Ils avaient jusqu'à vendredi, ils ont tranché hier soir : la Chambre des représentants a adopté mardi 1er mars en fin de soirée une solution de secours pour permettre au gouvernement fédéral de continuer à payer ses fonctionnaires et ses fournisseurs... jusqu'au 18 mars. Les Républicains veulent tailler dans le budget en cours, les Démocrates s'y refusent. Si un compromis n'est pas trouvé rapidement, les services publics américains devront cesser de fonctionner, faute de trésorerie.
Aux États-Unis, tout est excessif, la politique incluse. Le 18 mars, très probablement, l’État fédéral américain tombera en panne, faute de budget : les administrations seront fermées, les fonctionnaires non payés, les militaires ne recevront plus leur solde. La majorité républicaine au Congrès, élue en novembre dernier sur un programme de réduction, pas seulement du déficit, mais des dépenses publiques, exécute ses engagements. Aux États-Unis, les mandats électifs sont brefs (2 ans) et les députés, sous le contrôle permanent de leurs électeurs. La jeune garde républicaine est résolue à ramener le budget à ce qu’il fut avant Obama, soit un tiers de dépenses en moins.
Obama, cible des Républicains
À Obama, les Républicains reprochent d’avoir gaspillé les fonds publics pour “relancer” l’économie et engagé des réformes “socialistes” comme l’assurance maladie pour tous, des grands travaux et des programmes de lutte contre le réchauffement climatique. Obama socialiste ? L’assurance pour tous, socialiste ? Vus de France, ces Républicains nous semblent … populistes. Mais juger des États-Unis par comparaison avec l’Europe, conduit à n’y rien comprendre : les Américains ne sont pas comme nous mais ailleurs, surtout ces Républicains dits « Conservateurs ».
Un Conservateur américain se fait une certaine idée (rêvée) des États-Unis. Il considère leur pays comme une quasi terre promise fondée sur la notion de mérite. Et l’État fédéral - Washington plutôt que les États locaux, auxquels on s’identifie volontiers - c’est le Mal. “L’État n’est pas la solution, c’est le problème”, disait Ronald Reagan en 1980. Puisque l’État est mauvais – l’armée faisant exception – le réduire c’est restaurer la "civilisation américaine".
Les USA des conservateurs
Un conservateur ne tolère pas que l’État se mêle de santé ou d’éducation. Voilà pourquoi Obama et son parti démocrate sont dénoncés comme “européens”, une insulte pour la Droite américaine. Cette croisade nationale des conservateurs est relayée localement par les nouveaux gouverneurs républicains : la même idéologie les conduit à licencier les fonctionnaires et à briser les syndicats de la fonction publique.
C’est à Madison, dans le Wisconsin, que le conflit se cristallise : les représentants syndicaux qui occupent le Capitole, comparent leur combat à celui mené récemment par les Égyptiens. “Madison, c’est Le Caire”, lit-on sur les banderoles. Après le 18 mars ? On négociera : Obama est tout de même Président et le Sénat à majorité démocrate.
Chacun compte ses voix : lorsqu’en 1985, les Républicains, dans des circonstances comparables, avaient refusé le budget de l’État, l’obligeant à fermer ses portes, ils firent le jeu de leur adversaire Bill Clinton qui apparut soudain, comme un leader sérieux. En attendant le compromis, soyons attentifs : ce qui se passe aux États-Unis gagne souvent l’Europe ; avec un décalage, certes édulcoré, mais il arrive.
Pour Atlantico.fr

















"Ce qui se passe aux Etats-Unis gagne souvent l'Europe"...
On voit mal un parti politique, en France, mettre en cause l'état.
En revanche, des états pourtant réputés sociaux-démocrates, comme la Suède, ont introduit des réformes importantes dans les années 90, pour dégraisser le mammouth, et résorber la dette.
Et retrouver la croissance...
Après tout, le libéralisme est affaire de bon sens et même la gauche peut parfois en faire preuve...dans d'autres pays que la France bien sûr...
Rédigé par : El oso | 02 mars 2011 à 23:35
la Belgique n'a bientot plus d'Etat, elle ne s'en sort pas plus mal
Rédigé par : Le Parisien Liberal | 03 mars 2011 à 10:08
Jeudi 3 mars 2011 :
Dette publique des Etats-Unis :
14 201 milliards de dollars, soit 97,25 % du PIB.
http://www.usdebtclock.org/
Rédigé par : BA | 03 mars 2011 à 11:35
En Gelbique, on a aussi un champion du Monde : il bloque tout et déclare assis triomphalement* sur le petit tas de désastres qu'il accumule précieusement "Vous voyez bien, rien ne fonctionne. Cet État est mûr pour l'équarissage.".
La Belgique entière est fascinée par le génie de cet homme qui réussit tout ce qu'il entreprend, entreprend tout ce qu'il annonce et détruit tout ce qu'il touche.
*Il fait son poids.
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 12:56
Wouter Beke me fait penser à Wilfried Martens, jeune.
C'est une blague : Wilfried Martens n'a jamais été jeune, comme sa tête l'indique.
Il a écrit deux livres. Un "CVP 1945-1968 : l'esprit d'un pilier".
C'est bien, çà, l'esprit du pilier. Demande à Claudel. Toi aussi, tu peux avoir le courant socio-chrétien téllurique dans le tréfonds (de ton âme).
Le choix de la période : 1945 - le CVP se reconvertit (sans l'admettre) en parti nationaliste (vous notez la coïncidence avec un certain évènement mondial qui ne s'est pas conclu au goût de tout le monde) - 1968 - les flamands flanquent les francophones dehors de Louvain à coup de pierre et de matraque. Que fait la police ? Elle est allemande. Oh, my mistake : flamande.
Le deuxième livre "Le mythe du moi libre" Mmmh. Avec des vrais morceaux de Hegel dedans ?
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 13:29
Wouter Beke : un grand-père CVP et un grand-père VU : le premier pour les baffes, le deuxième, pour les bonnes histoires.
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 14:03
Vive la Suisse !
Olivier Maingain :
"Ainsi, lorsque le Jura a quitté le canton de Berne, il y a plusieurs communes qui n’ont pas accepté de suivre la sécession du canton du Jura et qui sont restées avec le canton de Berne. Entre-temps, certaines communes, la commune de Vellerat, par exemple, qui étaient restées dans le canton de Berne ont souhaité, plusieurs années après, sur la base d’une consultation populaire, rejoindre par la suite le canton du Jura. La démocratie directe est la bonne voie pour résoudre les problèmes de territoire."
Traitez-nous avec une neutralité suisse ! C'est tout ce qu'on demande !
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 16:36
Encore un recalé allémanique ?
http://www.rtbf.be/info/etcetera/detail_droit-du-sol-en-suisse-un-cerf-refuse-son-transfert?id=5707793
Je suis déçu, mais alors, déçu.
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 16:53
"la Belgique n'a bientot plus d'Etat, elle ne s'en sort pas plus mal"
En fait, on se rend compte que l'état fonctionne très bien sur son énergie d'inertie, sans recharger les accu du suffrage universel.
On vit tout de même avec une petite angoisse dans le coin de la tête, parce qu'aucun pays ne peut survivre très longtemps si il n'est pas capable de former un gouvernement.
De toute façon, on n'est au delà de tout territoire connu, sans aucun précédent historique, ici ou ailleurs : on nage dans le flou et l'imprévu.
Rédigé par : Jeo | 03 mars 2011 à 20:16
Oups : Que fait la police ? Elle est allemande. (Part II) - 10 millions de salopards
C'est l'histoire d'un mec, comme dirait Coluche (ce type trop vulgaire pour être belge) qui rend d'énorme service à son pays, et puis il meurt, abandonné de tous, petit avocat sans clientèle, parce qu'être honnête, dans ce pays, cela ne paie pas (et cela n'eut pas payé non plus), et c'est même suspect.
Voilà ce qu'en dit son Roi : "Il était susceptible, méfiant, sans souplesse et, de surcroît, borné et incapable d'un geste simplement humain."
Voilà ce qu'en dit Spaak : "Sérieux jusqu'à la sévérité, honnête jusqu'au scrupule, travailleur infatigable, chrétien fervent, patriote, modèle des vertus civiques, professionnelles et familiales, il était un homme de bien."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Pierlot
Après guerre, et jusqu'à la mort de Baudouin, à Laeken, au coin du feu royal, on racontait plus souvent des histoires du front russe que des histoires de Londres. Comment les salades perdurent au-delà de la date de péremption.
Rédigé par : Jeo | 16 mars 2011 à 18:27
Guy Sorman devrait aussi écrire un texte sur la résilience de Jeo. Lui aussi, y lâche jamais...
Rédigé par : G.M. | 17 mars 2011 à 15:37