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  • Parution en juillet 2009

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Barre , le bon Président

Raymond Barre fut le bon président que la France n’a pas élu au moment où nous en aurions eu le plus besoin.

Le déséquilibre des finances publiques qui plombe aujourd’hui la croissance remonte en effet aux années 1980, quand Barre candidat proposa , en vain , aux Français sa médecine d’urgence. La nouvelle donne économique - pétrole chère , inflation , démarrage de l’économie de l’information aux Etats Unis , révolution Reagano- thatchérienne - aurait exigé  à cette époque , un virage  dans nos modes de gestion du budget de l’Etat , de la solidarité sociale et du chômage . Virage que la Grande-Bretagne a pris mais pas nous. Mitterrand fit l’autruche, Chirac aussi ; Sarkozy, on ne sait pas encore.

Mais Barre n’avait aucune chance d’être élu dans un régime présidentiel, pas plus que Pierre Mendès-France en son temps ; il ne parlait pas aux tripes  et  s’en tenait  en réunions publiques au même registre   didactique qu’avec ses élèves de Sciences Po. Ses étudiants, je suis fier de l’avoir été, ne l’appelèrent jamais que Monsieur le Professeur et non Monsieur le Premier Ministre comme le protocole républicain l’eut exigé ; il en était enchanté et n’aimait rien d ‘autre de que de commenter les progrès de la science économique.

Barre aimait les aphorismes, celui-ci en particulier : « Il faut penser en homme d’action et agir en homme de pensée «, de Henri Bergson. Voilà une autre France, une génération disparue.

A propos de mémoire, il me revient une conversation entre trois complices de cette génération-la , Barre, Louis Pauwels et Henri Amouroux ; tous  les trois académiciens  ,  ils s’interrogeaient  sur l’au-delà. "Nous sommes immortels , disait Henri Amouroux , aussi longtemps que les vivants se souviennent de nous".

NB : Comme je l'ai écrit sur ce blog il ya quelques mois , je regrette que Barre n'ait pas compris le sens  et la morale de la condamnation de Papon et n' y ait vu qu'un complot contre l'Etat.  Mais on ne saurait réduire Barre à cet épisode tardif .

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Voici les sites qui parlent de Barre , le bon Président :

Commentaires

Je ne connaissais pas personnellement m. R.Barre (seulement, selon des media), mais j'avais rencontre et
parle avec Henri Amouroux...
Je ne nie absolument pas leur grand professionnalisme dans les spheres correspondants, mais je me demande s'ils etaient de vrais republicains ou plutot des catholiques de vielle souche tratitionnaliste (sinon petainiste)?

Rien de tel, pour se souvenir, que de passer quelques instants avec Mr Barre lui-même.
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=2044546001006
Un sympathique dialogue entre "Raymond Barre et Nathalie Koscinsko-Morizet" datant de 2002. "Ce qui me parait très condamné à l'échec, c'est le parti unique" disait Mr Barre en se référant à l'UMP naissante.
Là dessus, comme sur la question de Papon, il semble qu'il se soit trompé. Comme quoi, il était plus un économiste qu'un stratège politique, et semblait se fiche royalement, aux antipodes des politiciens "people", de ce qu'on pensait de lui.

ETF Bonjour, Raymond Barre probablement parlait de l'échec du parti unique UMP non pas sur le plan éléctoral mais bien plus grave sur le plan des résultats sociaux et économiques, ce qui pour un homme d'Etat est le critère vital. ces résultats depuis 2002 sont consternants, allez je vais être aimable, notoirement "insuffisants". d'ailleurs même sur le plan éléctoral c'est un succès relatif : certes Sarkozy est élu mais son pire ennemi s'appelle François Bayrou, celui qui s'était fait insulter au congrés fondateur de l'UMP car il avait osé dire "si nous pensons tous la même chose c'est que nous ne pensons plus rien", du pur Barrisme. Et Bayrou a un + sur Barre : il est totalement obsédé par la présidence, "qualité" indispensable pour gagner que Barre avait reconnu ne pas avoir au fond des tripes.

si ce monsieur etait vraiment un bon économiste,etait'il aussi un citoyen qui avait du rèspecte pour les institutions de ce pays ?
gérer un pays comme une affaire, est un peu réducteur ?

Difficile de savoir à quoi Raymond Barre faisait allusion en prédisant l’échec de l’UMP, parti unique. Échec moral ? Échec des idées ? Échec démocratique ? En tout cas, pour l’instant, on ne peut pas dire qu’il y ait échec politique. Sans doute la personnalité de Sarko y est-elle pour beaucoup. Quoi qu’il en soit, si Sarko met en oeuvre une politique économique Chiraquienne et que la différence ne se fait que sur la sécurité, l'immigration, et le style, alors Bayrou aura un boulevard à exploiter. A moins, bien entendu, que Stauss-Kahn, ayant bûché un bon coup, ne vienne brûler la politesse à Jeanne d’Arc (ouaf, ouaf!), se positionnant comme un Schroeder, un Blair, voire, un Barre... Auquel cas, la droite politique deviendrait la gauche économique, et vice-versa. C’est une possibilité.

ce sont de bonnes quèstions ETF

Effectivement, la logique économique seule ne peut suffir à gérer un pays. Il faut aussi tenir compte de son indépendance, favoriser son épanouissement culturel.

Il faut donc parfois dépenser de l'argent pour des choses qui ne rapporteront pas mais qui permettront de sauvegarder la culture du pays ou lui permettre un plus grand épanouissement.

Mais c'est comme les gens. On peut manger des pates tous les jours et des omelettes et des sardines, ne pas avoir d'activité de loisirs, ne pas partir en vacances et mettre ainsi tout l'argent épargné sur un Livret A.

Mais on peut aussi se dire qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie et que se payer des vacances pour voyager, aller dans un bon restaurant et bien mangé, pratiquer un sport, c'est bien pour son épanouissment personnel et c'est bien pour sa vie.

Pour un pays c'est pareil !

Et puis il y a aussi les dépenses qui sont couteuses et où on pourrait faire des économies, je pense à l'armée. Mais si on veut rester indépendant et assurer sa propre sécurité alors il faut mettre la main à la poche.

C'est pareil pour les gens ! Avoir un chien de garde c'est chiant, contraignant et couteux. Mais si on veut défendre sa maison alors il faut ça... ou bien investir dans des portes blindés, des fenêtres blindées, des systèmes de vidéo surveillance.
Parfois il faut donc dépenser de l'argent... ce qui plombe les finances. Mais il faut faire des choix et savoir ce qui est le plus urgent ou le plus important...

Ce qui était apprécié chez Raymond Barre (paix à son âme mais je ne le dirai plus...), c'est qu'au fond il croyait aux sciences économiques. Il faut se rappeler que souvent l'"économiste" est vu comme un escroc, une sorte de prêtre à la solde d'une obscure IDEOLOGIE - le comble... - libérale capable de manipuler les chiffres pour prouver des propos convenus à l'avance. Pour être complètement honnête, ils comprennent l'idée qui est derrière l'expression "sciences économiques" mais lui refusent toute légitimité sous le prétexte curieux qu'elle s'affranchirait des autres sciences sociales sans lesquelles elles ne seraient rien. Pour résumer, on refuse l'analyse au nom de la synthèse. Souvenez vous-en la prochaine fois que vous discuterez avec quelqu'un qui plante sur quelques observations simples parceque son logiciel essaye d'appréhender le problème totalement: ce n'est pas nouveau, vous n'avez pas forcément affaire à un idiot mais peut-être à quelqu'un qui se voit comme l'héritier d'Auguste Comte... L'intérêt de ce petit message? Rappeler que l'évidence est une question de point de vue et que l'égarement n'a pas forcément pour origine de faibles capacités intellectuelles. Mais je me trompe peut-être ou alors ... je me trompe sûrement!

Quimboiseur a dit :

"Il faut donc parfois dépenser de l'argent pour des choses qui ne rapporteront pas mais qui permettront de sauvegarder la culture du pays ou lui permettre un plus grand épanouissement."

Vous faites allusion aux milliards engloutis chaque année dans la "culture", avec les résultats aberrants qu'on connaît : films idéologiques déprimants que personne ne va voir, ni en France, ni à l'étranger, pièces de théâtre soporifiques, festivals en berne, salles de musées fermées, châteaux et monuments délabrés, hordes de techniciens payés à ne rien faire, zoos délabrés, journaux subventionnés en faillite, associations bidon gaspillant l'argent public, etc.

Aux USA, les arts ne quasiment pas subventionnés et pourtant, ils sont florissants. Pourquoi ? Parce que les artistes ont appris à se vendre et parce que les Américains ont la culture du mécénat privé, culture quasi-inexistante en France pour des raisons fiscales, culturelles et idéologiques.

"Mais on peut aussi se dire qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie"

Et bien si. L'argent est important. L'argent aide à construire le bonheur. Si les Français disposaient de plus de pouvoir d'achat, au lieu de céder chaque année la majorité de leurs revenus à l'Etat, ils seraient certainement plus heureux et plus optimistes qu'ils ne le sont aujourd'hui.

"...se payer des vacances pour voyager, aller dans un bon restaurant et bien mangé, (...), c'est bien pour son épanouissment personnel et c'est bien pour sa vie."

Mais pour pouvoir s'offrir des vacances et aller au restaurant il faut gagner de l'argent, à moins, évidemment d'être alchimiste et d'avoir trouvé la pierre philosophale :-)

"Et puis il y a aussi les dépenses qui sont couteuses et où on pourrait faire des économies, je pense à l'armée."

L'autre jour, Français Heisbourg, ancien conseiller du Ministre de la Défense de François Mitterrand, déplorait le sous-investissement actuel dans le domaine de la surveillance par satellite des états terroristes comme l'Iran. A force de faire des économies militaires, notamment afin de redistribuer l'argent sous forme de prépendes aux groupes de pression habituels, on compromet irrémédiablement la défense du pays.


Je t'ai répondu sur mon blog, Chouka.

En ce qui concerne Barre, on peut dire intelligent et de bonne foi, il y a 25 ans il avait compris ce qui clochait dans la fiscalité française anti-travail !

Tout ce qu'il disait est encore vrai... 25 ans de perdus !

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