Ceux qui espèrent en la crise finale du capitalisme vont, de nouveau, être déçus. La crise dans le capitalisme n’est pas niable, c’est la troisième récession en un siècle, mais elle n’est pas une crise du capitalisme. Au rebours des années 30, et des années 70, les critiques – toute critique est légitime – ne proposent pas de système alternatif : le fascisme des années 30 et le social-étatisme des années 70 ne sont plus des choix crédibles. Il est chez les économistes, à peu près entendu, que le capitalisme est aussi imparfait que les sociétés humaines elles-même, mais qu’il a tout de même extrait l’humanité -presque toute entière-, hors de la misère, et ceci dans toutes les civilisations. Il reste à réparer le système, ce qui ne sera pas simple et exige au préalable une juste compréhension de ce qui doit être réparé. Les économistes et les gouvernements qui plus ou moins les écoutent sont en fait ,confrontés à deux crises distinctes, l’une est banale, l’autre est révolutionnaire. La première exigence, souvent éprouvée dans le passé, exige de rendre la transition humainement tolérable entre des activités surannées et des métiers futurs que l’on ne connaît pas encore. Ce processus dit de « destruction créative » – abandonner l’ancien pour passer au nouveau – est le moteur du capitalisme : à un certain degré, il exige une collectivisation des risques, c’est-à-dire une prise en charge des dégâts par l’Etat. Tel fut le scénario suivi dans tous les pays industrialisés dans les années 1970, lorsque les charbonnages, la sidérurgie, le textile, partirent vers des lieux d’exploitation plus profitables, l’Asie et l’Amérique latine, en particulier : les Etats surent gérer cette transition, ce qui sauva le capitalisme en le rendant économiquement plus profitable et socialement plus acceptable. Ce scénario-là se répète en ce moment , à l’identique aux Etats-Unis dans l’industrie automobile et, en partie, dans le secteur bancaire. Sans doute, la construction automobile est-elle à terme condamnée en Amérique du Nord , en Europe aussi peut-être ; et le secteur financier est certainement surdimensionné , partout , par rapport aux besoins de l’économie réelle. Les gouvernements nord-américains et européens s’emploient donc à anesthésier sans trop de douleur un monde ancien pour accoucher d’un monde nouveau : cette transition , dit Barack Obama, n’est pas une nationalisation et il faut sur ce sujet , le croire sur parole . Et l’art des patrons capitalistes, peaufiné au cours des siècles, consiste à mutualiser leurs pertes : rien de très nouveau à ce seuil. Plus complexe est la crise financière. Il se trouve, et c’est la cause de la crise, que le marché financier est devenu un objet, quelque peu monstrueux, distinct de l’économie réelle. On sait relativement comment fonctionne l’économie réelle : elle obéit à des modèles relativement prévisibles selon des lois que les économistes et les gouvernements maîtrisent à peu près. Mais le marché financier obéit à ses propres lois que nul ne connaît vraiment ni ne maîtrise : ainsi, les cours de la bourse ne montent-ils ni ne descendent en fonction des résultats des entreprises côtées , mais en fonction de la stratégie financière des investisseurs. Le choix des investisseurs agit sur les prix qui agissent sur les stratégies d’investissement : la boucle est autonome. Cette déconnection entre économie réelle et finance virtuelle n’est pas constante : les deux sont conduits tôt ou tard à coïncider, mais on ne sait pas quand ? Cela peut prendre dix ans . Toutes les tentatives de modéliser le comportement du capitalisme financier ont jusqu’ici échoué, en particulier les grands écarts du type présent. La loi de la finance est le « Hasard sauvage » ( Benoît Mandelbrot ). Pourrait-on se passer du capitalisme financier pour se recentrer sur le capitalisme réel ? Non car il n’est pas d’innovation réelle sans finance virtuelle. Par ailleurs, l’énorme croissance mondiale depuis 25 ans, dont le quasi monde entier a bénéficié, a été rendue possible par des innovations financières, aujourd’hui sulfureuses mais hier bénéficiaires, comme la titrisation du crédit hypothécaire. C’est donc l’excès de la finance qui est périlleux mais peut-on le réglementer ? Tel est le cri du jour. On oublie que ce marché financier était déjà très réglementé avant la crise boursière : ces règles se sont avérées contre-productives et appliquées par des régulateurs incompétents . La réglementation a accéléré la crise, obligeant par exemple, les banques à vendre leurs actions ce qui a fait s’effondrer les cours. Une bonne réglementation qui encadrerait la déconnection de la finance et de l’économie dans des limites raisonnables (un Hasard sage) est la chimère du moment. Cette réglementation suppose une connaissance des flux mondiaux que l’on n’a pas mais qui pourrait être acquise. Rama Cont, économiste à Paris et à Columbia New York, propose la création opportune d’un Observatoire mondial des risques qui alerterait les gouvernements nationaux d’une tempête possible. Il appartiendrait à ces gouvernements (l’administration Obama a déjà fait savoir qu’elle ne renoncerait pas à la souveraineté nationale dans la réglementation de son marché financier), de protéger les épargnants, les actionnaires, les banques, les assureurs contre des stratégies spéculatives qui risqueraient de mettre le système en faillite. Sans aucun doute, la crise présente fera progresser la connaissance et la prévoyance du risque : ce meilleur encadrement devrait recoller le marché financier et l’économie réelle. La crise sera terminée lorsque les entrepreneurs, travailleurs, consommateurs et investisseurs, croiront que les deux ventricules du capitalisme de nouveau battront au même rythme. Le capitalisme, en définitive, repose sur la confiance qu’on lui porte et les services concrets qu’il rend : nul n’est supposé aimer le capitalisme.

















Je l'aime bien moi...
Rédigé par : PaulNizan | 05 mai 2009 à 19:01
Un Observatoire mondial des risques ?
Du même type que celui qui a réussi à faire d'une grippe, somme toute, banale, l'ennemi public no1? Pas sûr !
Si la Fed n'avait fait qu'intégrer adéquatement l'augmentation des prix de l'immobilier dans un calcul global de l'inflation au lieu de se limiter à l'IPC, elle n'aurait probablement pas pratiqué de politiques prolongées de bas taux d'intérêt.
Est-ce qu'on s'obligerait à remplir ce type d'organismes d'Africains, par souci d'équité ou par discrimination positive?
En quoi un tel organisme supranational aurait été plus compétent que les organismes nationaux et régionaux existant? Un fonctionnaire, c'est un fonctionnaire.
YG
Rédigé par : Yannick Gagné | 06 mai 2009 à 05:16
Comment Guy Sorman d'habitude si lucide ne mentionne-t-il le rôle central et pernicieux de l'Etat dans l'origine de notre crise:
- politique laxiste de la FED distribuant de l'argent quasi gratuit.
- lois dites sociales d'accession à la propriété obligeant les banques à prêter aux minorités notoirement insolvables.
- garantie implicite de l'Etat contre les risques hypotécaires via Fannie et Freddie.
C'est l'Etat qui organise et encourage ce grand Casino où on empoche les gains et on se fait rembourser les pertes.
Ça n'est la crise ni du capitalisme déjà ultra règlementé ni du libéralisme qui n'a jamais été vraiment essayé; c'est la crise de l'Etat.
Rédigé par : elgringo | 06 mai 2009 à 09:24
Pour réparer le capitalisme il faut épargner.
Et pour épargner, il faut que les états baissent les prélèvements obligatoires, retourner à l'étalon Or, seul système monétaire qui ne permet pas la spoliation de l'épargnant par l'inflation.
Malheureusement c'est le chemin contraire qui est pris, pour lutter contre l'endettement, les états proposent plus d'endettement.
Les déficits explosent, les bilans des banques sont truqués par des artifices comptables, puisque les aides versées par l'état sont comptabilisés comme capital alors qu'il s'agit de dette (argent emprunté à l'état qui l'a lui même emprunté sur les marchés obligataires).
Rédigé par : elbarto | 06 mai 2009 à 10:46
Moi aussi, j'essaie de comprendre ce qui se passe. Mais j'avoue que j'y vois de moins en moins clair. Chacun y va de son interprétation, de ses conseils, de son sentiment, de sa préférence affective, de son raisonnement, de ses pronostics, de ses jugements péremptoires parfois.
Bref, le chaos intellectuel. Cela me fait de plus en plus penser au Café du Commerce...;-)
Rédigé par : El Oso | 06 mai 2009 à 11:21
Elgringo: un système auquel plus personne ne comprend rien, qui peut s'emballer d'un instant à l'autre parce qu'il repose sur des sables mouvants et/ou du vide, que des milliers d'experts analysent pour en tirer des conclusions antinomiques, sur lequel on exerce un arsenal thérapeutique impressionnant mais pas vraiment efficace, ce n'est pas un système en crise, vraiment?
L'Etat n'est pas innocent dans la crise actuelle, c'est certain. Mais en faire le responsable unique, c'est se balader avec des œillères idéologiques plus grosses que soi.
Rédigé par : Noirf | 06 mai 2009 à 11:43
Nouveaux chiffres alarmants sur la progression de la faim dans le monde.
15 octobre 2008.
PARIS (AFP) — Alors que la faim progresse dans le monde, les organisations spécialisées insistent, à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation et en pleine crise financière, sur la nécessité d'investir massivement dans l'agriculture vivrière.
Mi-septembre 2008, le directeur général de la FAO Jacques Diouf a annoncé de nouveaux chiffres alarmants sur la faim dans le monde touchant aujourd'hui de 923 à 925 millions de personnes contre 850 millions avant la flambée des prix et les émeutes qui l'ont suivie au printemps dernier.
Rédigé par : BA | 06 mai 2009 à 11:53
" Il est chez les économistes, à peu près entendu, que le capitalisme est aussi imparfait que les sociétés humaines elles-même, mais qu’il a tout de même extrait l’humanité -presque toute entière-, hors de la misère, et ceci dans toutes les civilisations. "
Guy Sorman, 5 mai 2009.
Rédigé par : BA | 06 mai 2009 à 11:54
"Le fait que la faim touche près d'un milliard de personnes dans le monde oblige tous les bailleurs à revoir l'orientation de l'aide et à en diriger à nouveau vers l'agriculture vivrière qui avait été un peu négligée ces dernières années au profit des secteurs de la santé et de l'éducation", souligne Stéphane Delpierre du service d'aide humanitaire de l'Union européenne (ECHO).
http://afp.google.com/article/ALeqM5gSxuem3_PHQyjO3VCyRCjMzPNIgw
Rédigé par : BA | 06 mai 2009 à 11:56
j'ai travaillé pour ECHO au rwanda, dans les balkans. on ne resoudra pas les vrais problèmes avec l'aide - humanitaire ou au developpement. ECHO qui conseille les autres bailleurs... je sourie doucement. c'est la liberté économique qui peut créer la prospérité. en attendant plus de sagesse, on peut toujours faire une free trade thérapie à hong kong.. http://zelibertyronin.blogspot.com/
Rédigé par : ze ronin | 06 mai 2009 à 12:33
" Il est chez les économistes, à peu près entendu, que le capitalisme est aussi imparfait que les sociétés humaines elles-même, mais qu’il a tout de même extrait l’humanité -presque toute entière-, hors de la misère, et ceci dans toutes les civilisations. "
Guy Sorman, 5 mai 2009.
A rajouter au bêtisier.
Rédigé par : BA | 06 mai 2009 à 13:58
Mince alors! Sorman se ralie à Attali!
Socialement acceptable", on pourrait dire aussi "moralement acceptable", car un certain capitalisme financier s'est vautré dans l'immoralité. Et ce n'est pas parce que "l’art des patrons capitalistes, peaufiné au cours des siècles, consiste à mutualiser leurs pertes" est une chose banale qu'on doit accepter sans broncher que cela se perpétue. Savez vous que les bonus continuent de pleuvoir chez AIG and Co, des entreprises en faillite complète et renflouées par le contribuable?
Les bonus doivent être une récompense liée aux performances, et non un droit. Ils doivent en outre être distribués majoritairement en stock options levables à moyen terme, sinon la mentalité "après moi le déluge" a encore de beaux jours devant elle.
Le système est malade et menace le capitalisme même.
On fait quoi? On empêche que des sociétés financières atteignent des seuils "systémiques". Cela demande bien entendu, qu'on puisse savoir ce qui s'y passe. Il faut donc de vrais organismes de contrôle indépendants, bien financés et supra-nationaux, et des lois imposant la transparence.
" le marché financier est devenu un objet, quelque peu monstrueux, distinct de l’économie réelle. " A la bonne heure! Notre tôlier a bu au calice du réalisme! C'est devenu un grand tripot mondialisé, une mafia, même, arrosant tel ou tel politicien (à peu près tous aux US), et obtenant ainsi des conditions avantageuses et le droit de mettre en place des outils soi-disant "sophistiqués", permettant de faire toujours plus d'argent alors que l'économie "réelle" ne croît que faiblement.
Il faut mettre de l'ordre là dedans. Et oui, l'état et les politiques ne sont pas innocents dans tout cela.
Et j'en viens à la fiscalité: il faut que l'enrichissement sur les revenus financiers soit imposé plus lourdement qu'il ne l'est actuellement pour rééquilibrer avec les autres types de revenus, voire permettre la diminution des impôts ailleurs. Il faut inciter les investissements dans l’économie réelle, mais freiner le casino virtuel. La fiscalité (paradis fiscaux included) peut être une arme efficace.
Mais comme tout ceci ne peut se faire qu'au niveau mondial, c'est pas demain la veille. Tant qu'il n'y aura pas harmonisation des règles comptables, des marchés, de la fiscalité, et une supervision supra-nationale, le grand casino financier a de beaux jours devant lui.
Et puis il y a bien entendu la question des monnaies. Le système actuel qui favorise outrageusement le dollar, les manoeuvres arnaquières et la virtualisation est un au cœur du grand casino.
Bref, le capitalisme, on l'aime, mais pas à toutes les sauces.
Rédigé par : ationaux | 06 mai 2009 à 15:17
En septembre 2007, tout était déjà très clair dans l'esprit de certains observateurs...
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15074
Rédigé par : El Oso | 06 mai 2009 à 18:08
Cher GS,
Votre constat : « C’est donc l’excès de la finance qui est périlleux mais peut-on le réglementer ? »
Jean Pieyrelevade veut supprimer la notion de risque : « Quant aux risques spéculatifs, découlant d'un pari sur le prix futur d'actifs existants, ils doivent lui être purement et simplement interdits. »
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/05/06/crise-du-capitalisme-ou-crise-de-la-monnaie-par-jean-peyrelevade_1189614_3232.html
Rédigé par : Alain Soler | 06 mai 2009 à 19:00
Cher GS,
Votre conclusion : « Le capitalisme, en définitive, repose sur la confiance qu’on lui porte et les services concrets qu’il rend : nul n’est supposé aimer le capitalisme. »
Je vous trouve tout-à-coup bien sombre, on peut aimer le capitalisme quand il est le vecteur économique d’une société de libertés démocratiques (et sociales), on peut avoir des regrets voire de la haine pour ceux qui ont dévoyé notre confiance de citoyens en exploitant les failles du système, les Madoff et compères de Wall Street.
Le cœur est en effet le système financier, réseaux de banques et banques centrales ; réguler le capitalisme au moyen d’organismes régionaux, mondiaux certes !
Appliquer les règles du G20 de Londres avec un observatoire mondial des risques voilà qui ne me choque pas pour l’encadrement théorique au jour le jour.
A la veille de la publication des résultats des « stress tests » et des recommandations applicables aux 19 plus grandes banques américaines (ce qui a été fait discrètement sur les six banques françaises), il me semble que la voie de la raison est de définir au niveau régional et mondial de tels tests reflets grandeur nature d’un désordre monétaire, récurrent au minimum chaque année ces tests seraient le pendant des simulations d’exercices de combat sur un navire, d’un exercice d’incendie dans un tunnel ou d’une simulation d’attaque terroriste dans le métro ou dans une centrale nucléaire.
La sécurité nucléaire et l’ensemble de ses mesures de sécurité couvrant de la simple fuite au risque de frappe directe ou de tremblement de terre est probablement une inspiration !
Après tout, l’or de fort Knox et la constitution américaine ne sont-ils pas sécurisés également contre le tremblement de terre ?
Testons régulièrement et véritablement nos institutions financières puisque c’est bien là que se situe le risque majeur de dysfonctionnement.
Alain
Rédigé par : Alain Soler | 06 mai 2009 à 19:46
"Jean Pieyrelevade veut supprimer la notion de risque : « Quant aux risques spéculatifs, découlant d'un pari sur le prix futur d'actifs existants, ils doivent lui être purement et simplement interdits. »"
Celà me semble un brin excessif.Cette crise financière est bien plus un excès de réglement que du boursicottage sur les prix future.Du reste cette spéculation semble avoir plus d'avantages que d'inconvéniants. Si c'était le cas avec ce dernier,plus personnes,plus aucunes entreprises n'entreraient en bourse.Je pense que la mauvaise spéculation se trouve dans des secteurs de pénuries ou de rareté du produits et que l'on peu également diminuer la spéculation financière,en ne maintenant pas trop longtemps des taux d'intêrets trop.
D.J
Rédigé par : D.J | 06 mai 2009 à 20:11
(je termine mon dernier comm.)
...ne maintenant pas trop longtemps des taux d'intêrets trop bas.
D.J
Rédigé par : D.J | 06 mai 2009 à 20:13
Dans ces colonnes de nombreux commentateurs et régulateurs officiels ont été identifiés et cités avec raison comme ayant dénoncé la bulle immobilière et les dérives financières du marché américain.
Cher El Oso en septembre 2007 c’etait un mois après l’explosion de la bulle des Subprimes et de leurs rejets toxiques et c’etait en effet quatre mois après l’élection de Nicolas Sarkozy mais un mois après sa loi (du 21 août 2007) contre les parachutes dorés loi 2007-1223 article 17 et c’est une année après ses discours contre les dérives du capitalisme financier et le besoin du retour du politique et en particulier d’une direction économique de l’Europe.
Un mois plus tard, en octobre 2007 c’est l’accord des 27 sur ce qu’on appellera le traité de Lisbonne, traité dit simplifié durant la campagne électorale ou le candidat Sarkozy imposera dans l’introduction la notion de « Protection des européens » à celle de « Concurrence libre et non faussée » !
Alain
Rédigé par : Alain Soler | 06 mai 2009 à 21:06
14 septembre 2006 : Nicolas Sarkozy fait l'éloge des subprimes.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/SARKOZY+SUBPRIMES/video/x73o4s_crise-quand-nicolas-sarkozy-vantait_news
Rédigé par : BA | 06 mai 2009 à 23:33
() BA, Expliquez-nous pourquoi lorsque NS souhaitait pouvoir valoriser les prêts hypothécaires (HP) vous en déduisez qu’il était en faveur des contrats dits Subprimes. Tous les PH seraient-ils des Subprimes ?
- Souhaitez-vous interdire la faculté d’obtenir un prêt sur hypothèque de son bien immobilier ?
- Compte-tenu de la crise dite des Subprimes et des conséquences dramatiques sur les finances et le commerce mondial, je suppose qu’aujourd’hui les PH sont interdits aux US? Ah non! Les PH auraient toujours cours ils ne sont pas interdits? Expliquez-nous en détail, pourquoi ?
- Expliquez-nous également pourquoi il serait plus démocratique et préférable pour l’immobilier en France, que les prêts soient consentis à ceux qui ont des relations (comme le dénonce NS dans cette vidéo)?
() Pour ses premières décisions à la présidence Barak Obama promet : "Nous abaisserons les coûts des emprunts hypothécaires et proposerons des prêts aux petites entreprises pour qu'elles puissent créer des emplois."
Les républicains, opposés à ce plan de plus de 800 milliards de dollars en grande partie en raison de l'ordre de priorités retenu, ONT AUSSI suggéré de faciliter les prêts hypothécaires en proposant des prêts à taux fixe de 4% soutenus par le gouvernement pour "tout emprunteur pour lequel un crédit se justifie", a déclaré Mitch McConnell, chef du groupe républicain au Sénat.
"La mise à disposition de ces prêts à faible taux d'intérêt augmenterait de manière importante la demande pour les maisons et les prêts hypothécaires à taux bas augmenteraient les ressources des ménages", a-t-il fait valoir.
http://www.challenges.fr/actualites/amerique_du_nord/20090131.REU7392/barack_obama_promet_une_aide_aux_credits_hypothecaires.html?xtor=RSS-16
PS: Ils sont fous? Vous n'avez rien compris?
Rédigé par : Alain Soler | 07 mai 2009 à 01:04
Mais bien sûr, c'est ça qu'il faut importer en France ! On a vu ce que ça a donné aux Etats-Unis ! C'est magnifique ! Ca a formidablement marché aux Etats-Unis !
Rédigé par : BA | 07 mai 2009 à 08:06
Cher BA, essayez de sortir de votre bac à sable (Copy Right Avidadollars) en répondant aux questions que vous suscitez !
- Tous les contrats PH sont-ils des Subprimes ?
- Souhaitez-vous interdire les PH ?
- Pourquoi : le Président Obama, les Démocrates et les Républicains dont leur chef de groupe au Sénat McConnell, Veulent favoriser les PH ? Ils sont fous ou vous n’avez rien compris ?
Comme vous partagez probablement avec moi cette intuition: que pas plus Obama que les Sénateurs américains, ne sont brutalement devenus fous; je suis certain que vous allez nous trouver les bonnes réponses à cette insupportable aberration socialoéconoBAtique.
Alain
Rédigé par : Alain Soler | 07 mai 2009 à 11:23
Voici le raisonnement d'Alain Soler :
La classe politique d'un pays étranger est majoritairement pour une politique X.
Conclusion : la France doit importer cette politique X.
J'adore ce raisonnement.
Rédigé par : BA | 07 mai 2009 à 11:38
Il en a de la chance, Sarkozy, d'avoir un zélateur qui lui trouverait une inspiration divine s'il s'arrachait un poil de cul!
Rédigé par : Noirf | 07 mai 2009 à 12:14
@B.A
Apporter un actif comme garantie pour l'obtention d'un prêt est parfaitement normal.
Ensuite c'est au banquier d'évaluer la valeur de ce bien.
Mais obtenir un prêt sur la seule valeur du bien que l'on veut acquérir est une hérésie.
Il faut au moins un apport et des revenus suffisant, la maison devant être la garantie ultime pour le banquier d'être remboursé.
Quand j'emprunte de l'argent pour acheter une maison en fait j'emprunte la maison.
Et l'on voit ainsi aisément que le bien que j'emprunte ne peut servir d'unique garantie.
Mais cette hérésie capitaliste n'est possible que parce que l'état la rend réalisable via le CRA et l'existence de Freddie Mac et Fanny Mae.
Car sinon aucun banquier ne prêterait de l'argent à un client sur l'unique valeur du bien qu'il souhaite acquérir, valeur qui peut subitement et fortement se déprécier.
Par contre obtenir un prêt hypothécaire après avoir remboursé sa maison est une pratique saine.
Rédigé par : elbarto | 07 mai 2009 à 12:38
La crise des subprimes n’est pas tombée du ciel : les banques américaines avaient dépensé beaucoup d’argent en lobbying pour obtenir la dérégulation la plus profonde possible du marché du crédit hypothécaire. C’est ce que révèle le think tank libéral (au sens américain du terme, c’est-à-dire plutôt à gauche) Centre for Public Integrity (CPI).
Dans une étude à paraître, révélée ce matin par le Financial Times, le CPI a fait les comptes des dépenses de lobbying des 25 plus grands établissements de crédit hypothécaire auprès des pouvoirs publics : dans les 10 dernières années, ils auraient claqué 370 millions de dollars ! La plupart de ces établissements sont aujourd’hui en faillite.
Quant aux banques qui leur avaient prêté l’argent et se retrouvent aujourd’hui avec 700 milliards de dollars de créances hypothécaires irrécouvrables, elles avaient aussi participé au lobbying !
Les politiciens américains ne sont pas épargnés par ces révélations : ils ont fini par accepter de les déréguler, ces prêts hypothécaires… C’est ainsi qu’on a vu des courtiers véreux sillonner les villes de Californie en proposant des emprunts à des ménages absolument incapables de payer les intérêts. Avec le résultat final que l’on sait.
Mais l’administration américaine elle-même a poussé ce mécanisme des subprimes. Les gouvernements Clinton et Bush ont donné l’ordre aux deux agences semi-publiques (Fanny Mae et Freddy Mac) d’accepter de plus en plus de créances sur les ménages pauvres, voire pauvres et minoritaires (noirs, hispaniques). Jusqu’à 50 % de leurs encours de prêts ! Cela permettait de ne pas se poser la question de l’intervention de l’Etat dans la question du logement des travailleurs pauvres, ou de donner l’illusion que le marché allait s’occuper des discriminations raciales.
Le plus cocasse, c’est que Nicolas Sarkozy, était revenu enthousiasmé d’un voyage aux Etats-Unis. Au point qu’il avait voulu adapter les prêts hypothécaires à la France. Quelle prescience !
Hervé Nathan.
Rédigé par : BA | 07 mai 2009 à 13:03
The top 25 US originators of subprime mortgages – the risky assets that sparked the global financial crisis – spent almost $370m in Washington over the past decade on lobbying and campaign donations as they tried to ward off tighter regulation of their industry, an investigation has shown.
The study, which will be released today by the Center for Public Integrity, a non-profit investigative journalism organisation, is likely to strengthen public calls for much tougher financial regulation in the US.
http://www.ft.com/cms/s/ab5cf9aa-39b7-11de-b82d-00144feabdc0,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2Fab5cf9aa-39b7-11de-b82d-00144feabdc0.html%3Fnclick_check%3D1&_i_referer=&nclick_check=1
Rédigé par : BA | 07 mai 2009 à 13:07
Le changement de réglementation vient davantage du désir d'un homme de s'inscrire dans l'histoire des présidents américains pour quelque chose de plus noble qu'une pipe dans le salon ovale, qu'un quelconque lobbying de banquiers insatiable.
Bill Clinton admirait Nelson Mandela et il a voulu léguer à l'humanité quelque chose d'aussi significatif que son idole.
C'est un mélange de bonté et de vanité qui est à lorigine de cette crise.
YG
Rédigé par : Yannick Gagne | 07 mai 2009 à 14:00
Voila, comme l'illustre tres bien la pyramide de Maslow (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins), lorsqu'un homme a assouvi ses ambitions (devenir president), survient le besoin de la postérité
Rédigé par : Sakuragikan | 07 mai 2009 à 14:11
Depuis 10 ans, les démocrates au pouvoir, puis les républicains au pouvoir, ont touché 370 millions de pots-de-vin, payés par 25 grands établissements de crédits hypothécaires.
Depuis 10 ans, les démocrates au pouvoir, puis les républicains au pouvoir, ont accepté de déréguler les prêts hypothécaires pour permettre aux Américains les plus pauvres d'acheter une maison.
En 2008, le résultat a été l'effondrement du système.
Les démocrates au pouvoir, puis les républicains au pouvoir, ont précipité la planète dans la pire crise depuis 1929, et il reste des charlots qui veulent importer ce système en France.
Rédigé par : BA | 07 mai 2009 à 14:37
Évidemment, la France est immunisée contre la pire crise depuis 1982.
En temps de croissance, le taux de chômage n'y baisse guère en bas de 12%.
S'il y a un modèle qu'on doit éviter...
YG
Rédigé par : Yannick Gagne | 07 mai 2009 à 16:38
Avec ce beau modèle les Banques Françaises ne sont pas tombées dans le piège des PCAA
YG
Rédigé par : Yannick Gagne | 07 mai 2009 à 16:41
Je reprends l'idée de départ de M Sorman de créer un Observatoire des risques.
Tant qu'à y être, pourquoi ne pas rêver d'un monde à la "Minority Report" où les fluctuations économiques seraient empêchées avant de se produire...
Ah! le vilain risque !
YG
Rédigé par : Yannick Gagne | 08 mai 2009 à 04:42