pour le coeur de l'Islam", est absoluement nécessaire. Si l'Islam ne change pas, si on ne pense même pas que cette idéologie peut changer, il ne reste qu'à la combattre puisqu'elle nie les libertés fondamentales que nous avons bâties douloureusement. Beaucoup de gens peu subtiles pensent effectivement chasser les Sarrasins hors de France, et prennent l'Islam en tant qu'idéologie immuable - comme leurs semblables islamistes d'ailleurs. Si M. Sorman pense les réformes impossibles en Islam, comment pense-t-il à un futur entre 1.5 milliards de musulmans et le reste de l'humanité ?
Quand à gauchorepenti, je suis d'accord en partie avec votre raisonnement. Je ne pense pas que Bush soit subtile, mais je ne lui demande pas de l'être. J'ai, en Europe, des centaines d'exemples de gens se croyant subitles qui noient sous les mots la moindre tentative d'action, et qui se retrouvent à disserter quand la situation exigerait des décisions. L'"Islamo-fascisme", comme l'appelle l'administration Bush, est une façon de rappeller au monde l'horreur d'une idéologie, et la mettre en garde contre la montée d'une autre idéologie toute aussi meurtrière. L'Europe est amnésique, à peine a-t-elle fait une erreur qu'elle la reproduit. Elle ne prend jamais de leçons ! Le nazisme détruit, la France a fait les beaux yeux au communisme, malgré le danger. Le communisme à peine terrassé, voilà la France qui fait la belle devant l'Islam radical.
L'affaire des carricature aurait réveillé n'importe quelle démocratie saine. Pas en France. Ni en Europe en général. Le fait que des centaines de milliers de personnes aient pu vouer les Occidentaux à la mort pour avoir publié un dessin sur une religion devrait interpeller nos dirigeants, et les placer face au nouveau défi.
Bush parle d'Islamo-fascisme parce qu'il sait ce que ce terme peut susciter chez ces concitoyens. Et je pense qu'il a raison. Les gens qui se moquent de tels discours devraient regarder en Europe, où les appels à la prositution collective envers les dictatures arabes ne font pas dans la subtilité non plus. A ceci près que les discours de Bush placent son pays du côté des valeurs occidentales, tandis que les discours des Européens les placent du côté d'une idéologie moyen-âgeuses.
Subtilité en Europe ? Futilité. Subtilité chez Bush ? Fermeté. "Croisade contre le Mal" de Roosevelt, "Empire du Mal" de Reagan, "Axe du Mal" de Bush, c'est à ces termes que vous devez votre liberté. C'est grâce à ces concepts que vous pouvez, aujourd'hui, écrire librement sur ce blog.
Pensez-y.
Drzz
http://drzz.over-blog.org
Rédigé par : drzz | 15 août 2006 à 17:02
Les islamistes veulent prendre la place laissée vide par la disparition de l'Empire soviétique. Un indice : du temps de l'Armée Rouge 40% de ses soldats étaient musulmans. La guerre en Afghanistan a été le coup mortel porté à cet empire soviétique.
Rédigé par : Ducon | 25 août 2006 à 12:34
M. Sorman,
merci (encore) pour votre utile billet distinguant islamisme et fascisme.
Je trouve celui-ci intéressant également. Je n'y ai cependant pas vu - peut-être ai-je mal lu - une identification de la cause de la situation actuelle (terrorisme islamiste kamikaze fondé sur une large popularité parmi les musulmans - je viens d'ailleurs d'acheter un CD-vidéo 'best of Bin Laden', il faut que je le regarde pour vous en dire plus).
Si la cause est seulement dans la religion elle-même, comment avons-nous pu y échapper pendant plus de 13 siècles ? y compris de nombreuses périodes d'affrontements, pendant la colonisation occidentale des pays musulmans, etc. ?
Il me semble comprendre de votre billet que la nouveauté qui suscite cette réaction violente de certains musulmans et l'adhésion de beaucoup à leur combat, que cette nouveauté ce sont les droits de la femme en Occident : "les terroristes meurent pour ré-islamiser les femmes".
Cette idée me semble intéressante mais bien audacieuse, personnellement je ne la qualifierais pas de "fait".
Vous faites référence à des écrits des années 50, effectivement contemporains de la libération de la femme, mais non des kamikazes : pourquoi avoir attendu 50 ans pour se suicider ? Ce décalage dans le temps me fait douter du caractère "causal" des droits de la femme pour expliquer le terrorisme kamikaze.
D'après une émission entendue il y a quelques mois (sur RFI je crois), l'islamisme terroriste actuel a ses racines, en tant que mouvement collectif, dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, à la fin des années 80 (si je me souviens bien) - tout en recourant bien entendu à des sources intellectuelles plus anciennes. Si cette étiologie est la bonne, il faudrait penser que la motivation des terroristes est liée à la frustration d'être au ban de l'humanité dans des camps de réfugiés depuis leur naissance, dans des territoires occupés par une armée étrangère depuis leur naissance, sans avenir autre que de renoncer à leur terre.
Il me semble ici que votre billet assimile (à tort ?) la lutte pour la liberté personnelle et contre un occupant (Israël en l'occurrence) avec la remise en question du droit de celui-ci à exister en tant qu'Etat. Le fait que certaines personnes associent les deux, ne signifie pas que toutes le fassent, ni même la majorité, ni même la majorité des terroristes. L'enquête du Monde auprès des familles des 10 premiers kamikazes palestiniens, il y a quelques années, montrait bien, je crois, que la profondeur de leur motivation, leur certitude de n'avoir pas d'autre façon possible d'être utiles dans la vie, s'enracinaient dans une expérience personnelle, non dans une conception intégriste anti-féministe, ni dans une théorie géopolitique anti-Israël.
Ces objections faites, je trouve votre billet d'autant plus intéressant et instructif, qu'il dépasse la déploration ou le constat et est orienté vers la recherche de solutions durables.
Rédigé par : FrédéricLN | 14 septembre 2006 à 10:50
Il y a une différence entre la civilisation chinoise et islamique.
La civilisation chinoise prône le syncrétisme( Taoïsme, Confucianisme et Bouddhisme), l' impermanence( zen),le changement perpétuel( tao) et porte aux nues l' esprit de contradiction :
Tout le monde tient le beau pour le beau,
c'est en cela que réside sa laideur.
Tout le monde tient le bien pour le bien,
c'est en cela que réside son mal.
Car l'être et le néant s'engendrent.
Le facile et le difficile se parfont.
Le long et le court se forment l'un par l'autre.
Le haut et le bas se touchent.
La voix et le son s'harmonisent.
L'avant et l'après se suivent.( Tao Te King)
Cela explique que les Chinois ont une forte capacité pour assimiler des principes nouveaux et étrangers.
L' Islam repose elle sur des principes éternels, intangibles, permanents. Ces principes ont fait la grandeur de la pensée islamique et ont fait de l' Islam le phare du monde pendant plusieurs siècles. Le problême aussi c' est que Mahomet était aussi un politicien et un guerrier .L' Islam prône le djihad, la Charia, Hadith qui règlent la vie politique, les coutumes, les Interdits alimentaires,la prière obligatoire, le Zakat (taxe purificatrice),le jeûne. Le problême, c' est que le système politique pronée par l' Islam est archaïque. Et le monde islamique n' a pas connu de philosophes critiquant la religion comme Marx, Nietzsche et Freud. Jesus était le Messie et n' imposa que très peu de règles. Il est vrai aussi que certains vérités dans la bible sont fausses : http://www.bible.chez-alice.fr/ , mais la Bible n' est pas allée jusqu' à prôner un systême politique.
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. L' Islam a aussi de bons côtés. Considérations plus terre à terre. Sans l' Islam , le Moyen Orient serait chrétien ou juif. Le jihad mineur correspond à la guerre défensive. La Chine et le Japon ne menacent pas le monde islamique . Les pays Islamiques subissent l' impérialisme occidental. L' Islam constitue un rempart pour l' Asie face à l' Occident surpuissant. Michel Dakar prophétise l' extermination des musulmans. Les Chinois doivent expliquer que l' Occident veut la destruction du monde islamique.Si le Moyen Orient était chrétien ou juive, tout le pétrole et le gaz seraient dirigés vers l' Occident par préférence religieuse, du coup pas de pétrole pour l' Inde et la Chine. Il est légitime pour l' Arabie et l' Iran de se doter de l' arme nucléaire contre l' Occident. Avec l' arme nucléaire , les pays islamiques pourraient créer un embargo contre l' Occident et porter leur préférence pour l' Extrême Orient qui ne constitue pas une menace pour le monde islamique.Cela précipiterait le déclin de l' Occident sur le plan économique et porterait un coup à leur suprématie mondiale. Allah akbar.
Rédigé par : Kim Jong Ilien | 10 juin 2007 à 04:55