Est-ce certain ? D' abord , où est l' Asie ? Les contours sont mal définis : plus encore que l'Occident , pas clairs . Quelle est l'ambition de la Chine ? Nul ne le sait . Qui maintient la paix dans la région ? Nul sinon les Américains. Quel est le moteur de la croissance retrouvée en Asie ? C'est toujours la demande occidentale et un peu de déficit public chinois . Que valent les universités et centres de recherche en Asie ? Les meilleurs partent pour l' Amérique du Nord et reviennent peu. Qu'invente l' Asie ? Ses produits , ses services et plus encore ses valeurs ( la démocratie coréenne ou le despotisme chinois ) , vont-ils déterminer l'avenir du monde ? Si oui , quelles valeurs , quels services , quels produits ? Sans réponse à ces questions , le siècle ne sera pas asiatique . Mais , s'il est rééquilibré entre Orient et Occident , si l'on se parle plus et se comprend mieux, ce sera heureux pour l'Est et pour l' Ouest .
Seoul , Incheon , 15 novembre













L'important n'est pas de savoir qui sera le premier dans 20,30 ou 50 ans.L'important sera de voir la démocratie progresser partout.
Une Chine plus puissante est démocratique par exemple est moins inquiétantes que celle d'aujourd'hui dépendant du reste de l'occident et militairement dangereuse pour ses voisins.
D.J
Rédigé par: D.J | 16 novembre 2009 à 19:18
L'Asie a de légitimes raisons d'être optimiste: atelier du monde, banquier du monde, PIB en forte hausse malgré la crise. Excusez du peu.
Pour ce qui est de ses valeurs, c'est un faux problème. Les asiatiques pensent depuis longtemps que les soi-disant valeurs de l'occident sont un trompe-l'oeil pour mieux lui permettre de dominer le monde. Double standard, comme disent nos amis anglophones. Faites ce que je dis, mais surtout laissez-moi faire n'importe quoi puisque c'est dans mon intérêt...
Nous jugerons des valeurs asiatiques plus tard. Peut-être feront-ils d'ailleurs aussi mal que nous...Which is very likely. La problématique de la nature humaine ayant à faire face à la puissance et à la richesse est probablement la même partout.
Toujours plus!
Rédigé par: El oso | 16 novembre 2009 à 19:57
Article de Farid Zakaria qui est bien plus sceptique...
"We have hoped it would all work out, and for a while it did. The seed capital from past decades was strong enough to carry us for decades. We got talent from abroad to mask the erosion at home. We used financial engineering to substitute for the real thing. We borrowed to the hilt and sold each other our homes in an ascending spiral that made us all feel rich. And we kicked all the real problems we face down the road, hoping that someone else would solve them. This too has become part of American culture, a culture that desperately needs to change if we are to preserve American innovation and rekindle the real American Dream."
http://www.newsweek.com/id/222836/page/3
Rédigé par: ETF | 16 novembre 2009 à 20:14
Il va sans dire que je suis d'accord avec la conclusion du billet. Rééquilibrage,respect mutuel, meilleure compréhension réciproque, tout cela est bel et bon. Cela signifie aussi la fin de l'empire américain. Je constate avec plaisir que cela ne provoque pas la moindre petite larme chez notre hôte ;-)
Rédigé par: El oso | 16 novembre 2009 à 20:17
El Oso, laissez a notre tolier le loisir de se faire progressivement a la realite qu'il a toujours nie. Decadence de l'empire americain (croulant sous la dette, la consommation a sur-credit, l'arnaque du monde de la finance et les deficits commerciaux structurels) et montee en puissance de la chine. La roue tourne, et le terme "reequilibrage" ne signifie rien. Car il impliquerait qu'il y ait en equilibre par le passe. Or, la mondialisation, c'est tout nouveau.
Rédigé par: ETF | 16 novembre 2009 à 20:51
Ce qui fait et a toujours fait la puissance de l'amérique est là et semble être incrusté dans le gène américain: la liberté, le gout du risque et de l'innovation semble là pour y rester. Les américains essaient toute sorte de choses avant de trouver la bonne formule qui ont toujours fait leur bonne fortune et l'administration Obama n'est qu'une parenthèse qui ralentira le progrès mais ne l'arrêtera pas. L'amérique est trop farouche pour se laisser brider par un socialiste.
Ce qui a nuit à la Chine dans le passer existe toujours: Une croyance que seul un état fort peu apporter le bonheur. en ce moment, ils ont de bon dirigeants mais les dictatures étant ce qu'elles sont, le pouvoir est toujours concentrer entre les mains d'une minorité et un individu bien décider, général ou autre, peu toujours plus facilement manipuler cette minorité qu'une démocratie aussi pluraliste que celle des états unis d'amérique. Tôt ou tard, un dictateur prendra le pouvoir en Chine et tout ce beau progrès s'envolera en fumée...
Rédigé par: G.M. | 16 novembre 2009 à 23:29
Belle illustration des valeurs chinoises que la comédie du dialogue , ce jour à Shangai , entre des "étudiants" chinois et Obama. Comment le Président US a pu se livrer à cette mascarade , laisse perplexe.
Rédigé par: Guy Sorman | 17 novembre 2009 à 01:56
800 Milliards de dettes et 50 Milliards d'intérêts par an versés à la Chine. Belle illustration des valeurs américaines.
Voilà ce qui laisse perplexe, et non Obama (qui en plus, a insisté sur les libertés).
Rédigé par: ETF | 17 novembre 2009 à 02:29
Le secteur des semi conducteurs est un secteur stratégique ,il y en a partout téléphones, lecteurs mp3, consoles de jeu, PC.... Les USAs, l' Europe de l' ouest et la partie est de l' Asie se partagent le gâteau, des miettes pour le reste du monde: http://www.journaldunet.com/solutions/0512/051201_carte-semi-conducteurs.shtml Etonnant: Taïwan a autant d' implantations que la Chine,plus que le Japon derrière les USAs.Aucune fab pour l' Inde. L' Inde ne rattrapera vraisemblement pas l' Occident dans ce secteur vital.La Zone Asie pacifique Japon compris représente plus de la moitié du marché des semi-conducteurs dans le monde .
Rédigé par: Kim Jong Ilien | 17 novembre 2009 à 07:14
http://questionscritiques.free.fr/empire_americain/PNAC.pdf
La domination US au 21 ième siècle ne sera plus économique et militaire mais militaire seulement.Ce qui est essentielle pour les USAs, c' est de pouvoir atomiser en quelques minutes ses principaux rivaux sans risquer de frappes en retour en se parant de boucliers anti missiles, de pouvoir envahir n' importe quel pays en quelques semaines, de pouvoir dérégler le climat dans une contrée donnée grâce au système HAARP, de déverser des tonnes de munitions à uranium appauvri pour attaquer les gênes des pays ennemis (musulmans ou confucianistes), etc...
Rédigé par: Kim Jong Ilien | 17 novembre 2009 à 08:34
Paying for Le City journal
"Belle illustration des valeurs chinoises que la comédie du dialogue , ce jour à Shangai , entre des "étudiants" chinois et Obama. Comment le Président US a pu se livrer à cette mascarade , laisse perplexe."
Comme disait Brecht : "d'abord bouffer". La corruption chinoise s'appuie sur nos "valeurs" démocratiques et libérales. Nécessité fait loi, mais la Chine en a sous le pied.
Gorbatchev vidant les lieux avant Tienanmen, Obama faisant semblant de parler librement devant un parterre d'incubés du parti : la Chine n'est pas aimée comme elle le mérite.
Connaissez-vous le meilleur élève de Pierre Ryckmans ?
Kevin Michael Rudd
Comme quoi l'Autralie peut produire autre chose que des Rupert Murdoch.
Tout espoir n'est pas mort. Mais cela fait longtemps qu'il n'y a plus rien à espérer des américains.
Rédigé par: Jeo | 17 novembre 2009 à 11:34
L’ascension de richesse des pays était toujours bien corrélée avec l’ascension des idées. La Renaissance née en Italie appuyait son développement économique. Dito pour les Lumières en France et en Grande Bretagne il y a 2-3 siècles. Et l’explosion du savoir-faire américaine au XX siècle dopait la croissance du patrimoine dans le nouveau monde. Or, en Chine on ne perçoit pas de telles tendances. Les « valeurs asiatiques » s’inscrivent plutôt dans la lignée des idées perdantes, telles le despotisme d’état ou le contrôle étroit de pensée. L’heure de la Chine n’est pas tout de suite.
Rédigé par: K Bledowski | 17 novembre 2009 à 21:17
La question posée est très importante et se retrouve hélas évacuée par quelques formules et questions toutes faites.
On peut considérer qu'il existe 4 aspects majeurs d'une puissance: Démographique, militaire (et partant de là politique), technologique et culturel. Dans le monde et depuis au moins la seconde guerre mondiale, seuls les Etats-Unis réunissent tous ces aspects, ce qui en fait pour encore un certain temps encore la seule superpuissance mondiale.
La Chine réunit déjà 3 de ces dimensions, surtout évidemment pour la démographie, où elle se classe au premier rang. Manque encore la puissance culturelle, ce qui comme le fait remarquer K Bledowski est curieux, car historiquement dynamismes économique et culturel vont de pair.
On ne peut pas réduire la Chine à un gigantesque conglomérat d'ateliers de fabrication de produits sans valeur ajoutée. C'est aussi une économie qui maîtrise des technologies de pointe comme le nucléaire, l'aérospatial ou encore l'électronique. Savez vous par exemple que l'entreprise qui dépose le plus de demandes de brevets dans le monde est Huawei, société de télécommunications chinoise inconnue du grand public chez nous, mais qui donne des cauchemars à ses concurrents bien établis comme Nokia Siemens, Ericsson ou encore Alcatel-Lucent?
Vous dîtes: "Quelle est l'ambition de la Chine? Nul ne le sait." Certes, mais ce n'est pas parce-que cette ambition n'est pas connue qu'elle n'existe pas. Les Chinois, surtout en politique extérieure, agissent dans la discrétion, sans agitation et sans déclarations fracassantes. On découvre par exemple seulement ces dernières années que cela fait bientôt 20 ans qu'ils tissent leur toile en Afrique, continent où personne ne les attendait. Autre exemple: Sait'on que la Chine est le premier partenaire commercial du Brésil, autre puissance montante?
Cyniquement, j'ai envie de dire que la Chine bénéficie d'être une dictature: Il n'y a pas comme en Occident de dictature des sondages, des médias ou de l'opinion publique, qui oblige à agir uniquement à court terme. Les Chinois savent se projeter très loin dans tous les sens du terme.
ETF rappelle avec raison l'endettement massif et croissant des Américains, que ce soit l'Etat (12.000 milliards de dollars!) et les particuliers. Et qui détient une bonne partie de cette dette?: Les Chinois. Or, un créancier a de fait un ascendant sur son débiteur. On voit bien en filigrane dans la visite actuelle d'Obama en Chine l'attitude de dépendance gênée des Américains vis-à-vis des Chinois.
Par souci de simplicité, j'ai limité l'Asie à la Chine, mais il y aurait évidemment des analyses utiles à faire sur les évolutions et perspectives des autres pays d'Asie, notamment l'Inde.
Rédigé par: KarlJohan | 17 novembre 2009 à 23:10
lisez Bledowski , cf supra
Rédigé par: Guy Sorman | 18 novembre 2009 à 05:36
Lisez KarlJohan, cf supra ;-)
Rédigé par: El oso | 18 novembre 2009 à 10:46
Tout le monde sait que la Chine, prévoyante, s'assure un maximum de ressources à l'étranger, matières premières et énergie.
Moins connues sont les "terres rares", ces métaux aux noms improbables qui sont utilisés dans la haute technologie, civile et militaire.
Or la Chine en est le premier producteur mondial. Elle commence à en contrôler l' exportation pour contraindre les entreprises qui y recourent à venir s'installer sur son sol.
Curieusement, les autres producteurs actuels sont les trois autres BRIC...
Rédigé par: El oso | 20 novembre 2009 à 11:08