Ma Photo

Actualité

  • Parution le 15 mars 2012

    Actu

    Paru le 2 novembre 2009

    Actu

    Actu

    Traductions

    Actu
    Corée

    Actu

    Corée

    Actu

    Inde

    Actu

    Etats-Unis

    Actu

    Chine

    Actu

    Pologne

    Actu

    Etats-Unis

    Actu

    Argentine

    Actu

    Corée

    Actu

    Espagne

    Actu

    Portugal

    ----------

    Actu

    Actu

    Actu

« La Chine tient l'Amérique qui tient la Chine | Accueil | Comment la Chine progresse »

Commentaires

"La crise financière est toujours aussi violente et la fin n'est pas en vue, ce qui ne manque pas de nous causer des soucis", a déclaré mercredi 17 septembre Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe après l'annonce du sauvetage d'AIG.

"Le pire de la crise financière est peut-être encore à venir, et d'autres grands noms de la finance pourraient se retrouver prochainement dans une situation difficile", a renchéri Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Dominique Strauss-Kahn a confirmé la prévision de l'institution, disant que la crise financière coûterait 1.000 milliards de dollars. Les Etats-Unis ont pour leur part déjà déboursé 900 milliards de dollars cette année en mesures de sauvetage.

http://today.reuters.fr/news/NewsArticle.aspx?type=topNews&storyID=2008-09-17T112905Z_01_MAL741209_RTRIDST_0_OFRTP-MARCHES-FINANCES-20080917.XML

BA, vous êtes un odieux pessimiste. Puisqu'on vous dit que tout va bien. Toute cette crise n'est d'ailleurs que l'illustration de la "rage de l'innovation" américaine, appliquée au domaine de la finance. De quoi vous plaignez-vous donc? Tiens, à propos d’innovation, la FED emprunte ce matin. Quelqu'un a quelques deniers à prêter? Y-a-t-il un Chinois dans la salle?
"The Treasury will sell more debt to enable the Federal Reserve to expand its balance sheet, a sign of the strains created by the biggest extension of central-bank credit to financial companies since the Great Depression."
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aF1B.T6IoiW8&refer=home

Bon, bon, d'accord, j'arrête d'être pessimiste, tout va très bien, l'économie américaine est en pleine résilience, tout va très bien, madame la marquise, Christine Lagarde est grande, et Guy Sorman est son prophète.

Il a raison l'ami Bibi33: c'est de la faute à l'état. Les Credit Default Swaps aussi, et moi je suis le pape.

@ sakuragikan

En tant qu'auteur de l'article posté par Bibi 33, quelques précisions: l'article n'est pas exhaustif, parce que l'on pourrait écrire un livre sur la question. Lorsque tout ceci sera derrière nous, des analyses académiques à froid révéleront encore d'autres mécanismes.

la création Fannie Mae est elle même la fille de la crise de 29 (autre crise très liée à l'intervention de l'état US, mais là, ce n'est plus un livre, mais une anthologie qu'il faut écrire), et des régulations bancaires votées en 1933 sous le nom de Glass steagall act. Ces réglementations ont eu pour effet, en pleine crise, de casser la dynamique de certains type de banques, et notamment des caisses d'épargne, qui ne pouvaient plus jouer leur rôle traditionnel de financier du crédit immobilier. A problème étatique, solution étatique: fannie mae.

L'avidité du genre humain existe quelque soit le système. Dans Freakonomics, levitt et dubner citent de très intéressants travaux sur la propension des humains à devenir des prédateurs plutôt que des producteurs. Le tout est de trouver un système ou le prédateur ne peux utiliser sa connexion avec l'état, détenteur de l'arme du droit, pour pratiquer sa prédation en toute légalité. Les dirigeants de Fannie Mae et Freddie Mac se sont versés jusqu'à 70M de dollars de rémunération par an, et n'étaient pas engagés personnellement sur les risques qu'ils faisaient courir à leur boite (pas actionnaires). Avec la complicité de l'état, ils ont pu tranquillement s'engraisser sur le dos de leur actionnariat qui aujourd'hui a tout perdu. Sans le parapluie de l'état, qui lui permettait de prendre plus de risques sans révéler l'étendue du risque, ce comportement de prédateur eut été plus difficile à mettre en oeuvre, du moins sur la durée.

Dernière chose oubliée par l'article (on s'aperçoit qu'on oublie des trucs toujours "après". Comme dans la finance !): l'état a permis de constituer un duopole détenant une part essentielle du refinancement hypothécaire. Sans son intervention, il est probable (pas certain, ce n'est pas facile de prévoir avec certitude "ce qui se serait passé si...") que ce marché serait réparti dans les mains d'un plus grand nombre d'acteurs, dont aucun ne pèserait aussi lourd. Bien sur, une faillite individuelle serait possible, mais aucune ne serait assez importante pour qu'elle ne fasse peser un risque majeur sur le système tout entier.

Un des points sur lequel je suis totalement sec est la totale incapacité des agences de notation à détecter le problème. Tout lien sur le sujet est bienvenu.

@ Vincent : merci pour ces éclaircissements.
Sur les agences de notations, vous pensez à quel problème?

Entendu ce soir sur France Info : Georges Soros et sa théorie des "bulles", qui invitent à plus de régulation.

Mais non!

Nous qui fréquentons ce blog depuis asses longtemps le savons :
-La crise financière : c'est l'étatisme.
-Les problèmes économiques, la pauvreté : l'étatisme.
-La faim dans le monde : l'étatisme.
-Le mal absolu : l'étatisme.

On ne pourra vraiment juger de la résilience de l'économie américaine que lorsque la crise sera parvenue à son terme, ce qui est loin d'être le cas.
Pour le moment, on ne peut que constater que les leviers de la croissance sont tous en panne, la consommation, les services financiers, l'immobilier, l'industrie automobile. Il est probable que les exportations vont souffrir du ralentissement mondial et du regain du dollar.
Le chômage augmente et même ceux qui ne souffrent pas trop de la conjoncture se mettent à épargner.
Je vous propose d'en reparler dans un an....

De même que Sarko veut redéfinir la croissance afin de dissimuler la réalité, les autorités US veulent maintenant redéfinir les règles comptables, afin de dissimuler le désastre financier. Je ne sais pas si l'économie ment ou pas, mais elle ressemble parfois à une vaste farce (de dindes) où l'on accommode la réalité à la sauce prestidigitation, sans que personne y trouve à redire... jusqu'à la prochaine débâcle.
Abracadabra,
Règles comptables,
Tu changeras,
Et sous un nouveau jour,
La banque paraîtra...
"With little notice, regulators at four agencies that oversee the nation’s banks and savings associations on Monday and Tuesday proposed a significant change in accounting rules to bolster banks and encourage widespread industry consolidation by making them more attractive to prospective purchasers. The regulators and the administration have decided to resort to further loosening of the accounting rules to try to get the industry through problems that some experts have attributed in large part to years of deregulation."
http://www.nytimes.com/2008/09/18/business/18regulate.html?hp

On assiste à la répétition banale d'une bulle : excés de confiance en l'innovation , création de dérivés qui financeraient tous les besoins , sans limite , explosion de la bulle . Cela s'appelle la création destructrice , moteur de l'économie capitaliste . Inutile de chercher des complots ou des coupables . Le modéle a été décrit par José Scheinkman

Ah bon ? Ce n'est que la répétition banale d'une bulle ?

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Ma jument gris' morte aujourd'hui !
Expliquez-moi
Valet fidèle,
Comment cela s'est-il produit ,

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Valet modèle,
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.

Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A pein' fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pell'
Qu'il renversa tout's les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !

Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

C'est marrant cette petite ironie ridicule... Les Gatien, ETF et autres BA font dans la petite ironie a deux francs cinquante... Des gens leurs presentent des arguments, ils repondent par du persiflage...
Pas tres interessant.

Le 12 septembre 2008, avec la clairvoyance qui le caractérise ( ! ), Guy Sorman intitule sa chronique :

" Résilience de l'économie américaine "

Comment voulez-vous ne pas être ironique ?

Cher GS,
Faites nous encore rire avec votre optimisme...Please...

Sous la plume de notre cher GS, l'économie se morphe en une créature à part, un univers qui irait de Big Bang en Big Crunch, de création en destruction (créatrice), indépendant des pauvres créatures humaines, ce qui exonère ces dernières de toute responsabilité, un univers sans âme sur laquelle on ne peut porter aucun jugement moral. Pas besoin, donc, de chercher des responsables à la crise actuelle, puisqu'elle n'est que dans l'ordre naturel des choses.
Ce déterminisme économique, que tel un démiurge juché sur son trône (je lui répète à l’envie qu’il a pris trop d’altitude), notre ami GS observe avec un détachement blasé, mû par les lois objectives de la physique capitaliste et financière, nous donne donc nécessairement le meilleur des mondes. D’où le « tout va très bien ».
Je propose donc que tout le petit peuple humanoÏde, de Wall Street à la Fed, du congrès aux masses investies et/ou laborieuses, cesse sur la champs de courir en tous sens, d’injections de Milliards, en nationalisations, et laisse l’économie « se faire » sans eux. Nous verrons alors si nous sommes dans un modèle causal top-down ou bottom-up.
En attendant, glorifions, avec l'ami GS, au lieu de les condamner, nos amis de la finance, qui ont trouvé la poule aux œufs d’or: maximum profits, minimum accountability.

Si on met à part les ironies faciles, il semble se dégager de certaines interventions que la régulation de l'état existait mais qu'elle a été d'une part incapable de voir les dérapages (comme pour notre crédit lyonnais, mais en pire), mais aussi parfois que la "proximité" entre régulateur et dirigeants d'entreprise à favorisé des comportements irresponsables, voire malhonnêtes (tiens, comme pour le crédit lyonnais, mais en plus grand).

L'économie s'est profondément transformée depuis les années 80: mondialisation, besoins de financement accrus et donc financiarisation nécessaire.

Or les instruments de régulation institutionnels ont pour la plupart été conçus au plus fort de l'état interventionniste qui prédominait un peu partout dans les années d'après guerre (reconstruction, plans marshall, etc...)

On peut se demander si simplement ces instruments de régulation n'ont pas "pris du retard" sur l'économie (l'état tend à se transformer moins vite quel es entreprises). La réponse ne serait donc pas forcément "plus de régulation", mais "rénovation de la régulation".

Ok, une fois dit ça, on n'est pas plus avancé.

@ Franck Boizard

***François,

Vous ne pouvez pas me reprocher de découvrir «soviétique» et «communiste» comme insultes !

Ca fait un certain temps que je suis constant dans ce domaine.***

Dont acte.
Mais bien au-delà de votre personne je parlais d'une mode, et d'une injure dernier cri consistant à traiter ses contradicteurs non de soviétiques, mais de quasi tels, ce qui est excellent pour l'élasticité du concept sinon pour sa rigueur et sa clarté.

Klopinambour a raison : les régulateurs étaient hors jeu , mais c'est vrai de toute régulation. Le pb actuel est l'excés de réaction , quitte chez certains à oublier tout ce que l'on sait sur l'économie

Quel excès de réaction?
Aux Credit Default Swap qui ne sont sécurisée par aucunes réelles ressources financières?
Au leveraging des institutions financières à 30 contre 1 et plus?
Aux milliards investis en subprime mortgages?
A l'arnaque qu'a constitué la revente entre banques de ces subprime?
Au fait que les rating agencies n'ont pas fait leur boulot?
Tout ceci, c'est de l'économie réelle, et la réaction est parfaitement justifiée. Par ailleurs, la confiance fait autant partie de "ce qu'on sait sur l'économie" que telle ou telle équation. Le problème n'est donc pas dans "l'excès de réaction", explication facile qui tend à exonérer les mécanismes et les hommes qui ont mené à la débâcle, mais dans la cause économique, financières et humaines, bien réelles et concrètes, de cette réaction.

Et Sigismund aussi:

tp://sigismund1982.sosblog.fr/

http://sigismund1982.sosblog.fr/

@ Vincent.
Pour les agences de notation, voici quelques éléments de réflexion.
1. Leur légitimité et leur modèle sont basés sur l'âge et la taille. Dans leur cas, mieux vaut être vieux et gros pour faire du business et attirer des clients. Voir la difficulté de Fitch pour devenir légitime et réussir à prendre des parts de marchés à Standard et Moodys.
2. L'ambiguïté de la relation clientèle. Ils doivent noter leur client, mais aussi les garder s'ils veulent vivre, donc difficile d'être impartial dans les notations quand il y a des enjeux commerciaux importants derrière.
Quelle type d'organisation proposer alors? Qu'elles deviennent publiques? Il sera dur après d'attirer les meilleurs éléments avec des salaires ne pouvant s'aligner sur les banques d'investissement.
3. Dans le cadre de la crise du crédit, les données historiques disponibles pour mettre en place leurs modèles de notation étaient trop courtes (quelques années au plus). Cela ne leur a pas permis d'intégrer des chocs de marchés violents. Leurs modèles, basés sur de la probabilité discontinue, ont montrés leur inefficacité à évaluer correctement un actif de crédit lorsque le marché décale fortement.

Petit rappel des épisodes précédents.
Dans son dernier livre, Guy Norman nous explique :
"L’économie n’est plus une opinion, c’est une science. Les percées théoriques et leur application politique ont, depuis trente ans, transformé la condition humaine : le monde est entré dans une phase de développement sans précédent. Il n’existe plus désormais qu’un seul système économique : le marché mondialisé. Fondé sur l’innovation incessante et l’esprit d’entreprise, ce système est progressiste et imparfait : il exige des critiques, à condition qu’elles soient scientifiques, et des corrections politiques, à condition qu’elles ne détruisent pas le système lui-même.
Cette économie moderne n’est pas à l’abri des fluctuations, mais le temps des grandes crises semble passé : les nations qui appliquent les enseignements de la science économique connaissent la croissance la plus forte, les mauvais élèves payent par leur stagnation."

Amusant de voir que là où la plupart des économistes américains - même les plus ultra-libéraux - ont rendu les armes (ou alors le financial times a été pris en otage par des bolcheviks...), nos chers économistes néocons français ne semblent pas encore prêt à s'avouer vaincus... Faut dire que, quand on a vécu 30 ans de lutte des classes "à la française", on lâche prise moins facilement !
A propos, puisque monsieur Sorman parle "trend" dans son dernier post, il faut aller voir le rapport du FMI "Spillovers and Cycles in the Global Economy" (Avril 2007). Sur la période 99-08, la croissance de la zone Euro : 1.8, et les Etats-Unis ? ... 1.8 !

à mon contradicteur éclairé :
Trend de croissance : le chiffre du FMI inclut les nouveaux pays européesn , comme Pologne ou Pays Baltes , en phase de rattrapage et par ailleurs trés libéraux - ce qui explique une moyenne identique à celle des Etats Unis . Il n'empêche que pour la période , le revenu par habitant est resté aux US , 20% supérieur à celui de l'Europe .
Par ailleurs ,je n'ai jamais nié les cycles qui sont à peu prés toujours liés à l'innovation , à la hausse comme à la baisse . Rien de plus tentant et périlleux , en période de retournement , quand une innovation est épuisée ou a été surestimée ( les dérivés ) que de jeter à la mer toutes les connaissances accumulées et de chercher des boucs émissaires ( ce que fait McCain ces jours-ci).
A terme , les dérivés s'avéreront une innovation utile pour soutenir la croissance . Comme internet aprés la bulle des années 2000. Entre temps , la moitié des 9000 banques américaines auront disparu

Mais la bulle internet était compréhensible, tout le monde s'est un peu "excitée" sur de noiuvelles technologies, encore mal maitrisées...
Mais la banque et l'assurance, cela fait 300 ans que ca existe !!
C'est cela qui surprends le plus.

Economie mondiale: la philosophie de l'apocalypse
http://www.alterinfo.net/Economie-mondiale-la-philosophie-de-l-apocalypse_a23968.html?PHPSESSID=000fb9d2b0b343be7b3d5e9218340699

***Il n'empêche que pour la période , le revenu par habitant est resté aux US , 20% supérieur à celui de l'Europe .***

Sans doute, mais voyez comme les choses se retournent :

-avant 1914, les Etats-Unis sont en "phase de rattrapage";

-au XXème siècle, leurs performances économiques sont inséparables de leur montée en puissance politique.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=10264
Un superbe article de James Petras sur La décomposition de l'Empire américain Maître de la défaite.

Cette fois on peut parler d’un basculement historique. Jusqu’à la semaine dernière, le monde traversait une grave crise financière. Depuis, c’est devenu un ouragan sans précédent, centré sur le coeur de la planète finance : Wall Street.

Quand deux grandes banques d’affaires centenaires disparaissent en vingt-quatre heures, quand l’administration américaine sauve le premier assureur américain au bord du gouffre, quand le Trésor en vient pratiquement à recapitaliser la Réserve fédérale, quand monte à Washington l’idée d’une « bad bank » pour héberger 1.000 milliards de dollars de produits pourris, c’est tout un système financier qui s’effondre.

Nous sommes aujourd’hui dans la poussière de cet incroyable effondrement. Il faudra sans doute des années pour en sortir, des années aussi pour comprendre les ressorts de cet inimaginable scénario - même si certains criaient déjà au casse-cou depuis longtemps, comme le spéculateur milliardaire George Soros. Difficile donc de tirer les leçons d’une crise pareille. Mais se dégagent déjà deux enseignements majeurs.

1- D’abord, les règles de la finance devront changer. Depuis des mois, des bataillons d’experts expliquaient doctement qu’une réglementation financière alourdie constituerait un frein intolérable à la croissance. Ce point de vue n’est plus défendable. Le marché laissé à lui-même a détruit trop de valeur. Les autorités ne peuvent plus se contenter de jouer les pompiers dans un monde où des inconscients manient des allumettes et des bâtons de dynamite (même si les allumettes et les bâtons de dynamite ont toute leur utilité). Il faudra inventer de nouvelles formes de régulations pour contenir les excès, pour développer la transparence, pour responsabiliser les décideurs. Ces nouvelles règles pourraient être privées. Il suffit d’un peu d’imagination et surtout de volonté : en théorie, rien n’empêche, par exemple, aux financiers de s’engager collectivement à refuser d’embaucher ou de travailler avec un dirigeant d’un établissement failli s’il n’a pas donné 90 % de son patrimoine à une institution caritative. Ces nouvelles règles devront aussi être publiques. Car, au bout du compte, c’est le contribuable qui paie les pots cassés. Au-delà, les rôles respectifs du marché et de l’Etat devront être repensés.

2- Ensuite, la domination financière des Etats-Unis est remise en question pour la première fois depuis près d’un siècle. La crise a été fabriquée à Wall Street. Les plus prestigieuses institutions privées du pays sont sur la sellette. Les meilleurs banquiers du monde ont fabriqué la pire crise de l’histoire. La capacité de l’Etat américain à rembourser ses dettes n’est plus considérée comme une certitude gravée dans le marbre. Pis encore pour le crédit du pays : dans le monde entier, des investisseurs se retrouvent avec des milliards et des milliards de dollars de titres américains qui ont perdu l’essentiel de leur valeur en quelques jours.

Le coeur du monde financier vacille, se détraque, comme avaient vacillé naguère Londres, Amsterdam, Venise. En géopolitique, le XXIème siècle a commencé le 11 septembre 2001. En finance, il aura sans doute débuté en cette semaine de septembre 2008.

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4774289-septembre-2008-le-basculement.htm

BA, vous n'avez rien compris: ces nationalisations à la chaîne, il s'agit, comme Pauline, du nouveau visage de la "révolution conservatrice triomphante" si chère à notre hôte.
En France, quand on nationalise, l'état (et le contribuable) se retrouve propritétaire aussi bien des actifs que des passifs. Ici, aux US, on refourgue les dettes à l'état (au contribuable), et on laisse les actifs aux actionnaires et aux banquiers, pour que ceux-ci continuent à s'enrichir sans égards pour leurs indélicatesses passées.` C'est pas grave, ça s'appelle la création destructrice. Circulez chers contribuables (dont je suis), y'a rien à voir.
Avec le déclenchement frauduleux de la guerre d'Irak, les USA avaient déjà perdu toute autorité morale en matière de droit international. Là, c'est en matière de modèle économique et de probité financière. Tout fout l'camp, ma bonne dame.
Heureusement que Sainte Pauline d'Alska va remettre de l'ordre dans dout ça!

A propos de cete phrase : " Ces nouvelles règles devront aussi être publiques. Car, au bout du compte, c’est le contribuable qui paie les pots cassés."

ETF, mais alors, tous ces partisans du libéralisme économique vont accepter ces centaines de milliards d'aides publiques ?

Non, ils ne vont pas oser ?

Tous ces partisans du libéralisme économique nous répètent depuis des décennies que les pauvres CONtribuables sont pressurés, et patati, et patata. Donc tous ces partisans du libéralisme économique vont mettre leurs actes en conformité avec leurs discours, non ?

Je pense qu'ils vont refuser toutes ces aides publiques car ce ne sont pas des tartuffes.

@ BA,

Il y a souvant une différence entre les libéraux tel Sorman,Gary becker etc...et les dirigeants politiques.
Relisés Hayek,Freidmann.Quand des libéraux ou qui se nomment en tant que tel gouvernent,une part de leurs idéaux s'évaporent.Seul Tatcher,voir Reagan furent les plus fidéles comme libéraux.

D.J

Le jour où les USA, écrasés par ces nouvelles nationalisations de la dette banquière (en plus de tous les déficits existants) cesseront de rembourser leur dette publique, comme le fît l'Argentine en son temps, GS nous dira: c'est pas grave, tout ceci n'est que de la destruction créatrice. Champagne! Comme il le dit aujourd’hui, bien que le contribuable américain, éternel dindon de la farce, se retrouve obligé de payer l’addition des folies de ces messieurs de la place. Sera-t-il demandé à ces derniers de rendre leurs deniers acquis au long de ces années de fraudulence? Que néni! Leur retraîte est d'ores et déjà assurée, même s'il faudra temporairement, ça et là, alléger son train de vie. Car chez ces gens là, Monsieur (eut dit l'ami Brel), bien mal acquis profite toujours: telle est la morale de l’histoire. Mais la morale, notre tôlier, il s’en fout! Sauf quand il s’agit de la Chine. Champagne!

La crise est une panne systémique de la titrisation dont les subprimes sont un sous produit . Il y a eu erreur sur l'appréciation du risque des dérivés dans le monde entier en raison de modéles mathématiques erronées . Mais , il est plus simple de désigner des coupables et de les pendre : une réaction populiste banale

"Il y a eu erreur sur l'appréciation du risque des dérivés dans le monde entier en raison de modèles mathématiques erronées".
Gasp! C'est maintenant la faute des modèles! Alors que tout le monde sait pertinemment et depuis des années que le château de cartes finirait par s'écrouler! So far, c'est la meilleure de l'année.
Pendons les modèles! Pendons les modèles!
Vous illustrez précisément ce que j'écrivais l'autre jour. « Maximum profit, minimum accountability ». La morale et la justice, on s'en tappe.
Ca me rappelle un peu certaines lignes de défense lors des procès sur le nazisme. « Ce n'est pas les nazis qui furent responsables. Ils ne furent que les victimes du système ».
Il est beau, le libéralisme!

Quelques données utiles pour recadrer le débat:
- Lehman's CEO made $354 million in the past five years.
- Freddie Mac's CEO made $14 million since 2003 and receives a $17 million termination package.
- Fannie Mae's CEO made $12.4 million since 2004 and gets a $9.3 million termination package.
(et ce ne sont que quelques exemples au sommet du château de cartes).
- So far, the federal government's tab for propping up Fannie Mae, Freddie Mac, and American International Group is $400 billion. Add the new loan relief entity, plus a smattering of other recent initiatives, and the jumping-off point could be near $1 trillion. - Auxquels il faudra, bien entendu, rajouter les intérets de cette nouvelle dette.
Et voilà le travail! Mais de quoi se plaint le contribuable?!

Voyons, voyons...
Notre nouvelle dette d' 1 billiard (trillion) - (il faudra réviser en fonction de la valeur réelle des assets, plus les intérets), divisé par 305 Millions d'habitants, nous donne (si mes modèles sont bons)... $3278 par personne, soit une dette additionnelle de $13114 pour ma petite famille de 4.
Si l'on ajoute ce chiffre à notre part de dette publique pré-débâcle Wall Streetienne, qui était de $122660, cela nous fait donc... $135774 de dette publique (sans compter de nos dettes personnelles).
Un seul mot me vient à l'esprit: CHAMPAGNE!!!!

Vous savez, ETF, je ne suis qu'un membre des classes moyennes. Je ne suis qu'un pauvre CONtribuable.

Je propose donc que nous fêtions le renflouement de nos amis les banquiers en buvant quelques bières. Le Champagne, ça devient trop cher pour moi.

Pour vous détendre un peu - et avant que les bulles ne vous montent à la tête - je veux rassurer les contribuables de l'oncle Sam avec cette nouvelle rafraîchissante qui nous vient d'Allemagne:

http://www.latribune.fr/info/La-banque-publique-allemande-KfW-a-vire-300-millions-d-euros-par-erreur-a-Lehman-Brothers-~-ID11C5D102DF2ED9E5C12574C80036CBAB-$Channel=Entreprises%20&%20secteurs-$SubChannel=Finance

Bon fouttage de gueule...

Le contribuable américain ? Il paye pour sa propriété . En France , le choix politique est celui de la location . L' Etat aide les HLM et verse des allocations aux locataires . Aux US , le choix est clui de la propriété : l'acquisition est subventionnée par l'Etat , déduction fiscale, crédit hypothécaire garanti par l'Etat, etc..Les subprimes , rendues possibles par les dérivés ( en gros , on fait un mix de bons et mauvais prêts revendus à un tiers ) ont contribué à cette accession à la propriété. En fait , le contribuable américain sous -paye sa propriété ; le systéme tourne aussi longtemps que les prix immobiliers montent . Quand ils baissent , l'Etat fait payer aux contribuables , la somme qui lui avait été avancée. Au total , on ne peut juger de la pagaille présente qu'en gardant à l'esprit le type de société qui est derriére. Vaut-il mieux , étre Français et locataire ou Américain et propriétaire ?

Intéressant, but...
D’une part, il ne s'agit pas seulement d'une crise des subprimes. Les Credit Default Swaps sans aucune contrepartie réelle et le leveraging insolent pratiqué par les institutions financières, si elles permettent d'augmenter les commissions sur transactions de manière spectaculaire, et donc les bénéfices à court terme, les commissions et salaires de ces Messieurs-dames, sont des facteurs qui rendent l'ensemble de l'édifice extrêmement vulnérable. Et cela, le contribuable n'y est pour rien.
D’autre part, les offres de crédit immobilier toujours plus alambiquées, et sans rapport avec les possibilités de paiement de l'emprunteur ne rendent en rien service à ce dernier. Elles permettent simplement au broker et au détenteur du Crédit (qui le refourguera bien vite à une banque ou autre) d’empocher une jolie commission au passage. L’Américain devient propriétaire, ce n’est pas nouveau. Et cela était vrai bien avant cette crise. Beaucoup d’Américains, notamment les moins fortunés, sont peu éduqués, et tous les américains aiment vivre à crédit, consommer tout de suite, et vivre au dessus de leurs moyens, ça on peut le leur reprocher directement. C’est leur part de responsabilité. Qui ne justifie nullement ce qui leur est imposé collectivement aujourd’hui. Car où est la valeur de leur maison aujourd'hui, et en quoi les milliards empochés par ces Messieurs d'en haut (pour reprendre le paradigme bien Français), et bien à l'abri, eux, leurs seront-ils du moindre secours?
Quant aux déductions fiscales, c’est une bonne mesure qui ne contribue en rien à l’écroulement du système. Ne mélangeons pas tout. Le choix n’est évidemment pas: “HLM ou Subprime ». Encore une pirouette Sormanienne. Du grand art!

57 % des Français sont propriétaires.

http://www.micimmo.com/dossiers/analyses/les-francais-et-leur-logement/rationnel-et-irrationnel-dans-l-achat-d-une-maison-370.html

67 % des Américains sont propriétaires.

http://www.statcan.ca/francais/freepub/75-001-XIF/2007109/articles/10351-fr.htm

Merci Guy de maintenir un peu de sens des proportions et de distance dans ce délire de clichés anti-américains.

Vous posez l'ultime question qui vaille : vaut-il mieux être Américain ou Français ?

La réponse est complexe, mais l'étude des flux migratoires permet de répondre que vivre aux USA ne doit pas si terrible que certains le disent.

Combien de Français propriétaires ? Le chiffre de 47% contre 57 aux US est trompeur car il inclut dans le cas de la France , les résidences secondaires , nombreuses, notre héritage paysan .

Merci Boizard, pour votre contribution au débat. Allez au moins regarder les chiffres sur le taux d'endettement (y compris les cash-out sur l'immobilier), le niveau d'éducation et le reste. Après on discutera ce qui est, ou non, un cliché. Et la question n'est pas de choisir entre le Cambodge ou les USA.
Pour continuer sur le fond, vos chiffres sont inexacts, cher GS.
"58% des ménages sont propriétaires de leur résidence principale en France contre 68,9% en moyenne en Europe".
http://www.mon-projet-immobilier.fr/2007/10/25/construction-logements-neufs-maison-individuelle-taux-de-proprietaires-des-chiffres-pour-savoir-apprehender-l%E2%80%99achat-d%E2%80%99un-bien/
Même si la France peut mieux faire, point de résidence secondaire, ni de ferme de Grand oncle dans ces statistiques.
Notons que la moyenne Européenne et supérieure à l'américaine, sans qu'il y ait de crise des subprimes venant d'Europe.
CQFD.
Propriétariat ou Subprime débâcle? Fausse dichotomie.
Next argument?

ETF: Vous ecrivez: "Le jour où les USA, écrasés par ces nouvelles nationalisations de la dette banquière (en plus de tous les déficits existants) cesseront de rembourser leur dette publique, comme le fît l'Argentine en son temps"

Vous n'etes pas serieux n'est ce pas???
Vous n'etes tout de meme pas sans savoir que quand l'Argentine a fait defaut fin 2001, le service de sa dette avait depasse les 50% de son budget, ce qui etait evidemment intenable... Vous savez bien aussi tout de meme que le service de la dette des US depasse a peine les 9% de son budget... Cela n'a donc bien sur rien a voir. La France par contre, avec son service de la dette autour des 20% voire plus de son budget est dans une situation toute autre... Bien plus proche de l'Argentine que les USA...
Je ne parle meme pas du fait que les USA sont endettes dans leur propre devise (qu'ils peuvent donc imprimer a l'envie avant de faire defaut...) ce qui n'etait pas le cas de l'Argentine...

Essayons d'etre serieux sur les arguments SVP....

ETF: Vous ecrivez "Les Credit Default Swaps sans aucune contrepartie réelle ".
Qu'est-ce que vous voulez dire exactement?

ETF: Vous ecrivez: "Notre nouvelle dette d' 1 billiard (trillion) - (il faudra réviser en fonction de la valeur réelle des assets, plus les intérets)"

A combien vous evaluez la revision? Le billiard ou trillion passerait a combien?

Cher dollars, descendez de votre cheval (qui est plus haut que le mien, c'est dérangeant) et ne changeons pas de sujet. Nous avons déjà débattu sur ce point hors antenne, où je vous ai fourni les arguments nécessaires.
Je vous renverrai juste à cet article de "The Economist" (pas vraiment un brûlot Bolchevique), publié au moins de Juillet, donc avant même la débâcle, qui se conclut ainsi:
"Perhaps it is no surprise that traders in the credit-default swaps market have recently made bets on the unthinkable: that America may default on its debt."
http://www.economist.com/finance/displaystory.cfm?story_id=11751139

"ETF: Vous ecrivez "Les Credit Default Swaps sans aucune contrepartie réelle".
Qu'est-ce que vous voulez dire exactement?"
"AIG had issued credit-default swaps covering more than $440 billion in bonds— far more than it could afford to cover". Si c'est pas clair, lisez:
http://www.cfo.com/article.cfm/12280060/c_12260108?f=home_todayinfinance

Pour ce qui, du 1 trillion, va retomber sur les épaules du contribuable, on saura ça quand tout le monde pensera autre chose. Mais ce sera une bonne partie et plus, car ces assets doivent être bien pourris. Sinon toute cette crise n'aurait même pas eu lieu.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.