Le bonheur selon Milton Friedman
Economiste déterminant du vingtième siècle , Milton Friedman ne fut pas que cela.Il était aussi l’intellectuel public emblématique de l’Amérique conservatrice, dans un nation où- croit-on à tort en Europe- les intellectuels n’auraient aucune influence : celle de Milton Friedman aura été et elle reste décisive aux Etats-Unis et ailleurs , jusqu’en Russie ou en Chine.
Chroniqueur inlassable, à 94 ans , il publiait son ultime essai dans le Wall street journal. Orateur superbe, polémiste vif-argent , avocat itinérant du libéralisme en tout ( y compris la dépénalisation de la drogue et la liberté de migrer), à l’image du philosophe et économiste Friedrich von Hayek dont il fut le disciple , Friedman estimait qu’il fallait défendre haut et fort le libéralisme . Le défendre et l’illustrer partout , parce que le libéralisme pouvait sortir tous les peuples de la misère de masse et de l’oppression politique . Il ajoutait que le devoir de se faire entendre était d’autant plus impérieux que les porte -parole libéraux étaient peu nombreux et trop peu actifs.
Insistons sur cet apport politique de Milton Friedman pour ne pas le réduire à la théorie dite monétariste à laquelle il était identifié et qui lui valut le Prix Nobel d’économie.
Dans les années 1960, à l’encontre de la théorie keynésienne qui jusque-là dominait la pensée et l’action économiques , aux Etats-Unis comme en Europe, Friedman démontra comment l’inflation détruit la croissance et l’emploi . La crise mondiale de 1973 et ses suites lui donnant expérimentalement raison, tous les gouvernements , la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, les Etats-Unis de Ronald Reagan , l’Allemagne de Helmut Kohl, mais aussi la France à partir de 1983 , puis le Japon , l’Inde , la Chine , l’Amérique latine se convertissent au monétarisme selon Friedmann. Les Etats cessent alors de créer de la monnaie en excès , les banques centrales deviennent toutes Friedmanienes et le sont restés , jusque et y compris la Banque européenne de Francfort : leur objet unique et la monnaie stable de manière à ce que l’investissement productif , dans le long terme, devienne plus attractif que la spéculation.
La théorie de Friedman en vrai, n’était pas aussi mathématiquement exacte que ce qu’il croyait avoir démontré ainsi que l’ont illustré des travaux d’économie plus récents : la relation entre la quantité de monnaie , l’inflation et la croissance s’avèrent plus complexes que l’équation Friedmanienne mais son intuition fondamentale était juste , elle n’est plus démentie.
Mais l’excès de monnaie selon Friedman n’était que le symptôme le plus troublant d’un dérèglement plus profond des Etats modernes , l’invasion pathologique de ces Etats dans nos vies privées et collectives. Selon Friedman comme chez Hayek,les individus laissés à eux-mêmes seraient parfaitement capables de créer une société juste et prospère , un ordre spontané plutôt qu’un ordre décrété ; il suffirait que l’Etat s’en tienne au rôle minimum mais strict, de gardien de l’état de droit . Malheureusement , sous le couvert idéologique des meilleures intentions , les Etats modernes pour notre prétendu bien , par interventions et subventions , fabriquent des individus irrationnels et dépendants : la richesse devient tributaire de la relation au pouvoir politique et non plus du mérite personnel. L’Ètat envahissant n’est pas seulement inefficace , il est immoral parce que lui dit le bien et le mal , portant atteinte à notre libre arbitre.
Pour faire reculer cet Etat- Léviathan , tout en préservant la dignité du citoyen, Milton Friedman préconisait des solutions fort concrètes : il était un penseur pratique .
Citons ici de ces innovations qui lui reviennent et que s’approprient bien des hommes politiques . La première est le chèque- éducation , une somme allouée par l’Etat à chaque famille qui deviendrait ainsi libre du choix de son école, les écoles entrant alors en compétition pour attirer le plus grand nombre d’élèves. Il invente aussi le Revenu minimum universel ( ou impôt négatif ) , une somme équivalente allouée à chacun par l’Etat , chacun devenant alors libre d’en disposer à sa guise pour investir, se loger ou jouer au casino : ce revenu devrait se substituer à toutes les allocations existantes de manière à supprimer les bureaucraties qui les gèrent et les dépendances qu’elles suscitent. Et c’est en vain que Friedmann essaiera d’introduire dans la Constitution américaine un amendement qui aurait interdit les déficits budgétaires .
Par ces techniques concrètes , Friedman estimait possible de restaurer les sociétés libres et la liberté du choix.
Cette notion de liberté du choix était le socle de sa philosophie ; elle était aussi sa définition du bonheur . Comme on ne sait pas ce qu’est le bonheur ressenti, disait-il, il proposait une définition du bonheur objectif comme liberté du choix. Dans les sociétés pauvres et totalitaires , cette liberté est quasi nulle ; avec les Etats interventionnistes , elle est restreinte . Si un Etat veut contribuer au bonheur objectif des citoyens , il lui appartiendrait donc d’élargir la liberté du choix ; or il est historiquement constaté que les économies de marché élargissent les choix de mode de vie , carrière, éducation , consommation, etc… ( Lui-même adorait comparer le rapport qualité prix des pizzas livrés à son domicile ) ...Le capitalisme selon Friedmann est donc moral parce qu’il crée de la liberté du choix .
Comme bien des penseurs libéraux , Milton Friedman parvenait mal à intégrer les passions collectives , nationales , religieuses , idéologiques dans son interprétation rationaliste et individualiste des sociétés humaines . À la fin de sa vie , voyageant moins , face à la baie de San Francisco où il habitait avec Rose ( co-auteur de La liberté du choix ) , il estimait que la Californie était le paradis sur terre et il se demandait pourquoi tout le monde ne souhaitait pas devenir californien ?
La France lui était une énigme singulière : la plus socialiste selon lui des nations occidentales, la plus fermée à ses théories , la France « marchait tout de même » ! Il attribuait cette relative et paradoxale réussite à l’ingéniosité des Français pour contourner les règles . Si les Français , disait Friedmann, s’en tenaient à toutes les normes que l’Etat leur impose , il n’ y aurait plus d’économie française.
Guy Sorman





Ajoutons encore à ces préconisations/inventions l'armée de métier et le prélèvement à la source.
Contrairement à ce que vous dites, Milton Friedman n'était pas anarcap, moins encore conservateur, mais libertarien.
Rédigé par: Franck | 19 novembre 2006 at 11:37
On ne doit pas prêter trop à Milton qui n'en demandait pas tant ( il était trés modeste , pas narcissique , toujours dispoé à débattre mais on perdait toujours ) ; l'armée de métier n'est pas une création originale et le prélévement à la source non plus . Etait-il conservateur ? Oui en politique . Libertarien ? Il n'utilisait jamais ce terme ambigu , et intraduisible en français . Anarcho-capitaliste ? Il se disait proche de Murray Rothbard , le seul vrai . Dans la vie , Milton Friedmann disait de lui-même , quand la question ( en soi peu importante ) lui était posée ( par moi, entre autres ) , qu'il était un libéral classique , "classic liberal".
Rédigé par: guy sorman | 19 novembre 2006 at 11:49
J'ai toujours eu de la peine à capter la notion de revenu minimum universel. Cela ne risque-t-il pas d'encourager la paresse ? Pour le reste, cela correspond en gros ce que j'attends d'un état libéral.
D.J
Rédigé par: D.J | 19 novembre 2006 at 12:36
Les théories simplificatrices mènent parfois à une amusante mauvaise foi. J'aime beaucoup le dernier paragraphe...
Rédigé par: Samuel | 19 novembre 2006 at 12:47
A propos de mon dernier post:
Loin de moi la prétention de faire mieux que lui!
J'ai cependant de la peine avec la définition du bonheur comme "liberté de choix". Cette liberté de choix peut être un poids écrasant dont un état providentiel peut soulager ceux qui ne le supportent pas. Et n'allons pas croire que seul les niais en souffrent, pensons quelques instants à Nietzsche et à sa mort dans la folie.
De plus, il est possible de trouver des gens bien plus heureux en France qu'en Californie, doivent-ils se plier pourtant à plus d'exigeances de la part de l'Etat. Sur ce coup là, Friedman ne me semble pas tenir compte de l'hétérogénéité de la nature humaine et de ses aspirations.
Quelqu'un pourrait-il défendre un peu sa position et la développer plus en détail? Ce ne serait pas inutile!
Rédigé par: Samuel | 19 novembre 2006 at 13:01
Merci de ces précisions sur la pensée de Friedmann et pas seulement sur ces théories monétaristes dont je ne savais pas d'ailleurs qu'elles avaient fait tant d'adeptes depuis 1960
Rédigé par: roland Serta | 19 novembre 2006 at 16:33
Pour l'anarcho-capitalisme, vous devez confondre avec son fils, David Friedmann (cf. "Vers une societe sans Etat", de ce dernier).
Rédigé par: Laurent | 19 novembre 2006 at 16:50
C'est certainement plus de la philosophie que de l'économie mais...
Si justement le bonheur se définit pour chacun et non d'une seule façon pour tous les humains, alors la réponse à la question n'est-elle pas en effet : "la liberté de choisir (son bonheur)" ? Je trouve la réponse de M. Friedman très intelligente au contraire. Aux questions sans réponse, la meilleure réponse est celle qui fait le plus avancer les choses.
Rédigé par: Ksorp | 20 novembre 2006 at 00:18
Samuel,
Votre remarque est tres interessante. Elle revient a dire que certains preferent l'esclavagisme (soft) a la liberte, qu'ils sont plus heureux en tant que chiens qu'en tant que loups (pour reprendre la fable de La Fontaine): nourriture et toit fournis par le "maitre" (l'Etat), en echange d'une privation de liberte. Ce theme a ete developpe par La Boetie il y a environ 500 ans (cf. De La Servitude Volontaire, ou il enonce l'idee que l'homme de pouvoir a atteint son but lorsque ses sujets se satisfont de leur condition d'esclave, voire la revendiquent).
In fine, nous avons droit au regime politique que nous meritons; et une societe liberale ne verra le jour qu'a l'instant ou suffisamment de gens aimeront suffisamment la liberte (et seront prets a en assumer la responsabilite) pour vouloir briser leurs chaines.
Rédigé par: Laurent | 20 novembre 2006 at 12:49
Bonjour,
Je ne suis pas du tout d'accord avec cette conception du bonheur. En premier lieu cela donne du grain à moudre aux anti-libéraux car tend à faire d'une idéologie le libéralisme qui n'en est pas une.
Ensuite selon moi le bonheur est moins dans une liberté de choix que dans une liberté d'esprit. Vous pouvez avoir le choix. Si votre esprit n'est pas libre et non soumis, vous resterez contraints. La liberté est moins dans la possibilité du choix que dans un équilibre de réflexion et le recul. Et donc rien à voir avec le libéralisme.
Le bonheur et l'économie sont sur 2 plans conceptuels différents. Les communistes s'égarent en pensant pouvoir rendre heureux le peuple par la collectivisation et l'égalité. Les libéraux idéologues s'égarent en justifiant le libéralisme par un bonheur dans une liberté de choix.
Le libéralisme comme système économique est un prolongement de la démocratie comme système politique : c'est un moins pire des systèmes.
Tout ce que fait le libéralisme c'est alors un macro-bonheur relatif du peuple, mais non par la psychologie, mais par la non souffrance physique : il y a grosso modo 2 façons d'être malheureux : souffrir physiquement, et souffrir psychologiquement. Dans les pays occidentaux, il y a moins de souffrances physiques, grâce aux richesses et à la bonne santé de l’économie, donc un bonheur relatif plus grand. Mais si vous supprimez toute souffrance physique dans les pays pauvre et observez l'état de bonheur des gens, alors vous vous rendez compte qu'ils sont autant sinon plus heureux sans argent et sans confort. Pourquoi ? Mais parce que c'est vieux comme le monde : l'argent ne fait pas le bonheur pardi ... Il n’y contribue même pas, c’est la bonne gestion qui contribue au bonheur, et l’argent n’est là que pour pallier la mauvaise gestion, du point de vue individuel …
Le bonheur individuel n'est pas de l'ordre économique.
Le bonheur collectif est d'ordre économique et il ne consiste pas en une répartition équitable des richesses, mais en une liberté d’entreprendre et de capitaliser, créant les richesses et donc la non souffrance physique, c’est le libéralisme.
Le libéralisme est un système macro et ne peut se décliner en idéologie individuelle. C’est un non-sens.
Enfin je tiens à dire qu’un des défaut du libéralisme face à ses contradicteurs est qu’il est trop simple à comprendre, ce n’est pas un outil d’ « intellectuel », il y a peut à débattre à son sujet, soit vous l’appliquez et vous parlez d’autre chose, soit vous tergiverser et alors vous n’êtes déjà plus dans le libéralisme … C’est pour cela que les intellectuels ne l’aiment pas : il n’y a quasiment pas d’idées derrière, et ceux qui le défendent, soit le dénigrent malgré eux, car ils l’intellectualisent et donc l’ « idéologisent », soit ils prêchent à des convaincus et c’est alors inutile. Seules certaines mesures pragmatiques (la micro-politique de mister Boizard), sont intéressantes et défendent avec intelligence les « valeurs » libérales …
Rédigé par: Nathan | 20 novembre 2006 at 22:30
« Le libéralisme comme système économique est un prolongement de la démocratie comme système politique : c'est un moins pire des systèmes. »
Le libéralisme n’est pas seulement un système économique. Arrêtez de colporter ce genre d’âneries.
Libéralisme et démocratie peuvent avoir des points d’intersection mais ne sont pas dépendants.
Beaucoup de libéraux ont tort de lier les 2 concepts.
«Le libéralisme est un système macro et ne peut se décliner en idéologie individuelle. C’est un non-sens. »
Pas mal celle là.
Quelle théorie définit et défend les droits de propriété individuelle, si ce n’est le libéralisme ?
Bravo Guy Sorman pour votre hommage à Milton Friedman, qui au passage, n’est pas un disciple d’Hayek.
En témoignent les querelles souvent stériles et secondaires entre partisans de l’école autrichienne et ceux de l’école de Chicago.
Voici la conclusion de « Free to Choose » :
”We are again recognizing the dangers of an overgoverned society, coming to understand that good objectives can be perverted by bad means, that reliance on the freedom of people to control their own lives in accordance with their own values is the surest way to achieve the full potential of a great society.
Fortunately, also, we are as a people still free to choose which way we should go- whether to continue along the road we have been following to ever bigger government, or to call a halt and change direction.”
Hélas, le peuple français a choisi depuis longtemps. Cf le score désastreux de Madelin aux dernières présidentielles.
Rédigé par: Mad Max | 21 novembre 2006 at 17:31
Samuel a écrit : "Les théories simplificatrices mènent parfois à une amusante mauvaise foi. J'aime beaucoup le dernier paragraphe..."
Les socialistes ont toujours eu du mal à comprendre l'économie moderne, comme nous le prouve une fois de plus samuel. Si l'Europe les avait moins écoutés, notre continent irait bien mieux.
drzz
http://drzz.over-blog.org
Rédigé par: drzz | 21 novembre 2006 at 19:26
Je ne suis ni libéral ni socialiste, DrZz juste un lecteur objectif!
D'autre part je constate qu'à part me coiffer de l'Insulte Suprême, vous n'avez en rien été capable de répondre à ma question et de défendre un instant la position de Friedmann quant au bonheur et au malheur.
A ce propos, oui Ksorp, c'est de la philosophie; la question touche cependant profondément à l'économie.
L'économie doit servir notre bonheur et non l'inverse. Voilà pourquou la question philosophique de notre bonheur implique directement l'économie, dans la mesure où nous devons la penser afin qu'elle serve le mieux notre intérêt. Milton Friedmann l'a bien compris, qui s'est attaché à le définir, et qui n'as pas voulu renier sa définition face à des contre-exemples flagrants qui la démentissait; puisqu'un bonheur nécessitant d'autres conditions que la liberté de choix et la santé économique, ou pire, un malheur dû à cette liberté de choix l'aurait forcé à devoir repenser l'ensemble de sa théorie économique. Le but de l'humanité doit être son bonheur avant tout, et non celui de son économie; c'est pourquoi les libéraux justifient le libéralisme, économique et politique ainsi que philosophique (même si les philosophes se font rares aujourd'hui), en affirmant qu'il est le seul système suseptible de répondre aux aspirations de l'être humain, et de le rendre heureux.
Encore une fois, je demande à quelqu'un s'il en est capable de me présenter le raisonnement et les arguments de Friedmann qui lui permettent de tirer cette conclusion simplificatrice à mon sens, mais qui, si elle s'avère correcte, justifie absolument le libéralisme et me convaincra totalement de la nécessité d'une société libertaire pour le bonheur humain.
Malgré tout, je commence à désespérer de recevoir ma réponse, - (mais où donc sont passés les grands, les NOMIS d'expérience connaisseurs des réalités du terrain, et qui n'ont pas une ligne à écrire sur la pierre angulaire de leur pensée économique), - et je trouve curieux de voir les zélés convaincus ne pas tenter avec plus d'implication de se rallier un hérétique...
Rédigé par: Samuel | 21 novembre 2006 at 21:37
Samuel,
"L'économie doit servir notre bonheur et non l'inverse."
Ne voyez-vous pas que l'état de l'économie d'un pays est le meilleur indicateur du bonheur d'une société ?
Une société florissante a une économie florissante. Une société déprimée, comme la nôtre, a une économie déprimée. Il faut être Français pour ne pas comprendre cela. Les scandinaves eux, pourtant socialistes entêtés, ont fini par le reconnaître.
A force de se croire au dessus des lois économiques, les Français ont fini par faire ployer leur économie sous le trop-plein des avantages, parasitages, copinages, et autres pantouflages.
Peut-être que l'économie ne fait pas le bonheur, mais elle y contribue grandement, contrairement à cette "grande illusion [française] en vertu de laquelle tout le monde [peut vivre indéfiniment] aux dépens de tout le monde" (Frédéric Bastiat).
Rédigé par: Intervenant1 | 21 novembre 2006 at 23:12
La liberté de choix, c'est tout simplement la garantie que chacun pourra (pourra, pas fera) agir au mieux selon ses intérêts, selon sa définition du bonheur, selon ses objectifs. Voilà tout simplement votre réponse Samuel.
Certes, on peut discuter, j'en conviens, du point selon lequel chacun agissant au mieux de ses propres intérêts mène à la meilleure situation possible pour tous. Mais là, on entre de plein pied dans la théorie libérale, et à défaut de pouvoir citer tous les raisonnements économiques de cette école, je peux seulement constater qu'en matière politique, en tout cas, cela s'est toujours réalisé.
Rédigé par: Ksorp | 21 novembre 2006 at 23:16
Cher Samuel,
Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais à mon avis, rien de tel que d'aller directement à la source.
Je vous recommande cette excellente émission:
http://video.google.com/videoplay?docid=6813529239937418232&q=milton+friedman&hl=en
A partir là, vous devriez pouvoir vous faire votre propre opinion.
Rédigé par: ETF | 21 novembre 2006 at 23:58
"L'économie doit servir notre bonheur et non l'inverse.". Le problème de cette phrase c'est qu'elle ne veut rien dire.
Que l'on soit dans un régime socialiste, libéral, nazi, ou communiste, les règles économiques s'appliquent de la même manière.
L'économie est une science sociale, qui sert à l'analyse.
Si je disais: "L'histoire doit servir notre bonheur et non l'inverse.", ou "La socioligie doit servir notre bonheur et non l'inverse.", tout le monde rirait. Il est temps de faire de même avec la phrase en exergue.
Rédigé par: Walter | 23 novembre 2006 at 00:12
Cher Walter,
Merci pour votre leçon de pédantisme.
Je vous prie d'accepter malgré tout avec indulgence le sens numéro 3 du mot économie selon le Petit Robert 1.
"Activité, vie, régime, système économique; ensemble des faits relatifs à la production et à la consommation des richesses dans une collectivité".
Je vous signale que c'est en vertu de ce sens là que l'on parle d'"Economie en croissance". L'expression vous fait-elle rire aussi?
Rédigé par: Samuel | 23 novembre 2006 at 14:02
Enfin... Si vous avez besoin d'une traduction je veux bien m'y coller.
Lisez:
"L'activité économique doit servir notre bonheur et non l'inverse."
Lisez: "C'est l'activité économique qui doit servir notre bonheur et non notre bonheur qui doit être au service de l'activité économique."
Est-ce assez précis?
Rédigé par: Samuel | 23 novembre 2006 at 14:24
Ah ouais
Depuis quand les règles économiques s'appliquent de la même manière dans les régimes socialistes, communistes et libéraux ?
Quand on sait que les deux premiers ont amenés la pauvreté et la misère et le libéralisme, la prospérité, y a pas besoin de s'appeler Milton Friedmann pour avoir un peu de bon sens économique.
D.J
Rédigé par: D.J | 23 novembre 2006 at 17:33
@ Pour Samuel, en mal de m/réflexions (votre 21/11 21:37) et qq-autres?
1) Je, homme de terrain, supporte de moins en moins ces soi-disant "élites" françhaises dans leurs tours-de-table T.V. Etre un Narcisse n'est pas être devin.
J'apprécie parfois davantage qq intervenants sur blogs, lorsqu'ils n'ont pas à y inscrire trop de lieux communs voire d'âneries gratuites.
2) comme je ne consacre pas mon temps qu'à philosopher à longueur de blogs et de journée - même s'il m'arrive de zapper avec plaisir sur des blogs de qualité, tel celui-ci ... même quand il porterait à désaccord. Je vous recommanderai ce soir la lecture des 2 pages A4 suivantes, écrites par un jeune français:
http://www.atlantis.org/publications/articles/l%92enigme-anti%11americaine/
Elles ont le mérite de faire se poser quelques questions sur l'écart des vues entre Samuel (en CH) et d'autres (aux USA ou ailleurs). D'expliquer ainsi une forme d'incompréhension "fabriquée" par quelques intellectuels gauchis aux USA ou dans la vieille Europe puis colportées/amplifiées par 90% des journalistes pas souvent trop introspectifs (c'est le défaut de commenter largement sur base de "fax" d'agences de presses pas vraiment neutres)!
3) j'avoue n'avoir qu'une connaissance limitée des nombreux écrits de M. Friedmann en matière de macroéconomie. Je ne vais donc pas proposer à Samuel un quelconque cours: il en existe d'excellents en librairie (il est vrai, un peu coûteux).
Donc j'aurai la modestie de ne pas trop me prononcer. Sinon, qu'après avoir lu une 2e fois le texte initial de Guy Sorman + les opinions sur ce blog, j'aurai l'envie de dire en quoi "politiquement libéral" je me sens en ligne ou en opposition avec les vues d'un Mr Friedmann vivant aux USA, en confrontation des réalités qui nous divisent tellement ou devraient nous rapprocher parfois.
A+, comme aiment dire mes fils!
Rédigé par: Nomis | 23 novembre 2006 at 19:02
Les Français, plus gros "blogueurs" d'Europe,
article du journal français La Tribune jeudi 23 nov.
(( Une étude de Forrester Research indique que 3% des Européens, soit 4 millions de personnes, sont des utilisateurs actifs de blogs (journaux personnels sur Internet). La France tient le haut du pavé, avec 1 million de blogueurs à elle seule. L'étude décrit le profil type du blogueur. Celui-ci est jeune, primo-adoptants des nouvelles technologies, utilise massivement Internet, et est "plus ouvert d'esprit que la moyenne", selon le cabinet. Au final, le blogueur passe en moyenne 16 heures actives en ligne, par semaine, contre 5 heures seulement pour l'internaute moyen. Ce sont des "consommateurs tolérants" et sont plus ouverts et plus confiants dans les informations générées par les consommateurs... En revanche, ils peuvent faire et défaire les réputations des produits en un temps record! ))
Mazette, avec les 35 heures, ça laisse du temps libre. Où donc sont classés les 'vieux' et les 'ricains'?
Plus libéraux, ils bossent dur!
Rédigé par: Ah la France | 23 novembre 2006 at 21:46
Retour au blog ...
De G.S.: "...il (Friedmann) proposait une définition du bonheur objectif comme liberté du choix..."
Le bonheur étant effectivement un "état mental, un ressenti" il ne peut se concevoir qu'en tant que "JE" - l'homme social - dans sa relation avec AUTRUI. "JE" suis libre de m'exprimer... "JE" jouis de la considération et/ou de l'attention de l'autre. Aussi fondamentalement, selon le sens théorisé par le Dr Abraham Maslow (Pyramid): "JE" suis à-même de couvrir mes besoins de vie ou, au-delà, de satisfaire mes envies (une notion très vague, subjective, on s'approche de la dimension économique: c-à-d "j'ai les moyens de combler mes envies"). Aux envies s'ajouteront la réalisation de fantasmes divers et le désir du "grand bonheur", mais nous devrions laisser la chose aux seuls naïfs qui fréquentent les cartomanciennes et des voyants en tous genres (la consultation, par ailleurs fort coûteuse dit-on, procure déjà une part du travail mental d'accomplissement: ces naïfs ont été écoutés)! Cas pratiques? ces candidats-martyrs, aux 72 vierges promises dans l'au-delà, béatifiés par des imams de tout poil.
Laissons ici le profil des mystiques ordinaires qui se satisferaient d'une seule relation intime à Dieu, des ermites, voire des professeurs Tournesol?
J'aime ajouter les propos que j'entendis d'une femme assez sensée et par ailleurs charmante/charmeuse : [Peut-être devrions-nous laisser de côté la recherche du "grand bonheur", pour nous arrêter à la recherche de cette somme de petits bonheurs quotidiens qui, accumulés, nous laissent avec une sensation de jouissance, de vie utile - intéressante - enrichissante - accomplie, selon les perceptions de chacun]?
Dans cette longue série de commentaires, quelqu'un semble avoir déjà souligné l'opinion!
Rédigé par: Nomis | 23 novembre 2006 at 23:46
Friedmann dixit : "... du libéralisme en tout ( y compris la dépénalisation de la drogue et la liberté de migrer),..."
Beaucoup d'âmes simples confondent encore LIBERALISME (principe de) avec l'attitude de LAISSER-FAIRE, de LAISSEZ-ALLER (c-à-d l'absence d'exercice de la responsabilité ou l'obédience à des imbécillités inscrites sur des tablettes dogmatiques). Vous nuancez fort justement, Mr Sorman, grâce au "rôle régulateur" de l'Etat idéal.
J'observe en saine honnêteté que cette attitude de LAISSER-FAIRE est plutôt coutumière de nos responsables publics des gauches européennes et sont à géométrie variable: a) réglementer à l'excès, puis b) ne plus être en mesure de les appliquer. Sinon encore c) de céder sur l'obéissance aux règles dès que les intérêts de groupes sont en jeu : en matière de gestion (laxiste), comme dans la modération de comportements extrêmes (dits sociaux)!
En matière de drogues, ce sont lesdits socialistes qui dépénalisent et créent simultanément une armada de mesures "protectrices" sous formes d'organes sociaux tâchant de récupérer les méfaits des déviances qu'ils tolèrent: ici, les gens de nos P.S. sont à al fois "libéraux?" et "sociaux?". J'en suis retourné!
Rédigé par: Nomis | 24 novembre 2006 at 00:09
Comme c’est Thanksgiving ici, que je n’ai pas de famille étendue (parents, frères, sœurs) sur le territoire avec qui partager la dinde, que je n’aime d’ailleurs pas, trop sec, qu’à propos de sec, il pleut des cordes sur New York, et qu’enfin, fait extraordinaire, les magasins sont fermés, je me sens soudain malheureux… cela viendrait-t-il du fait, comme dirait ce cher Milton, que ma liberté de choix est fort réduite par ces circonstances socio-climatiques?
Que la liberté de choix soit nécessaire au bonheur, probablement. Qu’elle soit suffisante, j’en doute. Pour preuve (parmi d’autres), le nombre de suicidés en pays dits « libres ».
Il y a de nombreuses études sociologiques sur la question du bonheur et il en ressort généralement qu’à partir d’un certain degré de confort matériel, ce qui est le plus déterminant sont « the sense of purpose » and « the quality of relationships».
Le regretté Milton, tout libre qu’il fût, eut peut-être été très malheureux sans sa Rose et / ou cette « passion libérale » qui l’animait.
Si comparer le rapport qualité/prix de pizza le rendait heureux, je ne peux que m’incliner devant une telle propension au bonheur.
J’aime bien la définition toute en nuance et en invitation de la charmante dame de Nomis… dites moi cher Nomis, vous ne vous êtes pas laissé aller à cette liberté tout de même!
Mais le bonheur, ne serait-ce finalement pas de pouvoir blogger, avec de parfaits inconnus, à l’autre bout du monde, et d’échanger des idées, comme on le ferait autour d’une table?
Ou d’échanger le genre d’idées qu’on ne peut justement pas échanger autour d’une table… surtout à Thanksgiving où parait-il, pour ne pas froisser l’oncle, la tante, ou la grand-mère, la discussion manque singulièrement de… liberté?
Rédigé par: ETF | 24 novembre 2006 at 00:49
Puis enfin: "... Il invente aussi le Revenu minimum universel ( ou impôt négatif ), une somme équivalente allouée à chacun par l'Etat , chacun devenant alors libre d'en disposer à sa guise pour..."
Comme notre ami D.J. (son propos du 19/11 à 12:36) je me questionne sur le sens et la mise en oeuvre d'un concept tel.
1) "impôt négatif", nuançons : un ministre libéral belge, malheureusement décédé jeune, avait adapté cette notion afin de stimuler les chômeurs de longue durée et les inciter à rechercher activement un travail (les motiver grâce au différentiel positif de "salaire en poche" en octroyant une remise d'impôts). Travail, qui reste un formidable facteur d'insertion sociale et de valorisation de soi, quand on aime le pratiquer (cfr. cet livre récent d'un chômeur français qui vit bien sans, en vil exploiteur de la trop généreuse société FR )! "Impôt négatif"? Sa mise en place est difficile au plan budgétaire mais est réalisable, progressivement. Bravo les libéraux!
2) "Revenu minimum universel" ? Sa réussite me semble intimement liée à des traits culturels dans une population (donc au contexte), plus à une vertu individuelle: le sens de la responsabilité, c-à-d quelque part la relation de chacun à autrui ... avec une notion d'interdépendance entre individus ... sainement comprise.
Restons en Europe du 21e s. et exerçons notre regard vers nos populations et leurs dirigeants. Cette théorie y est reprise par certains penseurs sous le vocable adapté de "Allocation sociale universelle" (auteur : un libéral de gauche - tel que la presse nous le définit - un prof. d'université enseignant des deux côtés de l'Atlantique).
2.a.) Certains politiciens aux penchants socialistes préconisent de l'attribuer à la femme au foyer. De rémunérer ainsi le fait de "travailler à son propre entretien", sinon à celui plus noble de l'éducation des enfants. C'est électoralement porteur: il toucherait plus de 20% des électrices, voire des pères au foyer! Au motif p.ex. qu'une libération financière (relative) de la femme vis-à-vis d'un mari éviterait nombre de drames familiaux? Sa faisabilité budgétaire pour un Etat: nihil. Tous se sont cassés les dents sur l'équilibre et sur des déficits publics! Un modèle oui, non vérifiable, sauf sur computer. Les milieux féministes l'ont attaqué en y voyant un prétexte pour écarter les femmes du marché de l'emploi ... Or qu'il y a aujourd'hui tant de familles monoparentales! En un temps où la démographie nous promet des déficits de main-d'oeuvre compétente et motivée, nous voici presque bloqués! De surcroît, les syndicats y perdraient un % d'affiliés femelles: voyez ainsi leur tête!
2.b.) Avons-nous tenté de vérifier l'application pratique du concept à notre contexte, niveau individu? A coup sûr, nous trouverions un groupe de députés européens (P.S.E. + gauches plurielles) prêts à soumettre ceci à l'examen d'une de leurs multiples commissions de travail (assez compréhensives, on ne s'affirme pas progressiste pour rien).
En simples citoyens, imaginons donc : soit +- 50% des populations U.E.25+ , dont les valeurs ont été habilement gauchies au fil des générations, personnes vivant aujourd'hui essentiellement sur la défense de "droits acquis" (en un temps révolu), des électeurs-clients vivant au sein d'Etats qui jouent à fond les politiques de "redistributions". Entre la généreuse théorie libérale et sa faisabilité, il y a pour ainsi dire un gap : celui des mentalités profondément ancrées. Les nôtres le sont depuis les 19-20e s. de la "lutte des classes" et des couches protectrices en tous genres (depuis les Pampers du nouveau-né jusqu'à la retraite 2050 à l'état futur de miséreux, car les pensions-tradition du 1ier pilier européen, c'est un tabou à ne jamais reconsidérer, social(ist)es dixit)!
Que ferait donc celui qui aurait dilapidé l'allocation universelle reçue antérieurement? RE: en bon européen (et ce ne serait pas le seul profil), il se retournerait vers la même source publique (sa manne supposée sans fond) afin de revendiquer une aide sociale, via les mécanismes bien connus de l'assistance publique. En plus, au nom du respect des droits humanitaires (sic), sinon encore de la réduction des inégalités sociales (re-sic)! N'est-ce pas ce qui tend à se passer dans nombre de contrées étrangères où la culture reste inadaptée au principe des aides (ex.: certains pays d'Afrique).
Ce principe théorique de M. Friedmann ne vaudrait pratiquement que si le système politique en place s'adapte à l'empreinte sociétale de sa population et vice-versa. En Union Européenne, où joue le principe du nivellement réducteur par "la Pensée Unique" tant critiquée, nous veillerions à égaliser ce principe sur 25 pays assez dissemblables que sont les Etats-Membres? Aurions-nous alors réinventé le principe d'entropie ou son inverse?
Malgré ses talents d'orateur très convainquant jusqu'à 94 ans, je ne serais pas esbaudris par ce principe-là.
Bien, Samuel, en avez-vous assez ainsi? Sinon, je vais sagement au lit!
Rédigé par: Nomis | 24 novembre 2006 at 00:50
"Mais le bonheur, ne serait-ce finalement pas de pouvoir blogger, avec de parfaits inconnus, à l’autre bout du monde, et d’échanger des idées, comme on le ferait autour d’une table?" (ETF)
Et dire qu'il y a 10 ans, les blogs n'existaient pas. Voyez comme le monde progresse en permettant aux hommes de pouvoir echanger des idées, même à des milliers de kilomètres, moi à Paris, vous à New York, tel autre à Pekin, encore un autre au Canada.
Nous sommes de parfaits inconnus et pourtant le niveau de conversation et l'acuité intellectuelle à laquelle nous parvenons est bien supérieure à toutes les conversations que l'on pourrait avoir avec nos amis intimes.
Peut être le fait que nous ne soyons pas des corps mais de purs intellects se manifestant au travers de lignes de code ASII, fait que l'on fait passer plus d'idées. Car les idées c'est la seule véritable chose que nous pouvons echanger.... meme s'il nous arrive de nous disputer et de laisser passer quelques émotions.
En fait cette difference c'est un peu la difference entre les livres et leur adaptation cinématographique. Le cinéma meme avec des personnages incarnés, des costumes, des décors, ne peut pas faire passer toutes les informations et toutes les subtilités que le livre peut faire passer. Meme si parfoirs il est commode de mettre un narrateur pour informer le spectateur dans les films, on ne peut pas non plus faire un film uniquement avec un narrateur qui débiterait toutes les pages du livre...
Rédigé par: Quimboiseur | 24 novembre 2006 at 11:05
Quelques remarques:
Concernant le revenu minimum universel, Friedmann souhaitait qu'il remplace tous les programmes de redistribution existants, pas qu'il s'ajoute a eux. Dans le cas de la France, notez que si tous les programmes "sociaux" etaient remplaces par un RMI octroye a chaque francais (des la naissance), les depenses publiques baisseraient de maniere tres significative (j'ai deja fait le calcul)...mais les francais y sont-ils prepares?
Concernant les differences entres l'ecole de Chicago et l'ecole autrichienne, si elles semblent minimes et steriles vu du socialo-communisme ambiant, elles ne sont pas negligeables :
- sur le fond, l'ecole de Chicago croit tout de meme en un role "regulateur" de l'Etat (ou d'un organisme public independant) sur l'economie - notamment sur l'emission de monnaie. Les autrichiens ne reconnaissent aucune legitimite a l'Etat (sauf pour certains -mais pas tous- dans les domaines de justice et de securite). Pour la monnaie, ils preconisent le retour a l'etalon-or et/ou un libre marche de l'offre de monnaie.
- sur la methodologie, l'ecole de Chicago se fonde beaucoup sur la modelisation mathematique, alors que l'ecole autrichienne refuse de modeliser l'action et les choix humains, ainsi que toute verification empirique d'une theorie economique.
Pour votre culture generale...
Rédigé par: Laurent | 24 novembre 2006 at 14:14
A propos du revenu universel, je me souviens avoir entendu Clémentine Autin (marxiste de l'équipe Delanoé), dans une émission de variétés, en émettre l'idée, et elle eut même le culot d'ajouter que cette idée était proposée par de très grands économistes. Personne n'osa lui demander des précisions, mais j'imagine que dans son idée, cela ne remplace aucunement les allocations actuelles, et que cela ne s'ajoute pas au revenu du travail.
Vous avez donc bien fait, Laurent, de rappeler cette évidence: le revenu universel remplacerait les allocations de l'Etat (du moins, certaines... quid des allocations familiales par exemple?) et surtout s'ajouterait au revenu du travail.
Pourtant cette idée si séduisante pose des problèmes, d'abord de principes, ensuite de mise en pratique.
Pourquoi un individu, à la naissance, aurait-il à vie une créance sur les autres citoyens ? Pourquoi les individus qui travaillent (nécéssairement moins nombreux que la totalité) devrait-ils se voir ponctionner une part de leur revenus redistribuée aux autres ? Ce revenu fluctuerait en valeur selon la richesse créée et/ou le taux de prélevement. Certes, c'est un système que nous ne connaissons déjà que trop bien dans nos sociétés, et le revenu universel aurait au moins l'avantage d'inciter au travail... mais au prix d'un abandon de l'idée de liberté de l'individu face au reste de la collectivité - dans les deux sens.
Quant à la mise en pratique, elle pose aussi de graves problèmes. Comment serait attribué le droit de percevoir ce revenu ? Selon la nationalité ? C'est injuste, de plus on devine les problèmes d'immigration que cela causerait si c'était le cas. Mais sur quel autre critère alors ? Dans ce système, qu-est-ce qui empêcherait les politiciens, comme aujourd'hui, de détourner une coquette part du pactole ?
Enfin, en France surtout, c'est moins le souci d'enrichir leur concitoyens que de raboter les différences de revenus entre eux qui anime nos gouvernants. Ne plus pouvoir user de ces merveilleux outils que sont la subvention et l'allocation pour acheter des voix, voilà qui devrait suffir à renoncer à l'idée qu'un jour ils puissent adopter de Milton Friedman, du moins sans la dénaturer.
Rédigé par: Ksorp | 24 novembre 2006 at 15:37
Je m'aperçois que Nomis, quelques posts plus haut, a dit la même chose que moi, mais avec bien plus d'arguments, que je trouve tous très bons d'ailleurs. Mille excuses !
Rédigé par: Ksorp | 24 novembre 2006 at 15:42
« Les autrichiens ne reconnaissent aucune legitimite a l'Etat (sauf pour certains -mais pas tous- dans les domaines de justice et de securite). »
Ces « certains » ne sont pas négligeables : Mises, Hayek.
L’école autrichienne ne se résume pas à l’anarcho-capitalisme de Rothbard et de ses héritiers (Rockwell, Hoppe entre autres).
« Pour la monnaie, ils preconisent le retour a l'etalon-or et/ou un libre marche de l'offre de monnaie. »
Mises était pour la monnaie-or alors qu’Hayek était pour la libre production monétaire.
A l’intérieur de l’école autrichienne, il existe des positions différentes à propos de la monnaie (cf Salin contre Hülsmann).
Avec les niveaux actuels des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires, ces querelles entre différentes chapelles sont bien dérisoires.
Quand ces niveaux seront inférieurs à 10 % du Pib, elles pourront commencer à s’étriper.
Rédigé par: Mad Max | 25 novembre 2006 at 01:20
Salut MAD MAX, :)
"Le libéralisme n’est pas seulement un système économique. Arrêtez de colporter ce genre d’âneries.
Libéralisme et démocratie peuvent avoir des points d’intersection mais ne sont pas dépendants.
Beaucoup de libéraux ont tort de lier les 2 concepts."
C'est une implication mais non une équivalence logique : Démocratie véritable => libéralisme, mais l'inverse est faux, la preuve ? La Chine, dictature socialiste (et non plus communiste) ET libérale ... ou au moins capitaliste.
"Pas mal celle là.
Quelle théorie définit et défend les droits de propriété individuelle, si ce n’est le libéralisme ?"
N'importe quoi ... Vous tombez dans le panneau de vouloir faire du libéralisme l'inverse du communisme, grave erreur ! Lire Revel à ce sujet ... Ce n'est pas parce que le communisme défend la volonté de collectivisation et de biens public, que le libéralisme à l'apanage du droit au bien privé ! C'est comme si vous me disiez, que c'est le communisme qui "définit et défend le droits à l'altruisme" et que donc tout altruisme est communiste !... C'est confondre le rapport social politique, le droit et les convictions personnelles ... C'est justement faire, à tort du libéralisme une idéologie. Et en faisant cela vous décridibilisez ce que vous prêchez.
"Hélas, le peuple français a choisi depuis longtemps. Cf le score désastreux de Madelin aux dernières présidentielles."
Vous êtes à la ramasse : le peuple vote autant pour un homme ou un parti que pour des idées et en outre Madelin n'avait ni le parti, ni toutes les idées, ni le charisme ... Ainsi, le score de Madelin n'implique en rien la mesure de niveau de volonté de libéralisme du peuple français ...
WALTER : "L'économie doit servir notre bonheur et non l'inverse.". Le problème de cette phrase c'est qu'elle ne veut rien dire.
Que l'on soit dans un régime socialiste, libéral, nazi, ou communiste, les règles économiques s'appliquent de la même manière.
L'économie est une science sociale, qui sert à l'analyse.
Si je disais: "L'histoire doit servir notre bonheur et non l'inverse.", ou "La socioligie doit servir notre bonheur et non l'inverse.", tout le monde rirait. Il est temps de faire de même avec la phrase en exergue."
-> Je suis assez d'accord avec ce propos, même s'il peut être mieux exprimé ... Il ne faut pas mélanger les concepts ...
Rédigé par: Nathan | 03 décembre 2006 at 12:13
Un seul "n" dans Friedman.
Rédigé par: Anonyme | 09 décembre 2006 at 08:10
oui , un n dans Friedman
Rédigé par: guy sorman | 17 décembre 2006 at 08:02
j'apreci vraiment ces ides
Rédigé par: wague daouda | 05 mars 2008 at 11:12
j'apreci vraiment ces ides
Rédigé par: wague daouda | 05 mars 2008 at 11:15
j'apreci vraiment ces ides
Rédigé par: wague daouda | 05 mars 2008 at 11:27