Les rafistolages négociés depuis des mois, par les dirigeants européens, manquent de souffle. Seule une ambition, presque démesurée, persuaderait les Européens et ce que l’on appelle les marchés (c’est-à-dire vous et moi, pour peu que nous disposions de quelque épargne pour nos retraites), que l’Europe est résolue à rester la première puissance économique mondiale, de concert avec les Etats-Unis, appuyée sur une monnaie solide comme l’or et plus fiable que le dollar : l’euro. L’ambition est possible, souhaitable et à portée de main, en raison même de la dilution totale de l’Europe qui menace tel un cataclysme annoncé. Rappelons des précédents historiques qui indiquent le chemin à emprunter et n’ont rien d’irréalistes. En 1940, à la veille de l’effondrement de l’armée française face au Nazisme, Winston Churchill proposa au gouvernement français une fusion entre les deux pays. Si les Français avaient eu l’audace nécessaire, la longue guerre contre l’Allemagne aurait pu être abrégée : Adolf Hitler aurait renoncé à son projet d’avaler l’Europe par tranches successives. En 1963, en revanche, Charles De Gaulle et Konrad Adenauer conclurent un véritable pacte de réconciliation et d’amitié entre la France et l’Allemagne, intangible jusqu’à ce jour, en grande partie parce que l’Armée soviétique campait à quelque deux cent kilomètres de la cathédrale de Strasbourg.
Les menaces sur l’euro ne sont pas comparables aux armées de Joseph Staline et d'Adolf Hitler ? Certes, mais les temps ont changé : ce qui, hier, se conquérait par les armes, s’obtient aujourd’hui par l’économie, qui réduit les nations mal gérées à la décadence matérielle et au désespoir existentiel.
Imaginons donc, mais ce n’est pas théorique ni farfelu, que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel décident, à leur tour, d’écrire l’histoire plutôt que de la subir. Qu’ils dépassent le bricolage financier et ne tentent pas, péniblement, de persuader les autres qu’il conviendrait de renforcer une discipline budgétaire qui, de droit, est déjà inscrite dans les traités existants. Imaginons, plutôt, un geste dramatique, historique qui serait la fusion économique de la France et de l’Allemagne, avec un seul budget, une fiscalité unique, un droit au travail unique, une approbation unique d’un seul budget. Ce ne serait hors d’atteinte ni politiquement, ni techniquement : les sentiments xénophobes sont marginaux dans les deux nations et les deux économies sont complémentaires, déjà fortement intégrées. L’Allemagne apporterait son industrie de la machine-outil et de la chimie, la France son avance dans le monde énergétique, des transports, de l’armement et du luxe. Les partis politiques des deux pays se ressemblent assez au point de se réunifier et de pouvoir aisément adopter des positions communes. Cette économie unique deviendrait un géant forcément bien géré, ce qui assécherait tout scepticisme sur le devenir à long terme de l’euro. Ce coup de théâtre, maintenant, éviterait des mois de tergiversation avant que les autres Européens ne ratifient péniblement le traité amélioré qu’envisagent, à ce jour, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. D’ici que ce traité soit ratifié, l’euro aurait le temps de s’écrouler dix fois et trois Etats au moins feraient faillite.
À l’inverse, la fusion franco-allemande contraindrait tous les autres, y compris la Grande-Bretagne qui n’est pas dans l’Eurozone, à s’y rallier ; elle n’aurait guère le choix face à ce nouveau géant économique et monétaire.
Cette fusion franco-allemande n’exclut pas les modifications envisagées aux traités actuels pour améliorer la bonne gouvernance européenne. Mais un bon traité est un traité simple qui devrait se résumer en deux propositions. La première serait d’accorder trois à cinq ans, pas plus, dès la signature du traité, pour que devienne obligatoire non pas l’équilibre budgétaire dans chaque nation, mais le plafonnement de la dépense publique nationale en proportion de la richesse nationale, par amendement constitutionnel : équilibrer leur budget en augmentant les impôts ne serait qu’une incitation à réduire encore la capacité d’investissement productif. La seconde proposition du Traité serait la création d’une véritable Cour économique européenne, aussi indépendante que la Banque centrale de Francfort, pour imposer des règles comptables communes, garantir la transparence des comptes publics et sanctionner lourdement, sans appel, les infractions à l’honnêteté des comptes comme à l’augmentation de la dépense publique.
La fusion franco-allemande, outre qu’elle inscrirait des auteurs au panthéon historique de l’Europe, comme Robert Schuman, Konrad Adenauer, Paul-Henri Spaak, Jean Monet, Charles De Gaulle ou Alcide de Gasperi, résoudrait, au sabre et pas à la plume de greffier, les trois menaces distinctes qui pèsent actuellement sur l’Europe et que l’on confond à tort : la permanence de l’euro comme monnaie fiable, l’équilibre nécessaire des dépenses publiques comme condition du retour à la croissance et le retour à la croissance elle-même. Car l’économie n’a pour finalité que le progrès, pas l’équilibre : la croissance européenne est lente uniquement parce que le crédit est incertain et le marché privé asséché par la dette publique. Le coup de théâtre historique ici suggéré pourrait sectionner d’un seul geste l’hydre à trois têtes - stagnation, crise de l'euro et dette - qui mine l’esprit européen. L’histoire, la grande, ne s’écrit pas tous les jours mais là tout de suite, c’est possible. Et toute alternative serait inutile et incertaine.

















Vendredi 20 janvier 2012 :
Portugal : taux des obligations à 2 ans : 15,271 %.
Portugal : taux des obligations à 5 ans : 18,350 %.
Portugal : taux des obligations à 10 ans : 14,617 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND
Le Portugal traverse "un moment réellement critique."
Le Premier ministre portugais a admis vendredi que son pays, sous assistance financière, traversait "un moment réellement critique", espérant toutefois qu'il pourrait enregistrer en 2012 un excédent commercial alors qu'il mise sur les exportations pour relancer son économie.
"Nous traversons un moment critique, qui entraîne un climat d'instabilité et d'insécurité sur l'avenir de l'Europe et par conséquent du Portugal", a dit Pedro Passos Coelho lors d'un débat au parlement.
Le Premier ministre a évoqué en particulier des "nouvelles problématiques" venues "de Grèce ou d'une agence de notation".
L'agence américaine Standard and Poor's a dégradé récemment la note de neuf pays européens, ramenant celle du Portugal au niveau des investissements spéculatifs, une décision jugée "infondée" par le gouvernement portugais.
(Dépêche AFP)
Rédigé par : BA | 20 janvier 2012 à 21:03
- Au début, les bisounours disaient : "Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser toute sa dette."
- Ensuite, les bisounours ont dit : "Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser PRESQUE toute sa dette."
- Ensuite, les bisounours ont dit : "Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser une grande partie de sa dette. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu'une petite décote de seulement 21 %."
Les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord le 21 juillet sur un deuxième plan d'aide à la Grèce d'un montant total de 109 milliards d'euros. Le secteur privé, détenteur d'obligations souveraines grecques, sera mis à contribution à hauteur de 37 milliards d'euros. L'accord prévoit que les banques et assureurs européens subiront une décote de 21 % sur la dette grecque qu'ils détiennent.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/07/28/97002-20110728FILWWW00455-grece-les-banques-proposent-15mds-d.php
- Ensuite, les bisounours ont dit : "Ne vous inquiétez pas. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu'une décote de 40 %."
- Ensuite, les bisounours ont dit : "Ne vous inquiétez pas. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu'une décote de 50 %."
- Aujourd'hui, les bisounours ne savent pas de combien sera la décote.
Rédigé par : BA | 21 janvier 2012 à 09:39
Lundi 23 janvier 2012 :
Les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté lundi l'offre faite ce week-end par le secteur privé sur sa participation au deuxième plan d'aide à la Grèce, ont indiqué plusieurs sources au sein de la zone euro.
Dimanche 22 janvier, le représentant des créanciers privés de la Grèce avait déclaré que ces derniers avaient atteint les limites des pertes qu'ils étaient prêts à concéder dans le cadre d'un échange de dette "volontaire", ajoutant que la balle était désormais dans le camp des bailleurs de fonds internationaux d'Athènes.
"Les ministres ont renvoyé l'offre sur la table des négociations", a déclaré l'une des sources, avant de préciser qu'ils avaient spécifiquement demandé aux négociateurs de s'entendre sur un taux d'intérêt inférieur à 4 % pour les nouvelles obligations grecques.
La Grèce négocie depuis des mois avec ses créanciers les modalités de l'effacement d'une partie de sa dette, condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards de la part de ses partenaires de la zone euro.
Du fait de longues formalités d'application, le pays a besoin d'un accord sur ce plan de participation du secteur privé (PSI) dans les tout prochains jours, sous peine de faire défaut dès la fin du mois de mars.
http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE80M0FV20120123
Rédigé par : BA | 23 janvier 2012 à 23:59
Mardi 24 janvier 2012 :
Standard & Poor's va probablement abaisser la note souveraine de Grèce en catégorie "défaut sélectif" lorsqu'Athènes finalisera la restructuration de sa dette, a annoncé mardi John Chambers, président du comité des notations souveraines de S&P.
Il a toutefois précisé qu'un défaut grec ne détruirait pas nécessairement la crédibilité de l'Union européenne.
"Il n'est pas dit qu'un défaut grec ait un effet domino dans la zone euro", a déclaré John Chambers lors d'une rencontre organisée par Bloomberg Link.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/01/24/97002-20120124FILWWW00492-grece-menaces-sur-la-note-par-sp.php
Rédigé par : BA | 24 janvier 2012 à 16:04
La Grèce se retrouve de nouveau face au spectre d'une faillite.
Pour Marc Fiorentino, auteur de la lettre financière « Monfinancier.com », la question est donc de savoir s’il faut prêter encore de l’argent à la Grèce alors qu’on sait qu’elle « est en faillite, qu’elle ne pourra jamais rembourser un euro ». Ou si « on va finalement tenter une autre voie pleine d’embûches : reconnaître la faillite et organiser sa sortie de l’euro… »
Une issue qui revient ces jours-ci dans la bouche de certains responsables politiques européens. Mais que « personne n’ose imaginer, assurait mardi 24 janvier un diplomate à Bruxelles, tant les conséquences demeurent incalculables ».
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Economie/La-Grece-se-retrouve-de-nouveau-face-au-spectre-d-une-faillite-_EP_-2012-01-25-761905
Rédigé par : BA | 25 janvier 2012 à 16:30
Nous pouvons maintenant tirer un bilan de la crise économique et financière pour la zone euro : les années 2009-2010-2011 ont montré au monde entier un secret bien gardé.
Ce secret, le voici :
La zone euro a la particularité de prendre appui sur une soi-disant “solidarité européenne” … qui n’existe pas.
La situation de la zone euro et de ses 17 Etats n’est donc pas comparable avec la situation de la France et de ses 22 régions.
En France, la solidarité nationale, ça existe.
La situation de la zone euro et de ses 17 Etats n’est pas non plus comparable avec la situation de l’Allemagne et de ses 16 lander.
En Allemagne, la solidarité nationale, ça existe.
Mais en revanche, dans la zone euro, la solidarité supranationale, ça n’existe pas.
Il n’y a pas de solidarité entre les Etats du nord de l’Europe et les Etats périphériques.
Par exemple, il n’y a pas eu de DON d’argent en 2009 pour sauver la Grèce, ni en 2010, ni en 2011.
Il n’y a pas eu de DON pour sauver la Grèce.
Il y a eu des PRETS, qui sont venus s’ajouter aux PRETS qui écrasaient la Grèce.
Il y a eu des PRETS, qui sont venus s’ajouter aux PRETS, qui sont venus s’ajouter aux PRETS, qui sont venus s’ajouter aux PRETS, qui accentuent la destruction de la Grèce.
Ce que les années 2009-2010-2011 ont montré au monde entier, c’est justement l’absence de DONS des Etats du nord de l’Europe aux Etats européens périphériques.
Ce que les années 2009-2010-2011 ont montré au monde entier, c’est l’absence de solidarité en zone euro.
Les Etats européens riches ne veulent pas payer pour sauver de la faillite les Etats européens pauvres.
L'idée européenne est morte.
Rédigé par : BA | 26 janvier 2012 à 10:46
Vendredi 27 janvier 2012 :
Pendant que l'Europe a les yeux rivés sur la Grèce, le Portugal serait à son tour en train de sombrer sous sa montagne de dettes, malgré le plan de soutien de 78 milliards d'Euros accordé par l'Europe et le FMI en 2010.
De plus en plus d'économistes estiment désormais que Lisbonne, qui s'attend à une récession de l'ordre de 3% du PIB en 2012, aura besoin d'un nouveau plan d'aide...
Témoins de ces inquiétudes, les taux d'intérêt sur la dette portugaise ont explosé depuis que la note du pays a été dégradée au statut de "junk bond" par les agences de notation à la mi-janvier. Les taux à 10 ans ont ainsi dépassé hier les 15% pour la 1ère fois, tandis que ceux à 5 ans ont atteint 18,9% et ceux à 3 ans ont frôlé les 21% !
Selon un récent rapport de l'Institut économique allemand Kiel, cité ce matin par le 'Daily Telegraph', la situation financière du Portugal ne lui permettra pas de rembourser sa dette de 162 milliards d’euros (plus de 110% du PIB), qui devra, selon cet institut, subir à terme une décote d'au moins 50 %, comme celle de la Grèce...
Ainsi, pour se désendetter, il faudrait que Lisbonne soit en mesure de dégager chaque année un excédent primaire (recettes - dépenses publiques avant remboursement de la dette) supérieur à 11% du PIB. Or, cet objectif n'est pas soutenable, aucun pays n'étant capable d'accumuler pendant plusieurs années d'affilée un excédent primaire supérieur à une moyenne de 5% du PIB, estime David Bencek, co-auteur du rapport de Kiel, cité ce matin par le Telegraph.
Au niveau des instances européennes, on continue de tabler sur la conclusion prochaine d'un accord sur la Grèce (abandon probable de 65% à 70% des quelque 205 milliards d’euros de dette détenue par le secteur privé). Mais la crise de la dette pourrait donc rapidement rebondir vers le Portugal, au moment où l'Europe s'efforce de mettre en place des pare-feux efficaces contre la contagion, en particulier à de grands pays comme l'Espagne et l'Italie...
Il y a donc fort à parier que la question de la dette du Portugal fera son entrée dans les débats du sommet des chefs d'Etat européens prévu lundi prochain...
http://www.boursier.com/actualites/news/economie-le-portugal-sur-la-meme-pente-savonneuse-que-la-grece-468057.html
Rédigé par : BA | 27 janvier 2012 à 14:16
Vendredi 27 janvier 2012 :
Les taux des obligations du Portugal battent leurs records historiques.
Portugal : taux des obligations à 2 ans : 17,177 %.
Portugal : taux des obligations à 3 ans : 21,111 %.
Portugal : taux des obligations à 5 ans : 19,822 %.
Portugal : taux des obligations à 10 ans : 15,220 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND
L'agence de notation Fitch abaisse la note de la dette souveraine de cinq pays de la zone euro, dont l'Italie et l'Espagne.
L'Italie est ainsi rétrogradée de "A+" à "A-" avec une perspective "négative".
L'Espagne passe de "AA-" à "A", avec une perspective "négative".
La Belgique est abaissée de "AA+" à "AA", perspective "négative".
Chypre passe à "BBB" à "BBB-", la perspective étant aussi "négative".
La Slovénie est rétrogradée de "AA-" à "A", avec une perspective "négative".
L'Irlande est confirmée à "BBB+" avec une perspective "négative".
Rédigé par : BA | 27 janvier 2012 à 19:49
Samedi 28 janvier 2012 :
Crise de la dette : Berne a envisagé le pire.
Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann estime que la zone euro survivra à l'actuelle crise de la dette. Sinon on courrait à une «catastrophe», a déclaré samedi le ministre de l'économie au Forum économique de Davos (WEF). La Suisse a envisagé tous les scénarios.
Le Conseil fédéral semble préparé à une désintégration de la zone euro. Le gouvernement a officiellement exigé que tous les scénarios soient envisagés, a relevé le Bernois devant quelques journalistes.
M. Schneider-Ammann s'est entretenu lors de son séjour dans la station grisonne avec plusieurs ministres d'autres pays. L'incertitude est de mise, a-t-il observé à l'issue des échanges. Selon lui, une certaine psychologie est importante : «Nous ne devons pas parler de la situation de manière plus morose qu'elle ne l'est».
http://www.tdg.ch/economie/Crise-de-la-dette-Berne-a-envisage-le-pire-/story/13527900
Rédigé par : BA | 29 janvier 2012 à 09:40