Comment les démocraties finissent.
Tous démocrates ! Cristina Kirchner , Hugo Chavez , Vladimir Poutine . L’important est dans la nuance.
Chavez pensait que le peuple vénézuelien l’aimait vraiment, il n’a donc pas jugé nécessaire de truquer le referendum. C’est un mari cocu .
La même mésaventure survint à Augusto Pinochet en 1989 ; ce dictateur paradoxal, fut renvoyé dans sa caserne par les électeurs chiliens dont il accepta le verdict .
Poutine , lui, moins dupe de sa popularité, n’ a pris aucun risque : celui qui va le cocufier est déjà en prison.
Kirchner est une cynique ; à Buenos Aires , Cordoba ou Rosario, il lui fut impossible de truquer le scrutin ; mais dans les provinces , la machine Péroniste à acheter les voix et bourrer les urnes a tourné à plein rendement. La présidente a donc perdu dans les villes et gagné dans les campagnes : le compte est bon.
Le gouvernement français qui respecte les formes extérieures de la démocratie ,a félicité tout le monde : le Premier ministre est en Argentine , Chavez est notre ami , Sarkozy ( seul à l’Ouest ) a félicité Poutine.
De Gaulle en son temps , avait fixé une ligne diplomatique réaliste dont ses successeurs n’ont jamais dévié : la France ne connaît et reconnaît que les Etats, la forme des gouvernements étant une affaire intérieure à ces Etats.
Bernard Kouchner (et Angela Merkel ) ne partagent pas cette Realpolitik . Mais Kouchner est un ministre discret . Reste à savoir qui aura le plus d’influence sur les cours des choses, entre Merkel et Sarkozy ? Khadafi sera à Paris sous peu ; on lui demandera son avis.
NB : Pardon, Jean-François , d’avoir usurpé le titre d’un de tes ouvrages.





Merci, cher Guy, pour ce billet qui fleure bon son humour pour éviter d'avoir à pleurer...
Je reconnais que ma fierté d'être français en prend un sacré coup depuis quelques jours, avec en plus la coulpe sur le colonialisme, c'est la COUPE qui commence à être pleine, surtout quand la France reçoit un assassin notoire, en la personne de Khadafi, qui n'a rien renié puisqu'il s'est permis de venir en Europe insulter les familles de victimes en faisant l'apologie du terrorisme.
Souhaitons que les autres faces de Sarkozy reprennent vite le dessus...
Rédigé par: PAC | 09 décembre 2007 at 12:30
Chavez : Un mari cocu en vaut deux… On ne l’y reprendra plus (à ne pas truquer les élections), comme l'indique sa hargne post-électorale.
Kouchner est si discret que nul ne le verra au dîner Kadhafi. Grande gueule, ce Kouchner, mais aussi grand homme.
Et vous, cher Guy, on ne vous a pas invité au Ritz où Mouammar se fera faire des risettes par des intellectuels, et des courbettes par des hommes d’affaire? Ces «intellectuels » tricolores, donneurs de leçon et admirateurs de Sarkozy seront donc obligés, renvoi d’ascenseur oblige, d’aller éclairer la lanterne (à pétrole) du Rais sur les subtilités de l’esprit Français… Saladinesque.
Poutine: des amis Russes me parlent d’une possible Tsarification par décret ou par la voie des urnes. Fantasme ou réalité?
Kirchner, je ne connais pas bien, et je me méfie des accusations sans preuve de bourrage d’urnes. La démocratie est un système imparfait, puisqu’il dépend de la sagesse et de l’éducation de l’électorat…
Mais que se passe-t-il au fond? Il se passe que l’Amérique est très fortement affaiblie, politiquement, économiquement, idéologiquement et même militairement. Prise en étau entre les puissances pétrolières ennemies (réels ou potentiels) dopées par un baril à $100, le Venez, l’Iran, la Russie, les puissances économiques montantes et ennemies, la Chine, les détenteurs de la dette (titanesque et structurelle) Américaine, Japon, Chine, pays du Golfe (qui au passage, viennent encore de sauver Citibank de la faillite), et l’interminable bourbier Irakien, l’Amérique ne s’appartient plus. L’Iran a d’ores et déjà cessé d’accepter le dollar comme monnaie d’échange contre le pétrole. D’autres suivront sans doute.
Sans compter le mécontentement et le pessimisme des Américains qui atteint des records, et le fort désir de repli, bien compréhensible et presque inévitable. N’en déplaise aux habituels antiaméricains Français, c’est une situation fort préoccupante pour l’avenir du monde, et des démocraties. Nous entrons en territoire inconnu.
@Pac:
Quelle autre farce de Sarkozy devrait prendre le dessus? Car on a rarement vu tant d’incohérence dans un seul et même personnage, et qui prétend, en plus, être si sûr de son fait.
Rédigé par: ETF | 09 décembre 2007 at 16:02
ETF,pourquoi, parlez vous des USA?
Dans ce pays,n'y a t'il pas plusieurs strates, qui n'ont pas du tout les memes intérets?
la finance qui est me semble t'il est d'on ne sait où:-)?
Le peuple qui resemble comme deux gouttes d'eau aux européens ,au moins pour les travailleurs ?
pour la campagne le problème d'aujourd'hui ,est bien différent de celui des gens des villes qui pour la plupart ne sont pas autonomes quand a leur survie ?:-(
Dépendance a l'égard des employeurs qui délocalisent le plus possible ,spéculation ?
Il y a là, une nuance de taille tout de meme ?
Rédigé par: un chouka | 09 décembre 2007 at 16:21
tsk tsk, le titre exact était "Comment les démocraties finissent".
Rédigé par: Philippe Rollin | 09 décembre 2007 at 18:38
Terminologie.
Pour tenter de gagner du temps à l'avenir, définissons ici :
- le syndrome de Constant : confondre une évolution en cours, significative mais pas nécessairement unilatérale ni capitale, avec un processus majeur et irréversible. La plupart du temps, il s'agit de prendre ses désirs pour des réalités, puisqu'on assimile d'autant plus aisément la mutation dont il est question à une nécessité du temps présent, que l'on est heureux de cette mutation, que l'on cherche à ce qu'elle se poursuive, le plus rapidement et avec autant d'ampleur qu'il est possible. Néanmoins, dans le cas de Constant lui-même, les choses étaient plus complexes, et la définition de ce syndrome par conséquent plus "neutre". Ce syndrome est particulièrement actif aujourd'hui chez les libéraux ou néo-libéraux, au nom du "réalisme", ce pourquoi Constant peut bien lui prêter son nom. A l'époque du marxisme triomphant, cela serait apparu plus paradoxal, même si, in fine, la démarche est à peu près la même, avec l'appui de la "science" en plus pour le marxisme.
- le paradoxe de Tocqueville : plus les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent, plus ils font la même chose. Comme c'est une des grandes énigmes de la société démocratique dont Tocqueville fut l'un des premiers témoins, je lui attribue la paternité de ce paradoxe que l'on trouve aussi chez Baudelaire (l'originalité banale), voire chez Joseph de Maistre. Derrière cette idée se trouve la question "pourquoi le prestige est-il prestigieux", a fortiori dans une société individualiste.
à suivre là :
http://cafeducommerce.blogspot.com/
Rédigé par: Karlito | 09 décembre 2007 at 21:04
Très déçus nous sommes. Sorman Guy être d'accord avec journal Libération. Où va-t-on. Rien n'est plus comme avant à l'époque de ce chef-d'oeuvre du niveau du meilleur Molière, ce monument dela littérature ironique : "Une belle journée en France". Bientôt Sorman serrer la pince de Hollande et danser sur l'Internationale. Nous très désappointés. En attente de meilleures nouvelles.
Le fan club d'Une belle journée en France
Éditorial
Indignité
Sarkozy n’aura jamais à féliciter chaleureusement son ami Kadhafi pour une victoire électorale. En Libye, le Guide de la révolution ne s’embarrasse pas de pareilles formalités. Kadhafi est Guide à vie, les partis politiques sont interdits, et le critiquer est passible de la peine de mort. Commanditaire d’attentats monstrueux, Lockerbie, le vol de l’UTA, Kadhafi a encore défendu le terrorisme ce week-end à Lisbonne. Geôlier pendant neuf ans des infirmières bulgares torturées en prison, Kadhafi est récompensé aujourd’hui d’une longue visite officielle en France. Sans compter, 400 millions de dollars, une centrale nucléaire et quelques autres bricoles.
C’est cet homme que Sarkozy est «très heureux de recevoir à Paris». Comme le dit si bien, Patrick Ollier, président des amitiés franco-libyennes (sic), «il n’y a plus rien à lui reprocher». Sarkozy et les siens expliquent que Kadhafi a changé, qu’il vaut mieux accompagner la mutation de la Libye et que tous les autres pays ont renoué avec Tripoli, supposé en pleine rédemption. Mais la Grande-Bretagne, l’Italie ou les Etats-Unis ont pris des longues cuillères pour pactiser avec Kadhafi. Ils ont évité le ridicule de le recevoir avec toute la pompe de la République. Rien n’oblige la France à marquer pareil empressement et pareille indignité. Quant à l’évolution vers la démocratie de la Jamahiriya, les opposants apprécieront. Que Sarkozy parle par exemple à son nouvel ami de Fathi al-Jahmi, incarcéré sans jugement pour avoir donné une interview critiquant Kadhafi et risquant pour cet outrage la peine de mort.
François Sergent
Rédigé par: Le fan club d'Une belle journée en France | 09 décembre 2007 at 21:22
Il m'arrive , chef , d'être d'accord avec Libération ; il m'arrive même d'y écrire des choses qui ne se publient pas ailleurs, par exemple sur le soutien français à la tyrannie pékinoise. Sur Khadafi, même Bernard Henri Lévy donne de la voie: c'est dire que c'est sans risque.
Rédigé par: guy sorman | 09 décembre 2007 at 23:09
Les démocraties finissent aussi lorsque le politique se confond avec le religieux.
Aux USA, on élit un pape, et pas un président. C'est hallucinant et fondamentalement antinomique aux valeurs séculaires de l'Europe, et à l"essence même de la constitution américaine. Charles Krauthammer, penseur néoconservateur avec lequel je suis rarement d’accord l’a bien compris, qui écrit:
“Postwar Europe has experienced the most precipitous decline in religious belief in the history of the West. Yet Europe is one of the freest precincts on the planet. It is an open, vibrant, tolerant community of more than two dozen disparate nations living in a pan-continental harmony and freedom unseen in all previous European history.”
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/12/13/AR2007121301501.html?hpid=opinionsbox1
Oui à l’Amérique, non aux tartuffes et obscurantistes de tous bords!
Rédigé par: ETF | 14 décembre 2007 at 14:04
Amusant, il y a encore des gens en France qui parlent encore de bourbier irakien...
Comme quoi, la désinformation, ça marche toujours aussi bien. Pas besoin d'un Kadhafi pour cela.
"Aux USA, on élit un pape". N'importe quoi ? A part Bush Jr, les derniers président étaient nettement plus discrets sur la religiosité.
Les démocraties finissent quand elles se confondent avec le religieux. C'est sans doute parce qu'elle n'a plus aucun repère morale (religieux ou autres) que l'Europe (enfin, la vieille) se suicide à petit feu.
Rédigé par: david | 15 décembre 2007 at 18:57
Cristina et non CHristina...
Rédigé par: Gol Nore | 16 décembre 2007 at 12:09
Les « déclinologues » de l'Europe, ces éternels pessimistes et ces ingrats indécrottables me fatiguent. L’union Européenne est une expérience unique dans l’histoire de l’humanité, et il y a de quoi être fier et enthousiaste aujourd’hui d’être Européen. Et ceux qui veulent combattre un obscurantisme en en ravivant un autre méritent qu’on les fasse goûter un peu à leur propre recette. Dans les deux cas, par leur pessimisme et leur nostalgie pour un monde révolu, ils trahissent l’esprit des lumières dont ils bénéficient chaque jour, et ceux qui se sont sacrifiés pour eux.
En ce qui concerne la campagne présidentielle américaine, lisez, informe-vous, et vous comprendrez ce à quoi je fais référence. Idem pour l’Irak. Comme on dit ici, "enough said".
Rédigé par: ETF | 16 décembre 2007 at 13:39