La France a besoin d’une bonne gauche. Tout de suite, c’est hautement improbable ; mais très vite, ce sera indispensable. Pas seulement pour la gauche, mais dans l’intérêt général. Il est, en effet, assuré que Nicolas Sarkozy ratissera large aux prochaines élections parlementaires : aux socialistes, il restera des miettes et aux autres, moins encore. La France se trouvera alors en situation d’hyperpouvoir sans qu’aucune force ne vienne équilibrer celle du Président de la République. Telle est, m’objectera-t-on, la logique de la Ve République. Certes, mais il n’existe aucune bonne raison de se féliciter de la totale concentration des pouvoirs dans une démocratie : les résultats ne sont jamais satisfaisants. Par ailleurs, la personnalité de Nicolas Sarkozy et le choix de son équipe accentuent encore la monarchisation implicite de notre Etat : déjà, il est annoncé que le Président s’occupera de tout et ce n’est pas son Premier ministre qui y fera obstacle. Pour tous les autres, ils sont déjà sous la surveillance de directeurs de cabinet agréés par l’Elysée, à commencer par Bernard Kouchner. L’hyperpouvoir, est-ce nécessaire pour faire passer les réformes inscrites dans le projet de Nicolas Sarkozy ? Dans une logique monarchienne oui, dans une perspective républicaine non. Il vaudrait mieux que toute initiative soit débattue entre une majorité en béton et une opposition argumentée. En l’absence d’arguments, la résistance aux réformes et à l’hyperpouvoir sera gérée dans la rue par les minorités dites agissantes, se réclamant du trotskisme. De même que Sarkozy, d’emblée, a voulu négocier avec les syndicats, qui ne sont pas en France terriblement représentatifs, il aurait avantage à débattre avec une gauche réelle.
Cette gauche-là existe partout en Europe mais pas encore chez nous. La raison en est sociologique : le Parti socialiste a longtemps été pris en otage par la fonction publique dont il défend logiquement les intérêts et partage la vision du monde. Ceci change grâce à l’afflux des nouveaux militants qui ont soutenu Ségolène Royal. Elle-même est à la jonction, forcément inconfortable, entre deux traditions de gauche historiques, celle des Girondins et celles des Jacobins. Il n’est pas inutile pour comprendre notre gauche harassée d’Histoire, de rappeler que ses origines sont révolutionnaires. Pour les Jacobins qui, jusqu’à présent, ont dominé le socialisme français, il appartient à l’Etat de façonner la bonne société : Blum, Mitterrand, Jospin participent de cette tradition. Mais, pour les Girondins, ces mencheviks du socialisme français, la bonne société résulte de l’équilibre entre les pouvoirs : le grand penseur de cette gauche-là fut le philosophe Alain. C’est bien l’esprit girondin qui manque à la France et que le Parti socialiste pourrait restaurer ; Ségolène Royal y fit allusion mais sans détailler. Ainsi à l’hyperpouvoir, la gauche pourrait opposer la décentralisation des responsabilités publiques, jusqu’ici anodine. Elle pourrait exiger l’interdiction du cumul des mandats électifs qui est indispensable à cette décentralisation vraie. Elle pourrait avancer des garanties nouvelles pour l’indépendance de la Justice, celle des médias, celle du Parlement. Il ne serait pas absurde que cette gauche, au nom de la décentralisation, propose l’autonomie des Universités, des hôpitaux, des caisses d’assurance-maladie. Et plus de responsabilités au Parlement et à la Cour de justice européenne. On imagine donc une gauche antibureautique, assurément girondine. Reste l’économie, jusqu’ici laissée de côté, délibérément. Le Parti socialiste en se focalisant de manière obsessionnelle sur la gestion de l’économie, n’a jamais commis que des erreurs. Car à quoi bon s’opposer à ce qui existe et qui tire la croissance du monde : le marché. Pour la gauche, mieux vaudrait s’intéresser aux hommes, à leur formation face à ce marché, plutôt que régenter l’océan mondialisé.
Cette gauche-là serait désirable et l’heure venue, elle prendrait son tour. Une gauche archaïque, toujours jacobine ? Elle ne pourra que souhaiter l’échec de la majorité actuelle, ce qui serait un désastre pour tous les Français. On pense au Marquis de Sade qui agissait mal et parfois pensait juste ; l’un de ses pamphlets, d’actualité, s’intitulait « Français, encore un effort pour devenir Républicains ! »
Guy Sorman





Amen, frère Sorman.
Je crains comme vous, quoiqu'à distance, la monarchie "Sarkozy de Bocsy Nagy", marquée par un goût immodéré du pouvoir personnel (pauvres ministres fantoches, qui n’osent plus faire la moindre déclaration non rédigée et approuvée par Versailles, de peur des foudres du monarque, voire de passer aux oubliettes), une arrogance jubilatoire pour l'instant encore difficilement réprimée par quelques joggings quotidiens, et plus grave encore, des pressions qui ne manqueront pas d’être exercées sur la justice et sur les médias, ne représentent une menace pour le bon fonctionnement démocratique de la république. Et que plus que jamais, donc, la France a besoin d’un parti « de gauche » moderne, crédible, réellement démocrate (dans le sens de « démocratie ») et, effectivement, débarrassé de ses vieilles lubies étatistes. Dans ce contexte, les iconoclasmes de Ségolène sont les bienvenus, bien qu’elle soit encore sous influence (l’idéologie a la vie dure). Ségolène n’aura pas gagné les élections, mais elle est bien la seule aujourd’hui à permettre d’espérer une transition rapide d’un PS de Thoiry à un force politique intelligente et crédible. Vous devriez lui offrir vos services, qui sait…
Rédigé par: ETF | 01 juin 2007 at 16:02
Amen, frère Sorman.
Je crains comme vous, quoiqu'à distance, que la monarchie "Sarkozy de Bocsy Nagy", marquée par un goût immodéré du pouvoir personnel (pauvres ministres fantoches, qui n’osent plus faire la moindre déclaration non rédigée et approuvée par Versailles, de peur des foudres du monarque, voire de passer aux oubliettes), une arrogance jubilatoire pour l'instant encore difficilement réprimée par quelques joggings quotidiens, et plus grave encore, la tendance à faire pression sur la justice et sur les médias, ne représentent une menace pour le bon fonctionnement démocratique de la démocratie républicaine. La France a donc besoin, plus que jamais, d’un parti « de gauche » moderne, crédible, réellement démocrate (dans le sens de « démocratie ») et, effectivement, débarrassé de ses vieilles lubies étatistes. Dans ce contexte, les iconoclasmes de Ségolène sont les bienvenus, bien qu’elle soit encore sous influence (l’idéologie a la vie dure). Ségolène n’aura pas gagné les élections, mais elle est bien la seule aujourd’hui à permettre d’espérer une transition rapide d’un PS de Thoiry à un force politique intelligente et crédible. Vous devriez d'ailleurs lui proposer vos services, qui sait...
Rédigé par: ETF | 01 juin 2007 at 16:05
Monsieur Sorman,
Je crois que tout extrême provoque un extrême équivalent et de sens opposé. En fait, je parle de la loi de causalité.
La France a si longtemps été prise d'une sclérose - garduelle certes, mais non moins morbide - qu'elle a mené à l'immobilisme complet de sa société. Chaque tentative de changement était foulée au pieds, tuée dans l'oeuf, voire réprimée violemment.
En fait, devenue perdante dans tous les niveau de pointe - par une peur irrépressible et surtout démesurée du risque et de l'erreur - elle a tenté de devenir un leader dans l'immobilisme généralisé, c'est-à-dire, en appliquant, à toutes les sauces, le fameux principe de précaution. Que ce soit dans le développement économique et technologique, dans la politique internationale ou dans ses politiques sociales.
En fait, c'était rendu : une vélléité = une manif = un recul.
Tout se faisait au niveau des idées, mais absolument rien ne se faisait au niveau de l'action.
Je vous parlait de loi de causalité au début. L'inaction n'entraîne aucune réaction. Un corp inerte tend à rester inerte. Ce sont des principes physiques élémentaires certes, qui sont tout aussi observables dans un contexte sociétal.
Après tant d'années de peur de l'action, je vous trouve candide de penser que la France aurait pu réagir avec mesure, justesse et équilibre.
Je ne crois pas que quiconque réagirait aussi bien que vous le souhaitez après avoir réussi à s'extirper d'une camisole de force trop longtemps portée.
Non, à court terme ou a moyen terme, la France n'a pas besoin d'une gauche articulée. Elle a besoin d'un psychiatre, ne serait-ce que pour modérer des possibles pulsions extrème-droitistes opposées.
Malheureusement, trop de gens se prétendent psychiatres de société et la France s'y perdrait.
Le salut de la société française passe par la conscience, c'est-à-dire, en terme de société, la fin du nombrilisme. Apprendre à s'observer et à se voir telle qu'elle est, de l'extérieur.
Distinguer Nationalisme et Patriotisme. Le premier issu de la peur et le second issu du courage. Même chose entre Chauvinisme et Fierté.
Nous ne pouvons être fier que de ce que nous accomplissons. Lorsque nous nous réfugions dans l'inaction, nous développons le chauvinisme.
Que vous le vouliez ou non, M. Sorman, la France devra se guérir de ses névroses et il est possible que ça doive passer par le développement de névroses inverses.
Eh oui, elle devra faire des erreurs pour apprendre et, croyez-moi, lorsque'elle en fera ce sera la plus merveilleuse des nouvelles car ça voudra dire qu'elle s'est remise à vivre, à agir et évidemment à évoluer.
Cordialement,
Rédigé par: Yannick Gagné | 01 juin 2007 at 17:54
Bien vu, Mr Sorman. Et que pensez vous de la capacité du MoDem de François Bayrou de (re)créer cette opposition girondine - plutot qu'une gauche en déshérence ?
Rédigé par: Pierre Guillery | 01 juin 2007 at 19:33
@Yannick Gagné
"Je crois que tout extrême provoque un extrême équivalent et de sens opposé. En fait, je parle de la loi de causalité.[...] Que vous le vouliez ou non, M. Sorman, la France devra se guérir de ses névroses et il est possible que ça doive passer par le développement de névroses inverses."
Pour produire et promouvoir un discours authentique et adapté aux réalités de n'importe quelle époque, le politique doit penser les problèmes indépendamment de ses concurrents. Il doit décoder le monde du mieux qu'il peut et proposer des solutions et des projets auxquels il croit pour être utile à la collectivité même si ces solutions et ces projets présentent des similitudes avec ceux du camp adverse . L'éveil et le pouvoir d'adaptation nécessaires à cette entreprise sont incompatibles avec ce spectacle écoeurant qui consiste à prendre le contre-pied des gars d'en face, par principe... Ce que je viens d'écrire me rappelle le fameux triangle artiste / escroc / oeuvre d'art ... Est-ce à dire que la politique serait un art? Et les politiciens des artistes ...?
Rédigé par: PaulNizan | 01 juin 2007 at 20:46
Sur pouvoir personnel, il y a une anecdote qui est probablement authentique que j'aime bien.
Margaret Thatcher au restaurant avec ses ministres :
Serveur "Que prendrez vous ?"
Maggie : "Un steak."
Serveur : Et pour les légumes ?"
Maggie, regardant ses ministres : "Les légumes aussi prendront un steak."
Bon ceci étant dit, je suis en train de lire une biographie de Maggie, "De l'épicerie à la chambre des Lords", qui devrait inspirer nos politiciens, si ils la lisaient.
Maggie s'est formé des convictions morales très tôt, des convictions économiques en adéquation avec celles-ci très tard, mais ensuite, elle s'y est tenu avec patience et persévérance.
La confrontation avec les syndicats n'a eu lieu que 4 ans après son arrivée au pouvoir, mais elle était prête et elle a gagné. ET la Grande-Bretagne avec elle.
Je pense hélas que Sarkozy est trop versatile.
Rédigé par: fboizard | 03 juin 2007 at 09:46
Fier d'être con : pour une rénovation (aussi) du rôle des intellos de gauche
J'ai lu le texte de Guy Sorman évoqué par Groucho hier soir dans un commentaire (Pour une gauche girondine, voir lien plus bas). Je le trouve intéressant mais un peu "plat", surtout parce qu'il repose en partie sur ce curieux besoin qu'ont beaucoup de vouloir piocher dans le passé pour expliquer le présent ou pour expliquer de quelle manière, toujours différente, on devrait s'en inspirer...
Pour une gauche girondine
http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2007/06/pour_une_gauche.html
Point positif, Sorman avance des idées concrêtes sur les prises de position que le PS pourrait adopter, et c'est suffisamment rare pour mériter d'être signalé alors que d'autres en sont encore à parler de "rénovation idéologique", choisissant toujours d'ignorer que les Français ne bouffent pas des pages de livres à la fin du mois (même si on s'en rapproche).
Au PS, il faudrait peut-être moins réfléchir, ou alors arrêter de faire semblant et passer vraiment à l'action. Mon opinion est que les analystes (même marqués à gauche) qui disent que Royal serait incapable de redresser la barre à long terme ont raison. Les mêmes n'envisagent plus un redressement du parti sans un massacre préalable des éléphants. Quant aux plus jeunes, ils devraient faire un grand feu avec les assommoirs en papelard auxquels leurs aînés n'ont rien compris : le premier enseignement à tirer d'un bouquin, c'est qu'il faut que quelqu'un ait travaillé pour qu'il existe...
C'est ce que je réponds à Groucho dans mon commentaire. Dans le même ordre d'idées, il y a un moment déjà que je pensais à faire un sujet sur l'incapacité du PS et de la gauche en général à s'affranchir de références intello-historiques qui ne sont plus du tout adaptées au monde d'aujourd'hui. Le fait est que dans tous les partis en chute libre, on retrouve des intellos qui maîtrisent les théories de Jaurès, de Blum, de Trotsky ou du "Ché" et qui passent l'essentiel de leur temps à les remodeler en fonction de ce qu'ils veulent en exploiter, mais à quoi tout cela sert-il ? A rien, car comme le dit un proverbe bien connu qu'on semble toujours ignorer au parti socialiste, deux intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche.
Alors, faut-il brûler les intellos ? Leur agrafer la bouche pour rappeler à tous ceux qui ont tendance à l'oublier que le monde peut très bien tourner "sans eux" et que d'ailleurs, cela a toujours été le cas ? Tout compte fait, quelle différence entre les révolutionnaires français et le boucher de la forteresse de Cabaña (Ché Guevara) ? Quand on y réfléchit, on se dit que les apports réels des vrais ou des faux intellos à l'Histoire et à la politique ne se sont guère traduits par autre chose que par des chiffres : nombre de têtes coupées, nombre de balles tirées dans la nuque, nombre d'humains enfournés dans des incinérateurs... D'un côté il y a ceux qui réfléchissent, adulés ou suivis par quelques lettrés ou illettrés qui sont du bon côté de la guillotine ou du fusil, et de l'autre il y a ceux auxquels on voudrait encore faire croire en 2007 qu'il "faut" s'inspirer du passé.
C'est sûr !
Souvent, quand je fais le compte des vrais apports et des vrais responsabilités des mêmes intellos dans la France de 2007, je me dis que tout le monde se porterait mieux si on les traîtait avec l'importance qu'ils méritent : certains ne seraient pas moins inutiles qu'ils ne le sont aujourd'hui si on les parquait dans de gigantesques bilbiothèques aux parois transparentes, avec des gamelles d'eau, des gamelles de croquettes, des roues tournant autour d'un axe pour faire du sport. On pourrait leur tirer dessus depuis un promontoire, leur jeter des cacahouètes en visant les yeux, organiser des courses d'intellos en les obligeant à courir par petits groupes d'une ligne A à une ligne B... Hurlements et coups de triques, les mêmes stimulants qui sont imposés à la majorité quand ce sont les intellos qui détiennent le pouvoir. Dans un premier temps, ça distrairait ceux qui ont à subir l'application des théories géniales de ces inadaptés qui ne servent à rien et à long terme, on pourrait finir par réaliser qu'un intellectuel, en 2007, c'est surtout un con qui n'aime rien moins que la marche à pieds.
Pas comme Guy Sorman, qui n'est sans doute qu'un "demi-intello" puisqu'il n'écrit pas comme une brique... C'est rare et estimable, car le propre du véritable intello est d'arriver toujours à persuader les autres qu'ils sont des cons. D'écrire des conneries qui n'intéressent que lui. Guy ne le fait pas, donc Guy n'en est pas. Il est un peu con parce qu'il ne l'a pas compris, mais c'est précisément ce qui le rend plus intelligent que beaucoup d'autres.
(Juste un petit laïus qui s'adresse entre autres à ceux qui, au parti socialiste, se trouvent plus intelligents que notre ami Guy : s'ils apprenaient à se débarrasser de leurs références historiques à la con, le PS n'en serait sans doute pas là. Nous non plus.)
Rédigé par: Poliblog | 03 juin 2007 at 14:49
Le bon sens c'est surtout arrêter de penser à l'aide d'idées reçues et d'idéologies.
Par exemple, depuis 30 ans tous les patrons de PME/TPME connaissent très bien le point précis (dans les lois fiscales Françaises) qui les pousse à rouler en Mercedes et à s'acheter des résidences secondaires plutôt qu'à investir dans l'entreprise et à embaucher.
Un tiers des patrons ne voudraient pour rien au monde que cela change (en gros), un tiers n'y on pas réfléchi et un tiers seraient bien content de pouvoir enfin bénéficier de lois fiscales qui leur permettraient ENFIN de jouer à égalité avec (au moins) leurs concurrents Européens. Tous accepteraient si la loi les incitait à le faire.
Le bon sens, dans ce cas là, serait laisser tomber les vieilles lunes du PS (j'allais dire "socialistes", mais NON ce ne sont pas de vieilles lunes socialistes, puisque les autre pays socialistes n'ont pas ces idéologies là). Exemple de vieille lune: la CGS considérée comme impôt "juste" alors qu'elle pénalise même une retraite de 450 euros par mois !!!!!!
Et faire un essai concret en France (puisqu'ils refusent ces éssais réalisés avec succès dans 80% des pays Européens), de cette inversion de la fiscalité pour privilégier l'emploi au détriment des bénéfices personnels des entrepreneurs.
Le bons sens, Françoise, c’est la réflexion de ce militant communiste qui me disait le mois dernier: «Moi les 1500 euros au chômage, comme au Danemark… ça me va… même si je suis obligé de me remuer le cul pour trouver du taf !».
Le bons sens c’est de réfléchir sur les faits et non de jouer sur les mots !
Le bons sens, comme dit Emmanuel Todd, en France il est plus dans le peuple que dans ses "élites".
Rédigé par: Gilbert Sorbier | 03 juin 2007 at 19:15
Non, non et non ! La France n'a pas besoin d'une gauche !
On en a trop souffert pendant 25 ans. Maintenant la récréation est terminée !
En France, il faut faire ce qui marche et arrêter les conneries qui ne marchent pas !
La France n'a pas besoin du parti socialiste, ni des Verts, ni des communistes, ni de la LCR, ni du parti des travailleurs, ni des radicaux de gauche.
A la rigueur le parti démocrate de Bayrou pourrait apporter une contradiction d'un certain niveau de compétence et de bonne foi intellectuelle.
La gauche ? Qu'on nous débarrasse définitvement de cette merde infecte !
Rédigé par: Quimboiseur | 03 juin 2007 at 21:14
Diable, on dirait que la situation est plus grave qu'il n'y paraît pour le PS (Quimboiseur). C'est d'ailleurs la première réflexion que je me suis faite en lisant l'article de Guy Sorman : intéressant mais peut-être un peu trop optimiste sur la capacité du Parti socialiste à surmonter la crise qu'il traverse actuellement. Ca et là, on commence à évoquer un changement de nom pour le parti qui pourrait être une bonne chose. Un emplâtre sur une jambe de bois diront les uns (et ils auront raison), peut-être une piste à creuser diront les autres, car quand dans un groupe personne ne semble vouloir mettre la main à la pâte pour initier un vrai renouveau, un simple changement de nom peut suffire à relancer la machine. C'est idiot mais c'est comme ça.
Rédigé par: Poliblog | 04 juin 2007 at 01:07
Le probleme est un probleme de personnes et un probleme inherent a notre systeme.
Probleme de personnes:
Tout le monde veut etre chef mais personne ne presente le projet et les qualites pour vraiment s'imposer en tant que chef.
Jospin s'est impose a la tete du PS en 1995 parceque s'il a perdu face a Chirac il a cree la surprise avec un score tres honorable.
Il etait souhaitable que Sego perde. Mais il eut ete encore plus souhaitable qu'elle perde avec un score honorable. Je suis persuade que cela lui donnait la legitimite pour diriger l'opposition. Les DSK et consorts ne seraient pas en train de lui tirer dessus a boulets rouges aujourd'hui. Et on aurait aujourd'hui les conditions pour avoir ce que Guy reclame; une opposition solide, capable de faire son travail.
Tout le monde sait tres bien ce que la gauche doit faire pour s'en sortir. Mais tout ces articles, editoriaux et declarations des politiques de gauche ne sont que du vent. La realite c'est que ce sont des histoires d'hommes (et de femmes...) qui veulent etre chef. C'est "le panier de crabes"...
Un probleme inherent a notre systeme:
Sego et Bayrou ensembles gagnaient la presidentielle. Mais pourquoi risquer d'etre 1er ministre (dans le meilleur des cas) ou d'etre completement phagocyte, quand on a une chance d'etre President? Cette fois ci ou a l'election suivante. La cle est la: en France, contrairement a des pays comme les USA, on peut se representer de nombreuses fois... Une defaite n'est jamais definitive... Alors pourquoi accepter une position de "sparring-partner"? Il vaut mieux rejeter toute alliance ou on n'a pas la haute main (en y mettant les formes bien sur) et faire gagner l'opposition, car cela permettra d'exister et de survivre et eventuellement, demain, de reprendre la main. Si la defaite etait definitive, cela pousserait aux alliances. On voit tres bien ce systeme fonctionner lors des primaires aux USA. Les candidats dans le trio de tete savent tres bien qu'il sera tres difficile de se retrouver dans cette situation dans le futur s'ils n'arrivent pas a s'imposer. Donc quand il semble clair qu'on n'emportera pas la mise, une alliance qui permettra de gagner quelquechose (la vice-presidence ou autre chose) est clairement souhaitable. Ce systeme permet de creer de grands ensembles plutot que de maintenir des factions qui souvent ne representent que l'ambition de leurs chefs.
On a eu pendant des annees "la droite la plus bete du monde" qui perdait elections apres elections. Je predis une "gauche la plus bete du monde" pour de longues annees et de nombreuses elections perdues... Et notre systeme etant ce qu'il est (et on ne va pas, bien sur, interdire les re-candidatures, ce n'est, bien sur, ni souhaitable ni envisageable), cela ne va pas changer... Pour que les candidatures a l'infini ne soient plus possibe chez nous, je ne vois qu'un changement des mentalites. Ou quelqu'un a une idee?
Rédigé par: Avidadollars | 04 juin 2007 at 02:34
"Pour que les candidatures à l'infini ne soient plus possibles chez nous, je ne vois qu'un changement des mentalités. Quelqu'un a une idée?"
Oui, deux idées au choix: Soleil Vert, ou Hugo Chavez.
Dans le premier cas (pour les cinéphiles), exit tous les candidats de plus de 30 ans. Et pour ne pas être trop cruel, ils seront euthanasiés devant un écran géant sur lequel ils se verront élus président, gravissant les marches de l’Elysée sur fond de Marseillaise tonitruante. Sur ce, ils passeront d’un monde à l’autre en pleine extase.
Dans le deuxième cas, exit les élections, donc plus de candidats, affaire réglée.
Rédigé par: ETF | 04 juin 2007 at 05:49
ETF, vous etes bien facetieux ce matin... Vous choisissez de repondre par la derision a mon message... On se demande bien pourquoi: dans la phrase qui precede immediatement celle que vous citez je crois avoir ete clair pour dire qu'il est bien sur inenvisageable d'interdire les re-candidatures... C'etait tellement evident que j'ai failli ne pas l'ecrire, puis je me suis dis, "on ne sait jamais on va te tomber dessus quand meme..." Donc je l'ecris et vous me faites malgre cela ce proces d'intention.
Pas tres serieux...
Rédigé par: Avidadollars | 04 juin 2007 at 18:15
Que vaut la vie sans un peu de facétie?
Tout ça pour dire, qu’il n’y a pas de système politique parfait. En France, on intrigue, on ourdit, le plus machiavélique l’emporte, et s’impose pour de longues années, jusqu’à qu’il accède au trône, ou que, fait assez rare, un(e) plus machiavélique que lui parvienne à l’occire en douce (ou pas).
Aux USA, c’est le plus riche, ou celui qui aura su lever le plus d’argent, qui l’emporte, à condition, bien entendu, qu’il n’oublie pas de porter sa pseudo-religiosité en bandoulière, reléguant notre cher Tartuffe au rang d’amateur du dimanche. Bien que ce dernier aspect me donne tout particulièrement la nausée, cela donne-t-il, au bout du compte, dans un cas ou dans l’autre, des dirigeants meilleurs que les autres? I don’t think so.
Rédigé par: ETF | 04 juin 2007 at 20:27
Tout ce que dit frère Sorman est soluble dans l'originalité.
Il me semble indispensable à une refondation du PS de sortir des vieux repères, clichés et idées reçues de la gauche.
La pensée monolithique consistant à mettre la gauche dans un paquet unique pour lui coller une étiquette globale est tristement limitée.
L'économie ne peut qu'être politique, mais le social est indépendant de l'économie.
Ne pas comprendre ça, frère Sorman, c'est se condamner à continuer à gloser sur le sexe des anges !
Rédigé par: Gilbert Sorbier | 05 juin 2007 at 11:58
Quimboiseur est la quintessence du Sarkosysme et de la droite ! Il a raison !
http://lafrancedemaintenant.blogspot.com/
Rédigé par: Suppaiku | 14 juin 2007 at 10:09